‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 30 sur 67 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

DE LÀ CORRESPONDANCE COMME CROISSANT KN GÉNÉRAUll

§ 156.. Oq pensera qu'il y a contradiction à dire que TajUr tement des rapports internes aux rapports externes progresse en généralité en même temps qu'il progresse en spédalité. Cependant la contradiction est purement verbale, les géoénlisations étant d'ordres différents. Les correspondances que nous rencontrons dans les formes inférieures de la vie sont extrêmement générales, en ce sens que ces relations dans k milieu auxquelles répondent les relations organiques sont présentes partout et toujours. Pendant un jour d'été, b lumière, la chaleur^ l'acide carbonique coexistent dans tOQles les portions de l'espace qui entourent une plante : et leschifl* gements chimiques qui en résultent dans la plante se reproduisent simultanément dans toutes ses feuilles, tout le temps que les éléments environnants restent dans le même rapport Par suite^ la correspondance n'impliquant ni un point spécial de l'espace ni un moment spécial du temps, est d*une nalore très-générale. 11 en est de même pour les types inférieurs de la vie animale, auxquels le milieu présente à la fois^ soos forme diffuse, la matière désintégrante et la matière ioté* grable. Mais les généralités auxquelles l'organisme répond de plus en plus à mesure qu'il s'élève ne sont pas celles que mtnifestcnt.les objets individuels qu'il contient : et les généralités de cette sorte ne peuvent se connaître que quand riotelligence est développée. La condition sous laquelle seuk

iblir dans l'organisme des rapports génénui k aux rappors généraux déployés en commun psf

[ilusieurs groupes différents de corps, mais non par d^aulres B^roupes, c'est que l'organisme aura de divers groupes de Borps une expérience suffisante pour être en état de la distinguer. Ce n'est que quand viennent à se multiplier les dasses de corps séparés dont il a eu des expériences diverses qu'il lui est possible de posséder des généralités subjectives parallèles à ces généralités objectives qui unissent ensemble des classes dissemblables à la surface.

Il y a, à vrai dire, des généralités d'une certaine sorte qui diminuent en extension, à mesure que les spécialités croissent en nombre ; ce sont ces généralités qui forment la matière brute d'où une subdivision continue fait naître des spécialités: par exemple, les généralités en vertu desquelles les objets environnants sont distingués en classes. Le développement de la faculté que possèdent les organismes inférieurs de distinguer la matière solide de la matière fluide ; puis la distinction entre ce qui est fluide, organique et inorganique ; puis la distinction entre ce qui est fluide, inorganique, végétal, animal: tout cela implique une correspondance vis-à-vis des généralités qui, petit à petit, ont moins d'extenâon. Et ces classes se différenciant graduellement en divisons plus petites, elles arrivent finalement à l'espèce qui ne contieot plus qu'un petit nombre de cas. Cependant ces gênénlités sont celles que, sous leur aspect inverse, nous avons ^considérées dans le dernier chapitre. Car toutes les correspondances spéciales (à l'exception des plus hautes, qui se menant dans la récognition d'objets ou d'actes individuels) sont ^ Halité les manifestations de correspondances générales t^coavrent certains groupes de cas. Les actes par lesquels ^oiseau de basse-cour se précautionne contre un faucon qui phoe, ont rapport non avec ce faucon en particulier, mais >vec la classe entière des faucons en général. La correspondance est spéciale seulement en ce sens qu'elle se rapporte à Il petite classe des faucons, au lieu de la grande classe des oiseaux.

SYNTHàSB QËNÉtULB.

Mais le progrès en généralité de correspoaduice que avous à examiner ici est celui qui se montre dans la tion de coexisteaces et séquences constantes autres que «llkl qui servent à rétablissement de classes spéciales, coemlfloai et séquences qui sont communes à beaucoup de classes qui paraissent distinctes, et qui serventà réunir sous de nouvelles catégories des choses et des changements qu*oa en est tcsuI regarder comme complètement dissemblables. Au lien it consister en une correspondance qui réponde au reppnl constant qui existe entre une odeur particulière et la cluleor. là grandeur, la forme, les actions, les cris de l'animal qui i cette odeur (rapport qui est simple etuniformémentpréseuUI', la correspondance que nous étudions consiste & répondre à quelque rapport, tel que celui qui existe entre le volume ttl* poids, entre l'état passif et l'état inanimé, — rapport qui s'étend au delà des limites d'une classe, et subsiste sous uu grande dissimilitude d'apparence. Évidemment l'accmsscment des généralités de cet ordre doit suivre un cours JDfl»ment inverse de celui suivi dans l'accroissement des ginértlités précédentes.

Retracer cet accroissement des formes inférieures m forme- supérieures de ta vie, selon la manière suivie danilH chapitres précédents, est extrêmement difficile, sinon inpwsible, car il est dans la nature de cette espèce de correspoodiMice de ne point se manifester sous des formes distiaciani séparées. L'extension de la correspondance dans le temps >t l'espace comme l'accroissement en spécialité sont dèiDMtfttbles expérimentalement ; mais un rapport interne qui ** parallèle à quelque rapport externe plus ou moins sbsUiit.-' qui n'est point particulier à des classes de choses dé&aÎHr-' qui n'a point de susblratum concret particulier,— on nep** distinctement reconnaître comment on y arrive. Ne donoiti p.'ts en lui-mi)me origine à des actes spéciaux, mais Rnnl sitiiplement à moditicr les actes qui tirent leur urigioe J*sîl* Icun, il ue peut être déwu>n;TV (\tt»i car l'analyse de ctui-o-

DE LA CORRKSPOXDANCR, KTC. Xû

La seule méthode doDC qui puisse retracer le progrès de la correspondance en généralité, eonsiste à déterminer les conditions sous lesquelles seules un tel progrès devient possible, et alors de montrer comment le progrès de l'évolution déjà décrite, donne naissance à ces conditions. Faisons-le.

§ 157. L'établissement d'une généralité de ce genre supérieur, qui embrasse des classes dissemblables en apparence^ implique une faculté de reconnaître des attributs comme distingués des objets qui les possèdent. Avant que deux propriétés fondamentales qui se trouvent ensemble dans toutes les variétés de grandeur, forme, couleur, texture, température, mouvement, etc puissent trouver quelque chose

qui réponde dans l'organisme à leur rapport constant de coexistence, il est nécesaire que l'organisme ait une aptitude à reconnaître en particulier ces propriétés comme séparées de ce qui les acconpagne accidentellement. La formation do généralités d'une classe simple, qui consiste à grouper ensemble les phénomènes qui se ressemblent grandement à tout égard, ne demande pas une analyse aussi distincte des attributs. Mais là où la ressemblance est restreinte à quelque rapport essentiel commun à beaucoup de cas qui, atout autre égard, diffèrent grandement, il est clair qu'à moins que les éléments de ce rapport ne soient séparément connaissables par Torganisme, il ne peut y avoir de correspondance avec ce rapport.

Maintenant on peut facilement montrer que raccroissoment de la correspondance en spécialité doit effectuer inévitablement cette analyse des attributs, — qu'on ne peut continuera multiplier les classes distinctes sans s'approcher en môme temps de la perception abstraite. Car si, montant des animaux les plus grossiers qui ne peuvent connaître qu'un petit nombre d*attributs^ nous avançons pas à pas jusqu'à ceux qui sont capables de recevoir l'impression d'un nombre de plus en plus grand d'attributs ; — si de l'aptitude à distinguer de grandes classes qui n'ont que deux ou trois attributs communs, nous

^i.VS .SYNTHÈSE GÉNÉRALE.

iiiiiis t'iovoii^ ju^qu'à l'aptitude à disliaguer des classes plus spéciales caractérisées par i, 5, 6, 7 attributs communs oupliu, pour de là atteindre finalement Taptitude à distinguer ki individus^ lesquels, identiques sous le rapport des nombrem attributs qui caractérisent leurs espèce, ne diffèrent qu'en m ou deux points insignifiants, — il est clair qu*à mesure qae lei groupes d*attributs croissent en mérité et en spécialité, cbaqu attribut particulier doit être plus fréquemment dissoeU des autres. Formes, couleurs» grandeurs, sons, odeurs^ mouve* ments, se trouvant dans toutes les combinaisons (par eiemple, deux espèces d'animaux étant semblables en tout, sauf eo couleur ; deux autres étant semblables en couleur^ mais différant en forme et en odeur ; d*autres n*ayant rien de commua que la grandeur, de sorte qu*on a la propriété A en compagne^ ici avec B, C, D ; là avec C, E, H ; là avec F, G, B. et ainsi de suite)^ — il doit arriver quc^ par la multiplication des expériences, les impressions produites sur TorganisoM par ces propriétés sont graduellement dissociées Tune de Fautre, et rendues juste aussi indépendantes dans l'organisme que les propriétés le sont dans le milieu environnaat De là doit naître une faculté de reconnaître les attributs en eux-mêmes comme séparés de corps particuliers.

On peut certes montrer que le progrès de la correspon* dance en spécialité ne devient lui-même possible qu*eo proportion du progrès de cette analyse. Une comparaison expliquera mieux cela. Supposons qu'un chimiste ayant Thabileté et les matériaux nécessaires, soit requis de produire artificiellement une certaine variété de corps composés. Que faut-il pour qu'il réussisse dans cette tâche? Il faut qu il connaisse la composition de chacun de ces corps. Mais que présuppose la connaissance de leur composition ? Elle présuppose qu'ils ont été résolus plusieurs fois en leurs éléments constituants. Elle présuppose une connaissance des élément! qui constituent ces composés-ci et divers autres. Et laform^ tii lacuD des composés demandés, implique que ks

DE lA CORRESPONDANCE, ETC. HW)

cléments composants, ayant été préalablement séparés de toutes les autres combinaisons, seront combinés ensemble en proportions convenables. Eh bien, le procédé par lequel on recoDuatt un objet comme une chose ayant une nature spéciale, est une synthèse d'impressions correspondant à la synthèse des propriétés perceptibles que Tobjet manifeste, et de même, il implique une récognition des impressions séparées qui correspondent à ces propriétés séparées. Le botaniste qui connaît une fleur particulière, non par sa seule fructification, en quoi elle ressemble à beaucoup d'autres; non par le nombre de ses pétales, qui est commun à plusieurs; non par leur forme, en quoi elle ne dilTëre pas de ceux-ci ; non par leur couleur, en quoi elle ne diffère pas de ceux-là ; non par leur calice, ni par les bractées, ni par les feuilles, ni par la tige^ considérés séparément, mais par toutes ces choses prises ensemble, — ce botaniste reconnaît évidemment la fleur par une synthèse d'attributs; et ce qu'il fait d'une manière consciente et savante, se produit plus ou moins complètement dans tous cas où un objet est reconnu comme étant d'une nature spéciale, — se produit à un degré proportionné à la spécialité de la correspondance. Dira-t-on que cette thèse jointe à celle qui précède implique une contradiction T que tandis que l'une représente l'analyse des attributs comme prirequise à la spécialité de correspondance, l'autre représente l'analyse des attributs comme résultant de l'accroissement de la correspondance en spécialité ? On répondra que ces deux processus se développent en dépendance mutuelle, agissant et réagissant perpétuellement Tun sur l'autre. Tout progrès en spécialité doit présentement rendre l'analyse des attributs plus précise, et chaque pas dans l'analyse des attributs rend possible une spécialité plus élevée.

Ainsi donc, nous voyons que le cours de l'évolution décrite dans les précédents chapitres est nécessairement accompagné d'un débrouillement graduel qui sépare les propriétés l'une de Tautre, et qui flnit par une aptitude à les reconnaître sous

ST)!) 51"NTHKSE GÉNÉRALE.

forme abi^traite. Plus lard et plus lentement, le même progi^ doilBc produire dans les rapports de séquence aussi bien que dans les rapports de coexistence. Une spécialité croiBSule dans l'ajustement à des changements mécaniques présuppoM une décomposition croissante de ces changements en leun éléments, — un pouvoir croissant de distinguer la rafuditf, la direction, l'accélération, la rctardation du mouremeol, u complexité, et ainsi de suite; et là où la correspondutoe i lieu envers des changements non mécaniques, uoe atulra parallèle doit accompagner un progrès parallèle en spéfûlité.

Quand t'analyse des attributs a été poussée fort loto, bImi, mais alors seulement, un progrès en généralité de comsçttr dance est possible. Les rapports entre des propriéléB eommunes Jt des objets grandement différents en espèce, on ptBl les percevoir dû? que ces propriétés sont connaissables sépi' rément. Et il suffit d'un peu de réflexion pour voir qu'un progrès encore plus élevé dans la spécialisation des contspoO' dances, implique finalement ce dernier pas requis pour Iti généraliser. Car, comme nous l'avons vu, la multiplîcalill continuelle de correspondances spéciales doit résulter d'nM dissociation graduelle entre les attributs variables, - diaodation qui commence par séparer les attributs les moins cou> lamment unis, et qui continue en séparant ceux qui sontiit moins en moins désunis; de plus, quand les attributs «ambles d'un groupe funné de diverses classes on été. pour aina dire, désintégrés dans la conscience de l'organisiue, il arrin que les attributs restants qui n'ont pas été désintégrés, doivent commencer à former une masse à part, indàpcndaiil'', vu qu'ils conservent un rapport stable au milieu de toutes «* instabilités. De tout cela, nous voyons qu'il résulte finalement qu'il doit s'établir dans l'orgaaisme un rapport constant outrespondanl au rapport constant entre les attributs: et «U constitue ce progrès en généralité que nous cherchons, icx k cela que les mpporls comparalivemeiil

rexpérience d'uD petit nombre de classes nous a permis de généraliser, une expérience plus étendue prouvera dans la majorité des cas qu'ils ne sont pas toujours constants ; par Taccumulation de ces expériences plus étendues, le même progrès doit se poursuivre relativement à ces rapports comparativement constants, et le résultat sera de mettre jen vue des rapports encore plus constants : le progrès doit aller nécessairement des généralisations étroite^ à celles qui sont de plus en plus étendues. Et nous savons à posteriori que c'est la loi à laquelle le progrès se conforme.

§ iS8. Ces éclaircissements suffiront à montrer comment il arrive que l'accroissement de la correspondance en généralité n'est guère discernable que dans les formes élevées de l'intelligence. Comme il est nécessaire qu'il y ait un grand progrès dans la spécialité des correspondances pour produire l'analyse requise des attributs ; comme il est de plus nécessaire qu'il y ait progrès en spécialisation pour mettre en vue les attributs à rapport constant comme distincts des attributs à rapport inconstant, ce n'est que quand on a atteint ce degré très-élevé en spécialité de correspondance qui caractérise les animaux supérieurs que le progrès en généralité de correspondance peut commencer. De là ce fait, que, tandis que les mammifères supérieurs déploient certainement quelques généralités de correspondance de l'espèce la moins abstraite, ce n*est que quand nous en venons à la race humaine que nous voyons cette espèce d'ajustement des rapports internes aux rapports externes montrer quelque développement considérable.

Le progrès humain nous montre sous cet aspect, comme sous les précédents, un accroissement immense dans l'harmonie entre l'organisme et sou milieu. La correspondance croissante que la civilisation produit n'est jamais peut-être plus remarquable que dans l'accroissement de généralisations de plus en plus nombreuses et compréhensives. Cet énorme développement de la science dont les siècles précédents ont été \é,^

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moins, consiste principalement dans la réoaioa de haaawp de faits particuliers en "véritis généialtis», «|t dans la riuisB de beaucoup de mérités générales oiirériléb encore pins générales. U est inutile de citer des esemples, tant cette anertioa est vulgaire et admise par tous, u feuiBfa idTai^ler f attentiii sur ce grand phénomène^ conmie Tone des nomlmniea far* ipes du progrès que nous esquissons.

Il suffit aussi d'indiquer que les généraliaationa seienlilques font progresser les arts,* et par les arts servent au Usaêtre humain, pour jaire voir que raoeroisaement de la pondance en généralité, comme tous les antrea rend possible une. longue durée de vie. Et il aofflt de nmarquer Tintense concentration de la pmsée et Ytabêm complexité des conceptions qu'impliquent ces généqdisBtiM plus abstruses, pour voir qu*un d^ré supérieur de vk M accompagner cette plus grande durée de vie.

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