LOI DR L INTELLIGENCE
quelque chose d'analogue au sentiment d'une brûlure est suggéré, et.de là la mort de l'animal. Les oiseaux qui, dans les lies inhabitées, laissent les explorateurs s'approcher et les prendre, manquent manifestement de cette coordination des changements psychiques par laquelle les êtres de nos bois et marais sont conduits à fuir le chasseur. Extérieurement^ il y a une activité destructive, avec certaines apparences visibles qui lui sont propres; mais, intérieurement, l'état de conscience produit par ces apparences visibles n'est pas suivi de quelque état de conscience représentant une activité destructive : et le risque d'être tué en est la conséquence. Dans l'esprit d'un enfant^ l'état produit par la vue de quelque fruit aux brillantes couleurs ne suggère aucun état représentatif de l'idée de . peine ou du mot a poison, » mais plus probablement quelque représentation d'un goût agréable; et si des propriélés chimiques nuisibles coexistent avec ces propriétés visibles pleines d'attraits, la vie de l'enfant peut être en danger. Mais^ dans tous les cas de cette sorte, où l'ordre des changements psychiques est totalement en désaccord avec l'ordre des phénomènes externes, d'où vient l'embarras? Ne parlons-nous pas de tous ces cas comme du résultat d'un manque de sagacité, ou comme d'une ignorance avérée ? Et ne peut-on pas tirer de là comme corollaire que, si la non-conformité de Tordre interne et de l'ordre externe est un manque d'intelligence, la conformité de l'ordre interne et de l'ordre externe est ce en quoi consiste l'intelligence^ considérée abstractivement. La vérité de cette conclusion deviendra encore plus manii leste si nous examinons quelques exemples où le manque de f eorrespondance est non pas total, mais partiel. Dans la plupart (i des cas, le chien qui accourt en attendant appeler son nom^ ^ agit ainsi dans l'attente de trouver son maître ou quelque ^ membre de la famille ; mais si, comme cela arrive par hasard, f son nom est prononcé par un étranger, la séquence dans ses A divers états de conscience et ses actes ultérieurs ne sont pas A adaptés aux faits externes; il commet, comme nous disons,
431 SYNTHKSK (tIÏNÉRALF-
une erreur. Chez les sauvages de T Australie qui^ en raison de leur état de nature» rencontrent souvent une mort violente, c'est une opinion que celui qui meurt sans cause visible a été tué par un ennemi inconnu; et un étranger qui se trouverut à portée courrait grand risque d'être sacrifié comme étant l'assassin supposé. Ici, quoique la succession mentale soil d'accord généralement avec la succession des phénomèoes dans le milieu environnant» cependant elle ne Test pas toajours, à beaucoup près.
Les premiers chimistes^ en vertu d'un grand nombre dapériences relativement aux combinaisons des acides et des bases, prirent Thabilude de considérer les substances qui oeatralisaient les bases comme ayant un goût acide; mais cette séquence d'idées, — la propriété de neutraliser une base el la possession d'un goût acide, — quoique le plus souvent en harmonie avec les relations externes, ne l'est pas dans tous les cas.
Maintenant, que disons-nous des exemples comme ceu\ qui précèdent, dans lesquels l'ordre interne ne correspond pis complètement à l'ordre externe? Nous les regardons cuxiDi indiquant un degré inférieur de l'intelligence, comme rvvê lant une expérience bornée, ou comme le résultat d'une inv truction qui n'est que partielle. Et la disparition des désjccords entre les pensées et les faits, nous la regardons comme un progrès do rintelligence.
§ 18r>. « Mais, demandera-t-on, comment cette conception peut-elle renfermer les coexistences? » lin tant que le nailieu environnant présente des mouvements et changements, il n'y a pas de difficulté à comprendre que la force de la tendance qu'a l'antécédent d'un changement psychique à être suivi pir son conséquent, est proportionnée à la persistance de Tunion entre les objets externes qu'iL- ripr/s^nlent. Mus quand runion entre les objets externes qu'ils^ représentent est non de phénomènes successifs, mais une unitu d<: simultanés, — non une union dans le temps
LOI DK l'intklligenge. 435
mais une union dans Tespace, — non une séquence, mais une coexistence, alors il devient moins aisé de voir comment le parralélisme entre l'ordre interne et Tordre externe peut résulter de l'accomplissement de cette loi. La connexion entre deux états de conscience qui se produisent successivement peut très-bien représenter la connexion entre deux phénomènes externes qui se produisent successivement. Mais, si elle peut faire cela, elle ne peut représenter de même la connexion entre deux phénomènes qui ne se produisent pas successivement. D'où il suit que, pour ce qui concerne les coexistences environnantes, la correspondance ne peut être effectuée dans la conscience par aucun changement conforme à la loi précitée de l'intelligence.
La réponse à cette objection est implicitement contenue dans un précédent chapitre sur a les relations de coexistence et de non- coexistence. )> On y a montré à posteriori que le rapport de coexistence est comme une séquence doublée, — séquence dont les termes se succèdent dans la conscience soit dans un ordre, soit dans l'autre, avec une facilité et une force égales ; il a montré que , même à priori, nous pouvons conclure que, la conscience n'existant que par une succession de changements, un non-changement externe ne peut être offert à la conscience que par un changement qui est immédiatement retourné^ — par une progression qui est suivie instantanément d'une régression équivalente, — par une duplication dans l'intelligence qui '^ est composée d'une séquence et de cette séquence renversée» f Telle étant la nature du rapport de coexistence, considéré ^ subjectivement, la loi de l'intelligence précédemment fort^ mulée s'applique à lui tout aussi bien qu'au rapport de ' séquence. Si deux phénomènes A et B coexistent habituelle- ^' fient dans le milieu environnant, alors, quand le phénomène ' A. 6St offert aux sens, l'état de conscience a qu'il amène, est ^ Immédiatement suivi d'un état b représentant le phénomène B. t^ processus de la pensée ne doit cependant pas finir là»
436 SVNTHfeSK GÉNliRALE.
car, s'il le faisait, le rapport externe serait connu coduih séquence. Mais le phénomène B, dans le milieu enviroonafil, étant aussi bien l'antécédent de A que A est celui de B^oi l'im ni l'autre n'étant toujours soit antécédent soit coDsJqntol, si ce n'est dans l'ordre où nous en avons expC'rience),i]ea résulte que l'état b ayant été amené, la loi impliijoe frï sera suivi de l'état a. L'état a, à son tour, amène l'élut (,<! est lui-même ramené encore une fois : et ainsi de suiletut que ce rapport reste l'objet de la pensée. Pour rendre b qoMtioa plus claire, prenons un exemple. Si, à la lumière, la contours visibles el les couleurs d'un corps nous goût offott, l'état de conscience qui en résulte, est instantanément suiïipB la conscience de quelque chose de résistant ; et, au rebou». si dans les ténèbres on touche un corps, l'état de conscience qui en résulte est instantanément suivi par la conscieoec 4* quelque chose d'élendu. Mais, ni dans l'un ni dans rautrecM, ce n'est tout. Quand la conscience de la résistaoee a suggM celle de l'étendue, la conscience de l'étendue n'est poiotniinc d'une troisième conscience d'une autre sorte. S'il co étiil ainsi, l'objet cesserait d'être pensé. Mais, comme notu b savons tous, quand l'idée d'etteusion a été suggérée, ceUe it résistance ne disparaît pas complètement ; et quaad Yiàitii résistance a été suggérée, celle d'étendue ne disparaît pM non plus complètement. Tous deux continuent d*£tre peué*. et, à ce qu'il semble, presque simultanément. Et, vu qiN la deux termes du rapport, l'étendue et la coexislenctf, ne petvent être connus par un acte de conscience qui soit alksoliroent le même ; de plus, vu que la conscience penôâlaiLta d> l'un et de l'autre ne peut être un état de coascience, q> serait équivalent à une non-conscience, il s'eosutt qw ertlt représentation des deux, qui parait incessaule, est en rM* une allernation rnpide, — une attemation assex rapide pov produire l'elTet de la continuité : tout comme la altaraitiw) mière et de ténèbres auxquelles chaque partû d* k AMumise, quaud elle u^t Siée i>ur un
^^^ynnière et d<
LOI I)K L INTKLLIGKNCK. 437
ourae rapidemeut en rond^ produisent sur elle Timpression 1*UD cercle de feu ; ou tout comme les alternations qu'éprouve le tympan de Toreille^ en recevant une succession rimpulsions distinctes» constituent une sensation uniforme le son. Ces considérations rendent suf6samment clair que B*est seulement en vertu de la loi précédemment formulée que la relation de coexistence devient connaissable. Car cette grande rapidité avec laquelle les deux états de conscience correspondant aux deux phénomènes coexistants se reproduisent Tun Tautre continuellement, estelle-môme un exemple de cohésion de ces états externes qui correspondent à des phénomènes externes extrêmement cohérents. Et c*est en conséquence de cette extrême cohésion, et de Talternation rapide qu'elle implique, que les deux phénomènes paraissent présentés ensemble à la conscience, et que l'idée de coexistence est engendrée.
Si l'on remarque ensuite que là où, comme dans beaucoup de cas^ il y a non pas deux phénomènes coexistants, mais un ^oupe de phénomènes^ cette même loi impique une cohésion semblable entre certains nombres d'états de conscience différcDU, qui doivent scmblablement se produire et se reproduire TuD l'autre dans un ordre indifférent ; et si l'on remarque que' c'est cette présentation et représentation dans un ordre di?er8 et irrégulier de propriétés combinées ensemble qui est justement ce qui nous frappe tout d'abord, la conformité de ces faits avec la loi déjà formulée en sera rendue encore plus apparente. EnQn, elle deviendra plus apparente encore si Ton se rappelle que, tandis que les états de conscience qui répondent aux phénomènes invariablement coexistants^ eommc la résistance et l'étendue, continuent de se reproduire l'un l'autre pendant toute la perception, et en forment pour ûosi dire la base, au contraire, les divers autres états de conscience répondant aux qualités spéciales de l'objet, — qualités qui necoexisteni pas invariablement avec la résistance Bt retendue, — ne restent pas ainsi permanents, mais ils
4^)8 SYiNTHÈSK 6KNÉRALE.
apparaissent, disparaissent^ reparaissent dans la cooscieDce avec des degrés de fréquence qui varient plus ou moins selon la constance des qualités correspondantes.
§ 186. Un fait qui, à première vue, pourrait être considéré comme en désaccord avec la généralisation qu*il s*agit d'établir, c'est qu'une grande partie des changements qui se produisent dans la conscience se font d'une manière qui est, en un sens, fortuite. Une succession de bruits entendus par une fenêtre ouverte, traverse la conscience d'une manière tout à fait irrégulière, et tout le compte qu'on en peut rendre se borne à la décrire. Quand nous marchons dans les rues, les gens et les voitures qui passent^ produisent des changements internes dont la succession est indéterminée ; quoique, en recevant certaines impressions visuelles, il en résulte dans l'esprit les changements qui constituent la perception d*un homme, et quoique, sous ce rapport. Tordre des changements soit déterminé, cependant, malgré la production de ces impressions et de la perception qui les suit, un momeut après surgit en nous quelque pensée relative au temps ou aux dernières nouvelles; et c'est là un fait qui parait en nonconformité avec une loi quelconque des changements psychiques. De plus, on peut objecter que beaucoup d'entre les changements qui, de minute en minute, se produisent dans la conscience sont accidentels, mais que l'ordre de cette série d'états de conscience est accidentel, même à le considérer dans son sens le plus large. Ainsi un pur hasard peut déterminer un homme à sortir ou à rester dans la maison, à cummencer une nouvelle occupation ou à continuer une ancienne, à se marier ou à rester célibataire ; et le caractère de la sér.c entière de ses états de conscience subséquents peut par làétrc modifié. Ce n'est pas seulement des changements qui constituent la conscience humaine que cela est vrai ; cela est plusuu li' de tous les degrés de changements psychiques. Quel Bgré de son intelligence, chaque animal est sujet Bons entre lesquelles nulle loi interne de con-
LOI DE L INTELLKtKNCE. ' • 439
lexion ne peut être déterminée. Et de là résulte qu0, pour une grande partie des changements successifs qui constituent Tintelligence en général, la formule ci-dessus donnée semble* rait inapplicable.
Cette difficulté insurmontable, à ce qu'il semble, disparaîtra si la formule est interprétée dans son sens le plus général; et Ton verra que ces changements fortuits, à certains égards, se conforment en réalité à la loi de Tintelligence. Cette loi, c'est que la force de la tendance que Tantécédent l'un changement psychique quelconque a à être suivi par son conséquent, est proportionnée à la persistance de l'union snlre les choses externes qu'ils représentent. Jusqu'ici nous ivoDS considéré cette loi dans son rapport spécial avec ces connexions de la conscience qui correspondent aux connexions {tables du milieu environnant ; elle a été pour nous une généralisation de ces faits que l'on groupe communément sous le Qom d' «c association des idées. » Ici, cependant, les con* Délions du milieu environnant auxquelles les connexions de la conscience correspondent, ne sont pas des connexions itables, mais accidentelles. Un rapport fortuit dans la pensée est parallèle à un rapport fortuit dans le milieu environnant. Deux états de conscience adjacents répondent à deux phénomènes adjacents dans le temps et l'espace. Jusqu'ici la loi trouve son application manifeste^ comme précédemment. L*ordre interne se conforme à l'ordre externe. Mais, demanlera-t-on, comment est-il possible de représenter la tendance le rétat de conscience antécédent à être suivi par l'état conséquent, comme proportionné à la persistance de Vunion entre les choses externes qu'ils représentent? On le peut parfaitement. Supposez dans le milieu environnant un rapport entre ■Q certain individu et une certaine place inaccoutumée où il le trouve. Ce rapport peut être considéré ou bien d'une manière générale, dans sa connexion avec nos expériences ordinaires, ou bien d'une manière spéciale, à titre d'expérience particulière. Considéré d'une manière générale, ce rapport
V'iO 3YNTHi:SR GÉNÉRALK.
est de ceuT dont les termes n'ont entre eux aucune union persislnnle, vu que cet individu peut auparavant n'avoir jamais été dans cette tnéine place, et qu'il peut ne jamais s'y relrouver désormais; conformément à celle absence totale depcrsistaiiCG dans l'union externe, il y a aussi une absence toUlr de tendance générale entre la coDscience de cet indindu d la conscience de Heu à se suivre l'un l'autre, — de la minière qu'elle s'est produite précédemment. Considéré d'tioe manière particulière, ce rapport est quelque chose qui se produit aclutllemcnt, et tandis qu'il se produisait, l'union enin SOS termes élail absolue; — il y avait pour le moment préwnt une union absolument persistante entre la place et la personne, — une union qui était absolument perdslante, caet sens que pour le moment elle était indissoluble, et que » production reste pour l'avenir un Tait incITuçable; etcoofor mément à celle coexistence temporairement absolue, il y « une tendance temporairement absolue des élatsde consciente correspondants à se suivre Tun l'autre. Et comme, pour le moment présent, cette coexistence voisine de nous étiil aussi absolue que celte de l'étendue et de la résistance, et môme, pour le moment présent, la cohésion entre la états de conscience a élé aussi absolue que celle eol conceptions d'étendue et de résistance.
Bien interprétée, la loi s'applique donc tout aussi bie rapports que présente un acte quelconque de pcrceptii même quand ces rapports sont fortuits, — qu'elle le faîÙ rapports que des expériences accumulées ont mis au n de nos idées.
§ 187. Dans la succession des changements psydi sans doute il se produit diverses combinaisons dont a peut aisément rendre compte dans l'hypothèse que U U la tendance qu'a ranlécédent d'un changement psfl quelconque i être suivi par son conséquent est pn
iDCe de l'union entre les choses externes ^ ml. Ainfi, relativement au ras qui vient d'Mro prii
LOI DE l'intelligence. 441
pour exemple, on peut remarquer que, quoique, avant qu*u no certaine personne ait été rencontrée dans un certain lieu, il ii*existe entre les états de conscience qui répondent nu lieu et à la personne aucune tendance quelconque à se produire ensemble^ cependant, dans la suite, il y aura souvent une tendance très-décidée de Tun de ces états à appeler l'autre, — une tendance si décidée qu'elle peut se montrer d'elle-même dans beaucoup d'occasions successives. D'où il paraîtrait que, dans de tels cas, une relation plus persistante s'établit entre kg états de conscience qu'entre les phénomènes correspon- ^ianls. Bien plus, on peut observer que, dans beaucoup de cas, le earactère extrêmement exceptionnel d'un rapport externe, devient la véritable cause de la ténacité du rapport interne ; plos un événement est étonnant, plus il est en complet désaccord avec le cours ordinaire de la nature, plus la cohésion entre les deux états de conscience correspondants devient brte. D'où il semblerait quc^ dans quelques cas^ les change* ttients psychiques suivent une loi qui est ccmplétement l'in- ^rsede celle énoncée. On pourrait encore demander comment il se peut, si la loi est telle qu'on la formulée, que, dans certains états indissolublement liés, la conscience disparaisse luand elle s'est une fois produite. Si, par exemple, le rap- EK)rt nécessaire de coexistence entre l'étendue et la résistance ^ connu par le moyen d^une alternation rapide des états de ^nscience qui leur répondent; si ces états sont aussi insépav^les dans l'organisme que les phénomènes dans le milieu en- ^iroDoaDt; et s'il n'y a aucun autre état aussi étroitement adhét^t k Tun ou à Taulre que l'un l'est à l'autre, pourquoi ces deux ^tets ne continueraient-ils pas de se reproduire l'un l'autre ? Pour répondre complètement à ces questions et autres sem* blaUes, il faudrait renfermer dans ce chapitre un système entier de psychologie, vu que ce n'est que quand toutes les particularités de succession dans les changements psy- ^biques sont expliquées que tout est expliqué. Ici on ne peut ^(Hiner que des réponses générales. La première, c'est que,
comme on Ta dit précédemment, la loi énoncée est la loi de rinteliigeoce in abstracto^ non la loi de notre intelligence i d*aucune intelligence que nous connaissions. C'est la loi i laquelle les changements psychiques tendent à se conformtr d*une manière de plus en plus complète, h mesure que i'ii* telligence s'élève ; mais une intelligence parfaite seule peut atteindre cette parfaite conformité. Et un court examen (b anomalies rendra manifeste ceci : c'est que beaucoup d'entre elles n'impliquent rien de plus qu'une imperfection dans k conformité. Mais, dans la grande majorité des cas, ontrouTen, je pense, que ce qui semble être des non-conformités, n'ert en réalité qu9 des conformités d'une espèce complexe. Il bâ se rappeler que la succession qui amène un état de consdenei après un autre est le résultat non de quelque tendance àaple, mais d'une combinaison de tendances. Comme dans II milieu environnant chaque phénomène soutient des rapport non avec un seul, mais avec beaucoup d'autres ; comme pani ces rapports qu'il soutient, les uns sont nécessaires, d'autres très-généraux, d'autres spéciaux, d'autres purement fortuits,! s'ensuit que, dans l'accomplissement de la loi de Tintelligence, chaque état de conscience a des liaisons plus ou moins étroites avec beaucoup d'aiHres états. — Il y a un certain nombn d'autres états de conscience qui tendent simultanément, tf avec divers degrés de force, à se produire après lui. La conséquence, c'est que la tendance qui prend plus actuellemeiK est la résultante de plusieurs tendances qui agissent ensemUe. Le nouvel étatjde conscience produit est produit par unecoO" position de force. La force particulière avec laquelle le nonid état adhérait à son antécédent, a elle-même pour auxiliairtf les forces do ce groupe d'états de conscience qui sont joints i elle et s'y rattachent; et par l'union d'un certain nombre de petites forces, il peut se produire une tendance qui remportera sur quelque autre tendance d'une nature simple, qu'* elle seule ï?erait beaucoup plus puissante qu'une ou deui to autres. Il en est lv)u\. Ae vwivw^ v\u'avcc la grande loi ph^f^I»'
LOI DE l'intelligen'ce. 443
monde eiterne. Si simple que soit ce principe, chaque me de matière attire Vautre avec une force qui varie en son inverse du carré de la distance ; cependant, dans le iroblèmedes trois corps, n) encore non résolu, nous voyons aibieo l'effet devient complexe quand plusieurs forces sont
action, et comment, quand plusieurs corps sont en jeu, la rectioD que l'un d*eux suivra devient à peu près incalculable. î même, quoique la loi d'attraction des états mentaux soit mple, cependent, quand les forces attractives d'un certain (HDbre d'états mentaux agissent au même moment, — les Des agissant d'accord, les autres étant en conflit, — il deieotà peu près impossible de déterminer le résultat spécifique.. I comme, dans l'ascension d'un ballon, nous rencontrons un hénomène qui parait tout à fait en désaccord avec la loi de
gravitation, quoique étant en réalité tout à fait en harmonie te elle, de même il peut se produire des changements men- Bi qui» tout en paraissant directement opposés à la loi de ecession psychique, en sont néanmoins l'accomplissement. Si à cet éclaircissement général sur quelques petites anomale on joint les précédentes interprétations de la loi considéi dans ses applications principales^ on ne pourra pas plus igtemps révoquer en doute que la force de la tendance qu'a Dlécédent d'un changement psychique quelconque à être i?i par son conséquent, est proportionnée à la persistance de Dion entre les objets externes qu'ils représentent. C'est une oessité à priori^ et c'est une généralisation obtenue à posteri. Ce n'est qu'en vertu de cette loi que peut avoir lieu justement des relations internes aux relations externes. Ht lequel la vie est impossible ; et ce n'est que dans l'hypobee d'une telle loi que nous pouvons expliquer ces faits: «les relations qui sont absolues dans le milieu environnant Ht absolues en nous ; que les relations qui sont probables Uks le milieu environnant sont probables en nous ; que les ihdons qui sont fortuites dans le milieu environnant sont ^ites en nous.