INSTINCT
§ 194. En employant ce mot, ood, comme le fait le nlgaire, pour désigner toutes les sortes d'intelligences autres q« celle de Thomme, mais en le restreignant à sa signifieatiii propre, rinstinct peut être décrit comme une action réfloi composée. Je dis décrit plutôt que défini, puisqu'on ne pert tirer de ligne de démarcation entre lui et l'action réflexe s» pie. Comme on Ta fait remarquer dans la dernière sectiM, les processus dirigo-moteurs qui se montrent i nous daoski actions réflexes, passent par degrés du simple au complète; et un examen rapide des faits nous montre que les procesm (Itrt^o-mo^eurs font la même chose. Néanmoins, ilestcoDT^ nable de distinguer comme un ordre supérieur d'ajustemeoU nerveux automatiques ceux où des excitations compleiff produisent des mouvements complexes.
Pour qu'on puisse voir clairement la validité de cette dif* tiûction entre Tinstinct et Tespëce primitive d'action réfletti prenons des exemples, a On a vu, dit Carpenter, un gobe mouches, aussitôt après sa sortie de Tœuf, attraper avecle bec un insecte, — action qui requiert non-seulement une appri* ciation très-exacte de la distance, mais le pouvoir de régler d'une manière très-précise les mouvements musculaires seloi cette distance. » Cette action qui, comme les circonstances le prouvent clairement, est purement automatique, implique nécessairement la combinaison d'un certain nombre 3e ^#<Mtti«t Hisiiacta. L'excitation d'un certain groupe des fibrti
la rétine doit être l'un deux : et cette excitilioi être un stimulus complexe. ?a que le mène
tNSTINCT. 463
Eatfii'étant pas produit par la projection d'uDC image d'une -andeur quelconque sur la rétine, et les différents effets isultant de la projection des différentes images sur la rétine s^ant résulter de différences dans le nombre ou la combiaison des fibres nerveuses affectées, le stimulus de la rétine oit en réalité être une certaine combinaison de stimulus. Une utre composante nécessaire du stimulus général doit être elle qui vient des muscles par lesquels les foyers des yeux ont ajustés. Une autre composante encore est celle qui fient des muscles par lesquels les axes des yeux sont dirigés vers un point spécial. Sans les impressions qui vien- Dent de ces deux sortes de muscles, il serait impossible à la Itte d*étre guidée dans la bonne direction, et au bec de se fenneraubon moment. Ainsi donc cette action implique TexcitatioD de deux groupes de nerfs de la rétine, deux groupes de oer& venant des muscles qui ajustent les foyers, et deux groupes de nerfs venant des muscles qui meuvent les yeux ; - elle implique que tous ces nerfs sont excités simultanément d une manière spéciale et à un degré spécial, et que cette coordination spéciale de contractions musculaires par lesqoelles la mouche est prise est le résultat de cette coordioatioD spéciale de stimulus. Nous avons en nous-mêmes des temples abondants de pareille coordination complexe, résultat directement d'un stimulus complexe. Tous nos mouve • i&ents ordinaires, quoiqu'ils aient leur origine dans la volii(»i, se produisent d'une manière exactement semblable à ^Ue décrite. Lorsque nous étendons la main pour saisir un objet licédevant nous, nous sommes complètement inconscients de I manière particulière dont il faut ébranler les muscles pour y hiver. Nous voyons l'objet, nous désirons le saisir, et pour Spondre à notre désir, le bras s'étend d'une manière partiiliëre. Mais si les divers stimulus nerveux impliqués dans impression visuelle étaient absents, les muscles du bras ne lurraient être bien dirigés. C'est dire que la coordination lédale des muscles est due à la coordination spéciale des
464 SYNTHÈSE SPdClALS.
sensations reçues par l'œil et son appareil d'adaptationi— k Yolition se réduisant simplement à mettre en moQ?emeat w fonctions. La différence entre Tune de ees actions qoi bm sont propres et celle du gobe-mouches noufdlemeat édn consiste en ceci : c'est que, tandis que chei nous, les naisons d'impressions et de mouvements étant presque i ment variées et n'étant répétées, chacune en paiticuScr, qu'avec une rareté comparative, elles ne sont pas nées wm nous, mais se sont développées dans le cours de nos pramièni années, -« chez le gobe-mouches, dans la race doqod an combinaison spéciale est perpétuellement répétée par chafH individu durant sa vie, une telle combinaison est pnif tement organisée.
Mais laissons là cette comparaison, qui ne semit qal éclaircir la question, et considérons en eux-mêmes dai m tels que celui du jeune gobe-mouches : il est hors de doali que ce mode d'action est une action réflexe composée. Taaii que, dans l'action réflexe simple, une seule impressioD ert suivie par une seule contraction ; tandis que, dans les ibnM plus développées de l'action réflexe, une seule impressioa ta suivie d'une combinaison de contractions, dans celle qn nous distinguons sous le nom d^instinct, une combiauson d'impressions produit une combinaison de contradiDSi, et dans la forme la plus élevée, dans l'instintc le plus eoaplexe, il y a des coordinations qui tendent à la fois à dirigerai à exécuter. Examinons cependant les faits en rapport avecb lois générales que nous déterminons.
§ 195. L'instinct est évidemment plus éloigné de la vie pirement physique que la simple action réflexe. Tandis que Faction réflexe simple est commune et aux fonctions intenes^tf viscères et aux fonctions externes de la vie animale. llosliBCl proprement dit ne l'est pas. Les reins, le poumon, le foiea*oit pas leurs instincts : l'instinct est restreint aux actiooi dt l'appareil nervoso-musculaire, qui est l'agent spécial ée b je.
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Ensuite les actes instinctifs montrent beaucoup moins de simultanéité, — ils sont en grande partie seulement successifs. La coordination de plusieurs stimulus en un stimulus unique, implique elle-même la diminution des diverses actions nerveuses distincles qui se produisent simultanément, et leur fusion en une certaine fonction complexe, par conséquent sérielle. Que les divers changements nerveux, coordonnés entre eux, qui se produisent quand le gobe-mouches saisit un insecte, soient considérés comme une série qui traverse son sensorium sous la forme d'une succession rapide, ou bien qu^on les considère comme réduits à deux états successifs de son sensorium, il est également évident que les changements du sensorium affectent un arrangement linéaire bien plus déterminé que les changements qui se produisent dans tous les ganglions épars du centipède.
De plus, il n'est pas improbable que, dans ses formes les plus élevées» Tinstinct est accompagné de quelque chose qui se rapproche de ce que nous entendons par conscience. Il ne peut y avoir coordination de plusieurs stimulus^ sans quelque centre de communication qui les mette tous en relation. A cause de sa fonction de les mettre en relation, ce centre doit être soumis à Tinfluence de chacun d'eux ; — il doit subir plusieurs changements, et la succession rapide de changements dans un centre sentant constitue la matière brute de la conscience. Cela implique donc qu'à proportion que Tinstinct 86 développe, il naît une certaine sorte de conscience.
Enfin^ les actes instinctifs sont encore plus distincts des actes purement physiques en ceci : c'est qu'ils répondent à des phénomènes externes plus complexes et plus spéciaux. Tandis que les actions purement physiques répondent à ces rapports très-généraux communs au milieu environnant considéré comme un tout ; tandis que la simple action réflexe répond à quelques-uns des rapports très-généraux communs aux objets individuels qu'il contient, Taction réflexe composée que nous distinguons sous le nom d'insViucX^ t^^^'cà^^^'^
relatioDS plus complexes par lesquelles certains ordres d'objets et d*actioDS sont distingués des autres.
Ainsi^ dans les phéDomènes d'iostinct, se révèle une grande diiïércDce entre la vie psychique et la vie physique; de mèine dans la distinction croissante entre le système végétatif et le système animal, dans la sérialité croissante des changemenU dans le système animal^ dans la production qui en résulte d'une conscience naissante, et dans la complexité plus haute des relations externes auxquelles les relations internes sont ajustées, ce qui finalement est, à vrai dire, Tessence du progrès^ dont les autres faits ne sont que Taccompagnement nécessaire.
§ 196. Mais considérons comment, par des expériences accumulées, les actions réflexes composées peuvent sortir des actions réflexes simples.
Nous pouvons prendre, comme exemple convenable, quelque animal aquatique d'ordre inférieur, muni d*yeux rudimentaires. Comme ou Ta remarqué précédemment, les ytui de cette espèce, n'étant sensibles qu'aux très-forts changements dans la quantité de lumière, ne peuvent être affectés par les corps opaques qui se meuvent dans Feau environnante que si ces corps s'approchent assez près pour toucher presque la surface. C'est alors seulement que le passage de tels corp» produit des changements assez marqués pour être appréciés par une vision naissante. xMais presque toujours les corps qui sont portés par leurs mouvements tout près de l'organisme seront, par leurs mouvements subséquents, mis en contact avec lui. Ils doivent être exceptionnels les cas où le mouvement d'un corps externe est tel qu'il l'amène tout près, mais selon la tangente à cette partie de l'organisme où l'œil rudimentain est placé, de sorte qu'en passant il soit assez proche pour toncher la surface, mais pas tout à fait. Évidemment donc, dans ses formes primitives, la vue, comme on Ta dit, n'est guirt ~u*un toucher anticipé (§i 12)^ les impressions visuelles liuAireoienl suiNves d'vvii^t^^siQus tactiles. Haie» chci
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tous ces animaux, les impressions tactiles sonthabituellement suivies de coDlractions, — contractions qui, comme on Ta montré ailleurs (§ 140), sont en toute probabilité des effets nécessaires produits par un désordre mécanique dans Tactivité vitale ; — contractions qu'on voit se produire dans certaines plantes sous Tinfluence de stimulus semblables, ce qui montre qu'elles peuvent être produites par des changements dans les fonctions de la vie purement physique. De quelque manière au reste qu'elles en résultent, il est hors de doute que, des zoophytes aux êtres plus élevés, le toucher et la contraction forment une séquence habituelle ; et de là résulte que dans les êtres chez qui la vision naissante s'élève de manière à être un peu plus qu'un toucher anti);ipé, il se produit constamment cette succession, — une impression visuelle^ une impression tactile, une contraction. Maintenant le développement d'un système nerveux est l'accompagnement nécessaire de cette spécialisation qui donne naissance aux sens. Avant que la sensibilité générale soit localisée à un certain degré, la fonction médiatrice du système nerveux ne peut exister, et il ne peut y avoir une pareille localisation de la sensibilité, sans qu'il y ait là aussi une certaine conformation des nerfs. Un commencement du sens de la vue implique un commencement de communication nerveuse. Et dans un commencement de communication nerveuse nous pouvons voir le pre^^ mier exemple de la loi du développement de l'intelligence. Si des états psychiques (en prenant ce terme dans son sens le plus large) qui se suivent constamment Tun l'autre dans un certain ordre, se lient de plus en phis étroitement dans ce même ordre, de manière même à pouvoir devenir inséparables, il s'ensuit que si, dans l'expérience de toute une race d'organismes, une impression visuelle, une impression tactile et une contraction sont continuellement répétées sous celle forme successive, les divers états nerveux produits deviendront si solidement liés que le premier ne pourra être produit sans les autres qui Je suivent nëcessaîrem^ul^ — V\tûL-
468 STNTHÈSE SPÉCIALB.
pression visuelle sera inslaotanément suivie par une G nerveuse comme celle qu'une impressioa tacUle pi celle-ci par uoe contraction. Ainsi il se produira une ooatnelîon en anticipation du toucher.
Considérons maintenant ce qui doit résulter d'un dérdt^ pemeot ultérieur de la vision. Il en doit résulter i la Tins q« les mêmes corps seront aperçus à une plus grande distance, d que les corps plus peiits seront distingués quand ils sereol proches. Les uns et les autres produiront des obscurciàseriKiili faibles en comparaison de l'obscurcissement complet prudail par quelque grand corps en mouvement qui passe asseï prCf de l'animal pour aSecter sa surface. Mais quaud ces obscurcissements commenceront, tout faibles qu'il sont, i derenir appréciables, ils ne seront pas comme les premiers habiUidtement suivis de fortes impressions tactiles et de coDtiaetiW subséquentes. Car, si l'obscurcissement est produit fax n grand objet, passant h quelque distance, il n'y aura profadikment par de collision, ~ pas du tout d'impression tactile. S'il est produit par un petit objet qui est proche, la coIbsiM qui suit sera comparativement légère, — assez légère ponrit pas amener de forte contraction, mais suffisante pour fnàûn un commencement de tension dans l'appareil musculaîn,— tension telle qu'on en voit dans l'animal qui va saisir M pnil. Ce n'est pas du tout là une hypothèse. C'est un fait établi faii chez les animaux en général, y compris l'homme, une MMf tion ou une excitation nerveuse qui, si elle est légcr«, mille simplement l'attention et produit quelque légère actioD nwculaire, causera, si elle devient intense, des contraclioucnavulsives des muscles eu général. C'est donc une dédortiflt tirée d'une loi bien établie du système uervoso-masciUti) que l'animal qui possède cet appareil de vi^iou un pea |ictftttionné aura, par un obscurcissement partiel de la IttnAn, ses muscles mis en état de tension partielle, — étatqin !■■ permet, soit de saisir un petit animal, si l'a] 1 est causé pat \a co\\\f.\iiQ mm\aeate de ce
l'instinct. 469
soit de rentrer dans sa coquille ou de produire des mouvcments couvulsife pour échapper, si Tobscurcissemeut plus fort est causé par l'approche d'un grand animal. Ainsi môme ce simple progrès implique que, dans la correspondance des relations internes et des relations externes, il y aura un peu plus de spécialité et de compleiité.
Supposons maintenant qu'au lieu d'être stationnaire, l'animal est un de ceux qui se meuvent habituellement dans l'eau, supposons aussi un développement un peu plus complet de la ▼ision, — développement qui consiste dans un agrandissement de la rétine^ et dans sa subdivision en agents sensitifs distincts, de telle façon que ses différentes parties puissent être affectées d'une manière indépendante. Dans un tel ani* mal» les yeux sont sujets aux fréquents changements d'impression produits par les objets au milieu desquels il nage. Ces impressions tombent sur différentes parties de sa rétine selon les positions des objets qui les causent. Ceux qui sont sur le cdté de l'animal, ou n'affectent qu'une seule rétine ou affectent Tune plus que l'autre. Ceux qui sont au-dessus projettent leurs images dans la partie inférieure des rétines. Ceux qui sont au-dessous, s*ils sont visibles, les projettent dans la partie supérieure. Cependant, de toutes les impressions ainsi produites, peu, si même il y en a^ sont directement suivies de quelque impression tactile, le mouvement de l'animal pour avancer remporte loin des objets qui les produisent. Seulement^ quand ces impressions latérales causées par les objets en mouvement sont très-fortes, — quand ce sont des impressions produites par de grands animaux^ alors seulement il en rdsalteraune excitation de la faculté motrice. Les impressions latérales qui sont faibles, n'étant pas habituellement suivies d'impressions tactiles, n'auront pas pour effet de produire ces actions. Mais remarquons maintenant qu'il y a certaines impressions visuelles qui^ quoique n'étant pas fortes, sont constamment suivies d'impressions tactiles^ et qui sont d'une es-
lière, ces impressions, par exemple, qui sont faites
il irtTer» 1
470 SYNTHÈSR SPÉCIALE.
par de petits objets vus en face. Lorsque, pendant qu'il l'eau, certaines parties des deux rétines de l'animal reçoîtcnt simultanément des impressions d'une force médiocre, il arrifi en général qu'immédiatement après, la tête et les orgtBfs tactiles sont mis en contnct avec quelque petit corps qui pMM servir de nourriture. Uoe impression visuelle d'une e^n spéciale est habituellement suivie d'une impression lactilt dans les organes de ta préhension, et par cooséqueot it tontes ces actions musculaires que fait naître la préseoUtJM de la nourriture aux organes de la préhension. Dans la nxlnre celte séquence se produit sans cesse. L'excitation d'un gronpl particulier de nerfs de la rétine, l'excitation des Dcrfs des or* ganesde préhension, et l'excitation d'un ensemble spécial di muscles, deviennent nécessairement une succession bien établie. Dans l'expérience de Tanimal, ces trois états psyrfaiqiia sont habituellement liés, et doivent, par leur répétitioo dH> des générations sans nombre, se lier si bien que l'impreflMD spéciale de la vue appellera directement les actions miiM» laires par lesquelles la proie est saisie. Et rafime la vue iThi petit objet en face pourra mettre en jeu les divers niountBeDtt requis pour capturer la proie.
[ci donc nous avons l'une des plus simples fonnes dllH tinct qui, par ses conditions essentielles, doit nêcess«iraHll être établie par une accumulation d'expériences. Qu'il Mt accordé que chez tous les animaux, comme chez nous. U Ik est et a toujours été que, plus fréquemment des états pnchiqucs se produisent dans un certain ordre, plus IM devient leur tendance h se lier dans cet ordre, juM|a)M qu'enfin ils deviennent inséparables; qu'il soil accordé^ cette tendance est héritée, quoique à un degré très-Gùblt^ii sorte que, si les expériences restent les mêmes. cbaquflgW* ration successive lègue une tendance quelque peuiQgW' \ée, et il en résulte que, dans le cas comme celui qtà pf^ oM«,ildoit s'établir une connexion automatique i'teéam nervduws, correspondant aux relations eileroes perpèbnil'-
l'instinct. 47 1
ment expérimentées. Si^ par suite d'un changement quelconque dans le milieu environnant d'une espèce, les membres des individus sont fréquemment mis en contact avec une relation nouvelle ; si l'organisation de Tespèce est assez développée pour pouvoir être affectée par les termes de cette nouvelle relation dans une étroite succession, alors il se formera graduellement une relation interne, correspondant à cette nouvelle relation externe, et finalement elle deviendra organique. Les relations organisées existant par avance dans Tespëce, recevront une nouvelle complication^ grâce à cette relation amenée par surcroît. Comme dans le cas décrit où Texcitation simultanée de deux groupes de fibres nerveuses partant de parties spéciales des deux rétines est le stimulus, une action réflexe composée naîtra des actions réflexes simples. A une relation externe d'un degré plus complexe qu'auparavant, correspondra une relation interne d'un degré plus complexe qu^auparavant. Et ainsi de suite pour tous les degrés subséquents de progrès.
D*ailleurs, il ne faut voir là, en général, rien de plus qu'une indication grossière delà manière dont les principes généraux qui ont été énoncés expliquent le développement des instincts. La loi abstraite de Tintelligence étant que la force des cohésions internes entre le états psychiques, doit être proportionnée à la persistance des relations externes auxquelles ils correspondent ; et le développement de l'intelligence en conformité à cette loi étante dans tous les cas dont nous avons une connaissance positive^ assurée par ce principe unique et simple, que les relations externes produisent les relations internes, et rendent ces relations fortes à proportion de leur propre persistance, il était nécessaire de chercher si l'intelligence, sur la genèse de laquelle nous n'avons aucune connaissance positive, a une semblable origine. Et tout ce qu'on s'est proposé de montrer plus haut^ c'est qu'en partant des conditions d'un cas et en raisonnant déductivement, on voit que le même principe simple et unique est suffisant pour rendre
I con J joui
t>les, oa M al étw^l^^
472 S^-NTHÈSE SPÉCIALR.
compte des faits, ou plulAl d'un groupe de fnils. Usera tonûurs impossible de retracer le développement actuel dei isliucts dans leurs variéiés et leurs complcatioos infiDÏn. Les tinta sont ioarcest^ibles, et fussent-ils accessibles, oa m pourrait les saisir d'une manière adéquate. Tout ce qui | cède doit être considéré simplement comme une esqi mode probable de développement.
§197. El maintenant considérons quels doivent i résultats ultérieurs de ce mode de développement. Premnl quelqu'une de ces fonctions étudiées plus haut, et la conàdérant comme celle d'où sortent les instincts eo général, en te développant, cherchons quel doit être le caractère général dt révolution cousidérée dans son ensemble, et examinons jusqu'à quel point tout cela s'accorde avec les instincts aclwb. La progression des instincts les plus bas aux plus êlerfa, est partout une progression qui tend vers une spécialité el une complexité plus grande en correspondance. La contractiu simple manifestée par un animal ayanl un œil rudimeataiiT, quand un objet opaque passe subitement devant cet nil, et une correspondance plus générale et plus simple que celk témoignée par l'nnimsl qui happe la proie passant deuil lui. Dans le premier cas, l'efTet est produit quelle que MÎt II position relative de l'objet, pourvu que l'obscurcisseaMOtMil considérable ; dans le second, il est produit seulement quul l'objet est juste eu face. A la relation externe entr« une optcité qui se meut et un corps solide vivant, est ajoutée maiaUnant une relation de position ; et non-seulemeot une reUtka de position, mais une de grandeur, vu que l'elTet tarie s que l'objet qui se présente est grand ou petit : qu'extérieurement le phénomène perçu consiste en ung coordonné de relations, etqu'întérîeuremeni il y a un g coordonné de changements, — non une simple irapn un simple mouvement, mais nu moins une couple d*l Bt une complication considérable de roonvemeol idaoce est également plu^ complexe et plui t^étMt.
l'instinct. 473
MaintenaDt, il est démontrable à pirori que révolution e rintelligence par la multiplicité des expériences, doit néessairement suivre cet ordre. N*y en eût-il pas d'autres reuves, c'en serait une bien suffisante que celle-ci : c'est que, ans le milieu environnant, les phénomènes qui sont les plus omplexes et les plus spéciaux étant les moins fréquents, I0U8 ne pouvons jamais en avoir des expériences aussi nommuses que celles des phénomènes simples et plus généraux. tans Texpérience journalière de tout organisme, la relation entre une obscurité qui passe et un corps vivant, est plus lénérale que la relation entre un degré d'obscurcissement ■lie danger, ou entre un autre degré d'obscurcissement et la ■ourriture ; et chacune de ces relations est plus générale que h relation entre la grandeur et la forme particulières d'impmsioDS visuelles et une classe particulière d'objets ; et cette ■dation est plus générale que celle entre la grandeur, la brme et la couleur d'impressions visuelles et une certaine feipèce dans cette classe ; et celle-ci est elle-même plus génétile que les impressions réunies de forme, de grandeur, de •Dnleur et de mouvements produits par un individu d'une Mie espèce qui adopte un mode particulier de défense. Et Mame^ en partant de ces relations simples que tous les corps aunifestent en commun, plus les relations deviennent comylnes, moins fréquemment elles se rencontrent, c^est un corolliira inévitable que, si les relations internes sont moulées sur ^relations externes par une accumulation d'expériences, les pins simples doivent s'établir avec les plus complexes.
La nécessité de cet ordre de progression sera encore plus Virement aperçue si l'on se rappelle que, intérieurement t «térieurementy les relations complexes sont composées de BladoDS simples, et doivent donc venir après elles. Avant que ^ relations qui nous sont offertes par une matière en mou- Hnent puissent exister, il faut que ces relations générales de ^taneeetd*étendue que manifeste la matière qui se meut, (btent tout d'abord. Avant que les relations imp1ic^uée&
dans raciion d*uD corps sur un autre puisseni exister, il lut qu'existent tout d'abord les relations ioipliquées dans Veiistence de chaque corps. Avant que se produisent toutes la relations impliquées dans les mouvements d*UD animal viiUL^ tout d'abord doivent exister ces relations chimiques entre» éléments et ces relations de structure, entre ses organes fv lesquels les relations impliquées sont rendues posdbles. El manifestement, si l'organisation des relations internes ci correspondance avec les relations externes résulte d*un earegistrement continuel d'expériences» il est de même imposible que les relations complexes aient été établies avant les relatisii plus simples qu'elles impliquent.
Après avoir bien remarqué que ce corollaire de l'hypothèH expérimentale est en conformité avec les faits, autant qiili nous sont accessibles, remarquons aussi quelques inleRieei importantes qu'on en peut déduire.
§ 198. Si, considérant le progrès sous son aspect géomii nous remarquons que les relations simples et générales qn existent dans le milieu environnant, doivent être celles fs sont le plus fréquemment expérimentées, avec lesquelles h correspondance s'établit d*abord et de la manière laptai décidée ; si les relations externes qui sont d'un degré moùi simples et moins générales sont ainsi rendues apprédtUci et, par une expérience répétée, quoique moins fréquenuDcA établissent aussi des relations internes correspondante8;eti ce progrès s'avance lentement, s'étendant à des reUW* successivement plus complexes, plus spéciales et moîitffc*' quentes, alors il doit arriver qu'il s'établira finalemeot dits Torganisme un grand nombre et une grande variété de lei^ tions psychiques ayant divers degrés de cohérence. Tioii qu'une infinité d'expériences auront rendu absolument ia'*' solubles les premières et les plus simples de ces niM^ psychiques; tandis que des expériences qui, si elles ne ii^ oas actuellement aussi nombreuses que les précédente», f^
peinant cependant ont été infinies en nombre» etoot|*
l'instinct. 475
"endre indissolubles des relations psychiques qui sont d'un legré plus complexe ; tandis que des relations d'un degré de Kompleiité plus grand ont pu, quoique étant moins fréquemment expérimentées, l'être assez pour devenir psychiquement ïrgaoiques, cependant il est manifeste qu'avec des relations ]ui croissent en complexité et décroissent en fréquence, il doit irriyer un moment où les relations psychiques correspondantes ne seront plus désormais absolument cohérentes. Pour que cela soit compris pleinement, éclaircissons-le par des signes. Supposons que A et B représentent deux attributs de la matière en général, — soit retendue et la résistance, — et qu'une relation s'est établie dans l'organisme en correspondance avec la relation constante qui unit les deux attributs. Supposons que C et D sont deux attributs extrêmement généraux de la matière animale^ — soit le mouvement et la vie, *-- auxquels attributs correspond aussi une relation interne. Od peut facilement comprendre que le groupe d'attributs i^onis Â, B> C, D^ revenant en mémoire à chaque animal foi les a rencontrés, établira accidentellement une connexion <ie relations internes correspondantes qui, en pratique, sera Aussi absolue que les relations originales. On peut aussi comprendre que, si les animaux qui servent de proie à d'autres Sont d*une grandeur L, tandis que ceux qni leur sont Banemis sont dans la plupart des cas d'une grandeur différente M, une expérience continue peut établir différentes correspondances organiques pour les différents groupes d'attributs coexistants ABCDLetABCDM. Et l'on peut comprendre aussi que, quand ces grandes classes en viennent à pouvoir se distinguer en sous-classes, — par les différences de couleur par exemple, — les expériences des deux groupes AB CD L S et A B C D L T, et des deux groupes A B C DMP et A B C D M Q, peuvent être encore assez nombreuses pour que les changements psychiques correspondants soient indissolublement unis. Mais comme, dans le cours des progrès dtérieurs, les groupes d'attributs et de relations qui se distin-
guent les uns des aulres et dooRent lieu à des correipoodances distioctes, deviennent rnoias nombreux ; comnie ohcrieurement, par des addilions successives d'attributs et di rapports caractéristiques, de tels groupes devieUDest pias complexes, et comme chaque sorte de groupe, à q'uelle est plus déterminée, est en conséquence moios tnquemmeot répétée dans l'eipérieDce, il en résulte clurtintit, de toute nécessité, que les changements psychiques conapondants doivent devenir moins cohérents. Noo-sealenctf il faut que le groupe des étals internes qui tepréseakli groupe des phénomènes externes soit agrégé d'uae nuaièn moins détermÎDée, mais le groupe entier, considéré eonai impression composée, doit nécessairement avoir ud ponw moindre de produire ce jeu spécial d'actions par Icfoil s'opère l'ajustement propre. C'est là un corollaire inériUbtL
Et maintenant examinons ce qui est impliquiî- dsas iMt cela, et qui est très-clair. Si à mesure que les iustîncLî detitsnent de plus en plus élevés, les divers chaagemenla pjjctiques dont ils sont composés en particulier se coordosoeri d'une manière de moins en moins fixe, il doit rcoif ■ moment où leur coordination ne sera plus loiigteai|» parfis tement régulière. Si ces actions réÛeies composées, iaam qu'elles deviennent plus composées, devienneoL aussi DiiB déterminées, il s'ensuit qu'elles deviendront aussi OMp rativement indéterminées. Les actions commeoceroatipall le caractère automatique qui les distingue, et c« qu appelons instinct se perdra graduellement dan» queh)l de plus élevé.
Nous voyous que l'cvoluliou des iostiacts est tovltlk compréhensible. Nous voyons que, si elle est produib^ l'expérience, cette évolution doit procéder du plus tita^* complexe ; et nous voyons que, par uoe progresflial*. ive ainsi, t'iaslioct doitàlafin tciidreàpasser diU* plus élevé d'action psychique ; c'est justement M 1* le voyoni foire dans les animaui supérieur!.