‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 27 sur 67 · DANS LE TEMPS · texte numérisé non relu

DANS LE TEMPS

§ 146. On a montré quelques pages plus bas (§ 436] que, tandis que, chez ces humbles protophytes et protozoaires dont la paroi cellulaire est continuellement baignée par tous iei éléments nécessaires, il n'y a point d'ajustement manifeste des changements internes aux changements du milieu environnant ; les plantes plus élevées au contraire traversent dei cycles d'états correspondant au cycle des saisons. II est quelque peu douteux que cela puisse être regardé comme no progrès vers une correspondance dans le temps D'une part, on peut dire que puisque, dans un arbre, les périodes de bourgeonnement, de floraison, de fructification, de perte des feuilles, sont adaptées à des conditions externes successiveSi il y a des séquences externes conformées à des séquences externes. D'autre part, on peut alléguer que ce n'est lè qu'un résultat accidentel de l'adaptation perpétuelle des actions in* ternes aux coexistences externes (température, lumière, hamidiié) qui, en traversant une série de variations, impliquent une série parallèle de variations dans la plante. Onpeutallé» guer que la pousse des feuilles a rapport simplement à l'existence simultanée de certaines influences environnaDtes qui se produisent alors, et qu'elle u'a point de rapport avecU nutrition subséquente du fruit ; qu'une succession d'influences environnantes produit dans la plante une succession d'actions y ajustées, et que la produclion du fruit est simplement le résultat cumulatif de ces actions; que la vraie nature de ces changements végétatifs se voit dans le fait qu'un arbre fleurira

en automne, si la températnre est suffisamment élevée, et qu'ainsi, la vie de la plante manifeste une correspiondance véritable non avec les séquencesy mais seulement avec les coexistences du milieu environnant. Décider d'une manière définitive entre ces deux opinions n'est pas chose aisée, quoiqu'en somme la dernière paraisse la plus philosophique. Hais cette sorte de correspondance dans le temps» si c'en est une, est d'une espèce vague et indirecte comparée avec ce qui est ainsi proprement appelé.

Mettant de côté le cas discutable des changements constitutionnels que tous les organismes subissent selon les saisons^ pour nous attacher à ces cas plus déterminés que la vie animale manifeste en particulier» nous pourrons observer que, chez les êtres dénués de sensibilité, comme chez ceux qui ne possèdent que le sens du toucher, les seuls rapports externes auxquels peuvent correspondre les rapports internes sont des rapports de coexistence. C'est seulement quand l'odorat, la Tue, Foule, ont atteint un certain degré qu'aux séquences du milieu peuvent correspondre dans l'organisme des séquences ajustées. Le rapport entre la tangibilité d'un corps voisin et quelque propriété coexistante qu'il possède, est le seul auquel .. xëponde, chez le zoophyte, le rapport organique entre l'irxitation et la contraction. Le temps n'est pas plus appliqué \, éms la correspondance que l'espace. Mais quand des rapports entre des choses ou attributs qui sont à un certain degré éloignés de l'organisme, deviennent connaissables ; — ^ qtiand, par exemple, il existe une vision à l'état naissant^ et ^, 9ue l'obscurcissement de la lumière est habituellement suivi 0. pu le contact du corps obscurcissant, alors une réponse r; ^^anique à un rapport externe de séquence devient possit^ «^'e; alors l'organisme devient apte à se mouvoir en anticipa- £ ^Oq du mouvement d*un corps externe. Deux phénomènes se ^ ^^ccédant immédiatement dans le milieu, peuvent produire *^to phénomènes en succession identique dans l'orga- ^^^me. Et ainsi, l'extension de la correspondance d^\ï& V&

SYNTHÈSE GâNÊIULK.

temps commence en même temps que son eitension dans l'espace*

Ou, pour présenter la proposition sous un autre aspect :• comme les séquences les plus simples, les premières coonuef, sont mécaniques; comme les séquences mécaniques impliquent changement de position ; comme le changement ëe position implique progrès à travers l'espace» il s'ensuit fM c'est seulement quand s'est développée à un certain degré b faculté de se mouvoir dans l'espace qu'il peut y avoir dni l'organisme une adaptation aux changements de position dan les objets adjacents, — un ajustement aux séquences eitoinés» — une correspondance dans le temps. Après l'aptituà à correspondre au contact des corps environnants, le preoÉr progrès consiste dans l'aptitude à correspondre à ceui à leurs mouvements qui précèdent le toucher; et comme k mouvement implique à la fois le temps et l'espace, la pR* micre extension de la correspondance dans le temps ef| nécessairement contemporaine de la première extension dan l'espace.

v^ 147. A travers les périodes successives du déveioppemeM de perception, ces deux ordres de correspondance doiveil progresser ensemble avec plus ou moins de régularité. A mesure qu'augmente la distance à laquelle un objet mounal est connaissable, plus grande aussi devient la durée de h^ séquence externe ou de la série des séquences auxquelles ksj actions internes peuvent ùtre ajustées. Toutes choses égalai plus un corps sera éloigné dans le milieu environnant, |ta longue doit être la période avant laquelle il pourra agir si l'organisme ou l'organisme sur lui, c'est-à-dire, — * plusdii être longue la durée entre ces antécédents et conséquents iS' ternes auxquels correspondent les antécédents et conséqutfH internes. Les séquences internes et externes qui se produiicrt dans la poursuite d'un héron par un faucon durent pto longtemps que celles qui se produisent dans la poursuite d'« iQ par un héron ; et il eu est ainsi principalement pant

Tision d*un hëron est plus étendue que celle d'un I. Et il est manifeste» sans en donner d'exemples, que t et Touïe» à mesure qu'ils deviennent plus fins, étenissi la correspondance à la fois en durée et en distance, aiefois qu'il y ait un rapport constant entre ces forcorrespondance progressive. Leur connexion est dient modifiée par les circonstances. Elle est grandeffectée par le caractère spécial du milieu environnant» les propriétés particulières de l'organisme sous le rap- I la locomotion et des autres conditions. Tout ce qu'on lablir, c^est que ces deux sortes d'extensions sont nées ^le» et que, .pour ce qui concerne les phénomènes iques^ elles manifestent une dépendance mutuelle et le.

18. Cette réserve, — « pour ce qui concerne les phénomécaniques, » — sert à mettre en évidence ce fait : >fis le rapport des autres ordres de phénomènes, le 8 de la correspondance dans le temps n'a que peu ou iffaire avec sa correspondance dans l'espace. Si tous isgements impliquaient un mouvement perceptible, — altération dans la position était l'accompagnement née de toute altération quelconque, les deux progrès auon rapport uniforme. Mais, comme il y a nombre de onents chimiques, thermiques, électriques, vitaux, qui iquent pas de changement mécanique appréciable ; — ï il se produit des changements innombrables d'états langement de position, il en résulte que le développet*ajustements internes à ces changements d'états, cons- De extension de la correspondance dans le temps qui (Uncte de l'extension dans l'espace et lui est sur-

I espèce de correspondance dans le temps est d'un leaucoup plus élevé que celle qui se rapporte aux sé- • plus mécaniques ; — c'est en fait une corresponbeaueoup plus étendue. Car la plupart de ces séquences

332 SYNTHÈSE GÉNÉRALB.

mécaniques des corps environnants, quiaflEeclentrorgaiûnE, sont incalculablement plus rapides que ces séquences bm mécaniques qui se produisent entre eux. Les mouTenMi d'un ennemi ou d'une proie, même quand ils sont lents, facilement appréciables ; quelques secondes, au plus, sent pour produire un changement manifeste. Hais ladécM» position d'uD animal mort, la maturité d'un fruit, le déaécb ment d'un étang, l'éclosion d'un œuf» exigent des pèrioàl incomparablement plus longues. Des séquences de ce demi ordre occupent cent, mille, un million de fois les nécessaires pour les changements du premier ordre; etl' titude de l'organisme à s'y ajuster implique une extensica la correspondance dans le temps grande à proportion.

De là ce fait : que^ dans toutes les formes inférieures di création, c'est seulement a\ix coexistences et séquences niques du milieu que l'organisme répond. De là ce fut: c'est senlement quand nous en venons à des animaux fi intelligence comparativement élevée que nous renconi quelques changements internes adaptés à des change externes non mécaniques. Car nous ne devons pas c comme appartenant à cette espèce secondaire de corres dance dans le temps ces actions des animaux inférieure sont ajustées aux modifications journalières et annuelle! milieu environnant. Ces actions, comme les phén parallèles qu'on voit dans les plantes, ne sont bien pli rien autre chose que les résultats cumulatifs d'ada successives de Torganisme aux coexistences successirei milieu environnant. Il est démontrable anatomiquemeot l'accouplement et la nidification des oiseaux au prio sont précédés de changements constitutionnels, selon toute probabilité par plus de nourriture et une rature plus élevée. Et l'on peut raisonnablement inférer la série entière des actions qu'implique une augmentation nourriture est parcourue, sans aucune connaissance des séquences qu'elle doit avoir^ mais seulement sous l'exci

Itg eonditioDS immédiatement présentes d'heure en heure et le.jour en jour.

Il faut chercher, dans des cas où la période entre i'antécé- Int et le conséquent n'est que d'un petit nombre d'heures, li premiers exemples d'une correspondance dans le temps Tm ordre plus élevé. Les oiseaux qui volent de l'intérieur Im terres au rivage pour se repaître quand la marée s'est eiirëe ; le bétail qui retourne à la ferme à l'heure où l'on llit, nous en fournissent des exemples. Cependant, même |mi8 ce cas, il faut remarquer qu'il n'y a pas un ajustement tment intelligent de séquences internes à des séquences tes, car des animaux qui sont depuis longtemps accouà manger ou être traits à des intervalles fixes, en vienit nécessairement à avoir une reproduction régulière de ins états constitutionnels, et ce sont les sensations acipagnant ces états qui forment les stimulus qui les pousà ces actes, ^léanmoins, nous ne devons pas complètement exclure ces iples de la catégorie du progrès dans la correspondance temps ; mais nous devons reconnaître que ce sont là des imparfaites de transition, et par lesquelles seulement ^peut atteindre les formes plus hautes. Car, si nous consi- 18 sous quelles conditions seules une séquence peut qustée à quelque longue séquence dans le milieu, — à le séquence qui dure des heures ou des jours,— il demanifeste qu'il doit exister dans l'organisme un moyen ffeBeonoaltre la durée. Si l'organisme n'est point susceptible différemment affecté par des périodes de différentes leurs, ses actions ne peuvent s'approprier aux actions externes. Maintenant, quand nous passons de ces séiNoces mécaniques, dans lesquelles le mouvement d'un corps lirne sert à l'organisme pour mesurer la durée, à ces se- Itnces non mécaniques , qui non-seulement n'apportent itnoe mesure, mais durent incomparablement plus long- Hptf, il est clair que la seule mesure de durée valable doit

Page 1