CHAPITRE IX
§ 166. Pour comprendre pleinement raccroissement de la correspondance entre Torganisme et son milieu en spécialité, généralité et complexité, il est nécessaire d'examiner les phénomènes encore sous un autre aspect. Nous devons considérer les conditions générales grâce auxquelles ces ajustements plus compliqués des rapports internes aux rapports externes sont rendus possibles. La production d*une action composée en réponse à une impression composée implique quelque chose de plus que d'être affecté par chacun des divers éléments qui constituent Tinipression composée, et quelque chose de plus que le pouvoir de produire chacun des divers mouvements qui constituent l'action composée ; elle implique aussi que les sensations et contractions constituantes seront combinées d'une manière particulière, — seront coordonnées, et la perfection de la correspondance variera comme la perfection de la coordination.
Prenons d'abord un cas simple : les actions nécessaires pour échapper à un ennemi. Évidemment, quand, de ces animaux chez lesquels au mouvement de quelque objet voisin bien visible répond simplement un petit nombre de rares mouvements musculaires, nous nous élevons à ces animaux chez lesquels les mouvements musculaires sont tels qu'ils peuvent mettre le corps hors de la portée de l'objet dangereux, nous rencontrons un ajustemeat de deux rapports, au moins, joints dans l'organisme aux deux rapports joints dans le mllv^^ euvironnanti Soit^ comme stimulus de la tacuVlë ^e.\ÀH^^>\Xk^ ^
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forte impression visuelle produite par le mouTem«nt d'oo objet Toisio ; alors, pour que l'activité soit de l'espèce coannable, il est nécessaire qu'on reconnaisse que ti^Ile modiS»tion particulière de l'impression dépend de la direction de l'objet dans l'espèce, et que l'activité soit modifiée en cons^ quence. L'impression qui révèle le danger et celle qui rériji la position doivent contrAler ensemble les cfaaDgemcDli moteurs, et le contrôle doit consistera ordonner de leUeùçai leurs quantités respectives qu'il en puisse résulter eoBW composé un mouvement de l'organisme selon une ligne pnlh cutière. Quand la distance devient connaîssable auca&Mi que la direction, et quand la couleur et la fomie de l'abiH peuvent élre distinguées aussi bien que sa masse, le flimiilir doit élre composé d'un beaucoup plus grand nombre fAiments unis d'une manière spéciale: et à mesure qn* lu actions qui en résultent deviennent plus rapides, pi* adroites, plus variées, il faut qu'il y ait une combinaÎMi plus parfaite et plus compliquée des cliangemenls motran. Tout comme une mauvaise combinaison de changenali moteurs implique une chute ou un autre accident, de mtai une mauvaise combinaison de stimulus distincts impUiM une perception fausse.
Il est inutile de nous attarder h. retracer ces espions sbifiH de coordination. Il est clair que, dans la série eotiifvikf impressions hétérogènes qui composent une perception imatdiate ;,cl dans ce cas rentre la connaissance des lieat pu U reconnaissance des divers objets environnants), les éléncBH cooslilutifs des impressions coopèrent d'une façon partÏMlière, — et que, spécialement dans le cas qui vient d'è» cité, ce n'est qu'en vertu d'une relatiou définie entra dci qu'une perception déiinie est possible. Il est clair que les actions de plus en plus complexes par
supérieurs remplissent leur fia, m paona' qu'autant qui! les contractions muMulairN qa'aUM ^stlt fOUt réglée» d'uKemAuiini nppropriw
ordre, leur quantité, leur mode de jonction. Les facultés directrices et exécutrices ne peuvent agir qu'à mesure que leur coordination devient précise.
§ 167.t Si nous nous élevons de ces cas où les stimulus directeurs, quoique hétérogènes, se composent d'éléments qui sont simultanément présents aux sens, aux cas où quelques-uns des éléments sont présents aux sens, tandis que d'autres ne le sont pas, nous rencontrons une coordination d^un ordre nouveau et plus élevé. Et de même, nous voyons un progrès parallèle, là où les mouvements correspondants ne forment plus un groupe inséparable, mais sont divisés en intervalles qui varient selon les circonstances. L'animal poursuivi qui s'enfuit à son terrier ou vers quelque retraite éloignée qu'on n'aperçoit pas, nous fournit un exemple de la première espèce ; un exemple de la seconde se rencontre dans les actes tels que la construction d'un nid, où les modes d*agir sont diversement coupés de délais. Laissons cette première période, dans laquelle une simple impression passée s'unit à plusieurs impressions présentes pour composer un stimulus spécial, et dans laquelle l'action faite à intervalle est d'un caractère passablement homogène : une progression graduelle nous amène à l'union de plusieurs impressions passées avec les impressions présentes, et à une sorte d'action plus hétérogène, et sous le rapport des délais successifs qui la coupent, et dans le mode de la succession. Dans la majorité des actions humaines de tous les jours, nous voyons les visions, sons, sensations musculaires qui nous servent de guide immédiat, coordonnés avec les ressouveoirs des personnes, des lieux, des choses, des événements auxquels ces actions se rapportent. Dans une erreur comme celle de se tromper sur l'heure à laquelle certaines affaires doivent élre traitées, avec certaines gens, dans un certain bureau, nous voyons comment la méprise naît d'une coordination imparfaite des diverses impressions passées et présentes qui constituent le stimulus. Dans une série d'opérations comme celles
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par lesquelles le blé est semé; eardé» moittoiiiié» flûs a meutes, battu, yaDné, porté au marcbé et fendu, noos vofOM plusieurs groupes très-différents d'actions (duqaa gioopt étant composé de groupes moindres), séparés par des int» malles dissemblables et variables, tous ajustés à la pvodneâsa d*une fin unique, et pour réussir, rajustement doit êtnfiit d*une manière particulière. Évidemment, dans ces conoaii' sauces et actions d'une nature supérieure (qui impliquent i h fois le présent, le passé et le futur, et qui ont un rapport simultané à divers points dans Tespace), la complieatbo cit mesurée par le nombre des impressions passées jointes an impressions présentes. Évidemment, dans tout cet ordrs k correspondance, la chose essentielle, ce n*est ni la multiplicité des impressions reçues ni la complicité de la combinaisoa qu'elles forment, mais la précision avec laquelle cette combinaison est adaptée à la combinaison des drconstaoeci externes, — en d'autres termes, c'est la bonté de la cocn<dination.
§ 468. Une sorte de coordination encore plus haute, qui sort de la dernière d'une manière imperceptible, et qu'on ape^ çoit même d'une manière vague dans les exemples qui viennent d'être donnés, implique non-seulement l'union de spécialités présentes avec des spécialités passées, mais l'unioa ée toutes deux avec des généralités. L'impression reçue hier quand le baromètre marquait « Beau temps, » et l'impression refoe aujourd'hui qu'il marque « Variable, » ont dû être jointtf à la généralisation qu'une dépression de la colonne de OKffcure indique la pluie, avant qu'on ait pu tirer une conefaision pour la conduite de demain. De même d'autres eiSi comme celui du médecin qui saigne le malade, divenei observations des symptômes passés, diverses observations da symptômes présents, et diverses vérités générales servant àinterpréter les changements qui se sont produits : tout cela doit entiiM» Amw%m ee processus directeur qui aboutit à un tnilt*
Mais la forme de coordination la plus développée est celle que manifeste la science quantitative. Dans celle-ci, il doit y avoir Don-seulement plusieurs spécialités combinées avec plusieurs généralités d'une manière parfaitement définie, mais chaque élément constitutif de la combinaison doit être parfaitement défini. Les perceptions par lesquelles elles sont obtenues doivent avoir leurs éléments si exactement coordonnés qu'ils donnent des résultats susceptibles de mesure. Les lois dont elles dépendent doivent être connues de telle façon qu'elles puissent être exprimées numériquement. Et le procédé par lequel des données et des lois sort la prévision finale, doit être tel que chaque pas de ce procédé tienne rigoureusement à ceux qui précèdent et à ceux qui suivent. Le calcul de la capacité d'un vaisseau qu'une force d*un nombre donné de chevaux-vapeur fera mouvoir avec une vitesse donnée, implique diverses vérités générales : T que la résistance que rencontre un corps qui se meut à travers un fluide varie selon le carré de la vitesse ; V que la surface opposée à l'eau varie comme le carré des dimensions du vaisseau; 3* que le tonnage varie comme le cube des dimensions, etc., et plusieurs autres. Il a fallu combiner avec ces vérités générales des forces, pesanteurs, densités^ longueurs, largeurs, profondeurs particulières, chacune avec chacune, et les résultats ont dâ ensuite être combinés suivant des modes particuliers. Si une de ces généralités est appliquée à des spécia* lités qui ne conviennent pas^ — si la formule pour la résistance en vient à porter non sur les figures qui la représentent^ mais sur celles qui représentent le tonnage ; en d'autres termes^ si les données sont inexactes^ ou leurs principes mal compris, ou le calcul erroné, — c'est-à-dire s'il y a une coordination imparfaite des divers actes mentaux impliqués^ on atteint un faux résultat, il y a un défaut dans Tacte de la connaissance : les rapports internes ne sont pas ajustés comme les rapports externes sont assortis. Et ici, en vérité, se montre très-distinctement la nature de ce procédé par lequel s'ef-
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fectucnt toutes les adaptatioDs compleies de l'organtstiif i soa milieu. Car cette prévision quantitative, qui dc pful k produire que par celte coordinatiou ëI remarquable d*icln înEcUectucIs, esl simplement, comme nous l'avons déjà n au § 148, la plus haute forme de correspondance, — la correspondance qui est la plus complète, la plus spéciale, la ittnière à apparaître, — la correspondance par laquelle se produit une conformité aux phénomènes externes, non -seulement en espèce, mais eu temps, en lieu, eu quantité, en dar^. Et la coordination parfaite par laquelle cette parfaite préctftH de résultat est atteinte, est simplement le développement B«l de îa coordination qui a toujours existé i un degré ploseo moins élevé. Comme une parfaite corres^pondance impli']iK une parfaite coordination, de même chaque degré de correspondance implique un degré parallèle de coordination.
Celte théorie de la coordination et la doclrioe géainkii la correspondance s'éclaircironl toutes deux, ei nous coasidi> rons commenl, pour qne l'ajustement des rapports iniNW aux rapports externes soit parfuit, il faut qu'il existe sta^ sairement dans les premiers des éléments et ctuui|ements représentant tous les éléments et changements da derniers. La connaissance d'une science exacte dîflîre ia connaissances inférieures en ceci : c'est que le procédé tneo* tal implique un sigue correspondant à chaque élément eoUliiuaut du phénomène. La vie, à l'état rudimentaire, «1 guidée par des associations entre quelque-uns des atlnbub superficiels des objels. La vie développée est guidée parte rapports qui subsistent eulre tous ces altribuls fundameutani, dont dépendent les actions des objets. 11 n'y a point de connexion invariable entre un son bruyant et le voisinage d'ua ennemi, el dc là vient que les animaux pour qui l'un deeM ftils sert d'indice à l'autre, se trompent quelquefois dut l*8JÔ8teilieDt de leurs rapports internes aux rapports ealenia entre les dimensions linéaires et le toIoiMi et la force, eït de cette nature coD»linllt •
OU, comme nous disons, nécessaire, qui, une fois connue, nous guide infailliblement. Toutefois, pour avoir ce guide infaillible, il faut que (ourles éléments du rapport soient connus. Toutes les fois qu'un groupe de rapports internes, une connaissance, est complété, conformé par un procédé rationnel à un groupe de rapports internes, un phénomène, — toutes les fois qu'il y a ce que nous appelons Yinlelligence du phénomène, — c'est qu'il y a, en un sens, une genèse de la connaissance parallèle à la genèse du phénomène ; et pour que cela soit possible, il est nécessaire que chaque élément de Tun des processus soit représenté par quelques éléments de l'autre. La loi que la force d'un corps en mouvement varie comme la vitesse multipliée par son poids, ne peut être connue, à moins qu'il n'existe dans l'esprit non-seulement les conceptions qui repondent à force^ vitesse, poids ; non-seulement les modes de pensée qui répondent à ces phénomènes quantitatifs qu'expriment les termes avarie comme-n et « multiplier par ; d Don-seulement les idées de matière, temps, espace, sans lesquelles la vitesse et la force sont inconcevables, mais la loi ne peut être connue à moins que les états de conscience qui représentent et le temps et l'espace ne soient coordonnés de manière à représenter la vitesse ; que les états de conscience qui représentent la vitesse et le poids ne soient coordonnés de manière à représenter la force, et que ces trois éléments ne soient coordonnés avec ces lois de rapport impliquées par les termes ce varier comme » et « multiplier par. • C'est-à-dire qu'à chaque attribut des choses que contient le phénomène doit correspondre une représentation interne, et les diverses lois de dépendance entre ces attributs doivent être représentées chacune par quelque rapport constant entre leurs impressions représentatives. Cela doit être vrai de toutes ces correspondances supérieures comprises dans la prévision quanlitative. Pour qu'il y ait une correspondance exacte à l'effet d'une composition de causes dans le milieu environnant, il faut qu'il y ait une composition parallèle de
chaDgemeot dans Torganisoie : — noQ pas parallèle en ce sens qu'il doit y avoir quelque ressemblance en complexité ou eo succession entre les éléments constitutifs des deux» mais parallèle en ce sens qu'à chaque élément ou rapport de Tua doit correspondre un élément ou rapport correspondant dans l'autre. Et cette vérité apparaîtra avec la plus grande clarté, si l'on se rappelle que, si l'un des éléments ou rapports passe sans être reconnu par ignorance ou erreur, ou s*il y a quelque erreur de raisonnement ou de calcul, — quelque défaut de coordination, le résultat prédit ne s'accordera pas afec le résultat réel : il y a un manque dans la correspondance.
Ces faits apportant une idée encore plus définie de cette coordination de correspondances par laquelle se produisent des ajustements plus complexes et plus spéciaux de Torginisme à son milieu, ils ne peuvent guère manquer de mettre mieux en lumière la doctrine générale présentée sous dei formes diverses dans les précédents chapitres. Que dans ces manifestations très-élevées de la vie que la culture de la cirilisation a produites avec lenteur ( ces prévisions quantitatives qui impliquent à la fois une si grande intensité d'action vitale, et qui servent tant au bien-être en facilitant le commerce et les arts), il y ait une correspondance si compliquée, si complète entre l'organisme et sont milieu, c'est là un exemple qui sert à couronner ces vérités, — que la vie est l'ajustement continuel de rapports internes à des rapports externes, — le maiotien d'une correspondance entre eux, et que le degré dévie varie comme le degré de correspondance. Les nombreoscf preuves qui ont été données que la vie et la correpoodaDce avancent parallèlement deviennent doublement concluanteSi quand on trouve qu'elles arrivent ensemble à leur apogée.