‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 43 sur 67 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

§ 203. Il est clairement impliqué noii-eeolemeot jm b raisonnements contenus dans 1m derniers chapilieSi ■■ aussi par les raisonnements plus généraux développés te les précédentes parties de cet ouvrage, que l'abîme qu'on piin communément entre la raison et rinstinct n'existe pas. la synthèse générale, à son tour, en montrant qu'un aicte inldflectuel quelconque et l'établissement d'une oorrespondiM entre des changements internes et des coexistences et séquences externes, en montrant que ce continuel ajusteneil des relations internes aux relations externes se développe ptf degrés insensibles sous le rapport du temps, de l'espacCi dib spécialité, de la géucralité et de la complexité, tout eela isplique de même que les plus hautes formes de Tactivilé psychique sortent peu à peu des plus basses et que, sd^tiiquement considérées, elles ne peuvent être séparées d'oM manière précise. De sorte que ce n'est pas seulement ladoetri ne récemment énoncée, que le développement de riDielfi* gcnce est, dans tout son cours, déterminé parla répétition dM expériences, qui implique la continuité de la raison et éi rinstinct, mais cette continuité est impliquée dans les doetriues précédemment énoncées.

L'impossibilité d'établir une division réelle entre les dos

peut être clairement démontrée. Si chaque acte instinctif cft

un ajustement de relations internes à des relations extenei,

— ce qu'il est impossible de nier ; si chaque acte rationnel est

niustement de relations internes à des relatioii

externes, — ce qu'il est également impossible de nier, alors toute prétendue distinction entre les deux ne peut avoir d'autre base que quelque différence dans le caractère des relations entre lesquelles l'ajustement est produit. Il faut que, tandis que, dans l'instinct, la correspondance est entre des relations internes et externes qui sont très-simples ou très-générales, dans la raison, la correspondance soit entre les relations internes ou externes qui sont complexes, ou spéciales, ou abs* traites, ou rares. Mais la complexité, la spécialité, l'abstractioDOU la rareté des relations sont entièrement une question de degrés, chacun de ces caratères est susceptible de degrés innombrables par lesquels les extrêmes s'unissent. De la coexistence de deux attributs auxquels correspond quelque simple action réflexe, de quelques groupes de trois, quatre, ^iaq, six, sept attributs coexistants auxquels correspondent ^88 degrés successifs d'action instinctive, nous pouvons mont.«rpas à pas à ces groupes compliqués d'attributs et de rap- X>orts coexistants^ tels que les présente un corps vivant qui ^prouveun sentiment parliculierou quelque désordre physique ^Particulier. Entre les relations dont on a l'expérience à chaque moment et des relations qu'on n'a éprouvées qu'une fois dans sa fie, il y a des relations qui se produisent avec tous les degrés possibles de fréquence. Comment done peut-on fixer qu'un degré particulier de complexité ou de rareté est celui où l'instinct finit et où la raison commence ? Quelqu'un ^rait-il assez absurde pour dire que tant que les phénomènes alternes auxquels répond l'état interne ne contiennent pas plus de vingt éléments, la correspondance est instinctive, mais 9ue si elle en contient vingt et un, la correspondance est ratioDoelle? Quelqu'un serait-il assez absurde pour soutenir que 1^ correspondance est instinctive^ quand les phénomènes externes se produisent une douzaine de fois dans une période donnée, mais que la correspondance est rationnelle, si elle ^e se produit que onze fois? Cependant telles sont les absurque devraient soutenir ceux qui prétendent qu'entre

SlUlUiUiUtS iXKS UlCUlUliC tSV Ut3 lill&UU. iVICIlS Ue^MS IHIUIIU

lution doit être détaillée d*uDe manière plus spéciih § 204. Quand rajustement parfaitement autouurf relations internes aux relations externes se transbra respondance imparfaitement automatique; — quaii respondance dans son progrès s*est avancée des pU les plus simples et les plus fréquents jusqu'à ceui sentent des groupes do rapports d*une complexité cou et dont la production est comparativement rare ; par suite^ la répétition des expériences a été insutBt établir d*une manière absolue une cohésion interne changements sensoriels produits par de tels groui phénomènes de mouvement requis pour adapter l'o à ces groupes ; — quand de tels phénomènes de dm et les impressions qui doivent les accompagner se p simplement à l'état naissant, — alors, par Texcitalioi des agents nerveux affectés^ il se produit une idée de nomènes de mouvements et d'impressions, ou, comi précédemment expliqué, une mémoirç des phénol mouvements produits dans des circonstances seoibl des imoressions oui en ont résulté. Si le nrofirrës fii

sortir de leur état naissant, et quoique, en conséquence, il se produise une certaine hésitation qui continue aussi longtemps que ces eicitations naissantes au mouvement; que ces idées de certaines actions continuent de s'empêcher Tune Tautre, cependant^ dans tous les cas ci-dessus, il finira par arriver qu'une impulsion quelconque prévaudra sur tout le reste. Comme ces diverses tendances motrices qui se combattent^ ne se balanceront presque jamais exactement, la plus forte finira par se traduire en action ; et comme la plus forte sera nécessairement, dans la plupart des cas, celle qui a été le plus uniformément et le plus fréquemment répétée dans l'expérience, inaction doit aussi, dans la plupart des cas, être Tune des Odieux adaptées aux circonstances. Mais une action ainsi produite n'est autre chose qu'une action rationnelle. Chacune des actions que nous appelons rationnelles présente trois phases ^:iactement correspondantes à celles décrites ici : 1*" une cer- ^^oe combinaison d'impressions représentant quelque combi- X^aison de phénomènes à laquelle l'organisme doit être adapté ; ^ l'idée de certaines actions précédemment produites dans ties circonstances semblables, laquelle idée est simplement ^ne excitation naissante des agents nerveux précédemment impliqués dans de telles actions, soit pour les produire^ soit pour être affectés par leur production ; 3*" les actions mêmes qui sont simplement les résultats de l'excitation naissante qui s'élèye à une excitation actuelle. Pour faire mieux comprendre cela, prenons un exemple. Supposons que j'ai une expérience 'épétée de ce fait : qu'en général un chien hargneux s'enfuit quand on lui jette une pierre ou même quand il voit se baister comme il le faut pour ramasser une pierre. Supposons ^ae je sois de nouyeau attaqué par un pareil chien, quels %ont les états psychiques qui en résulteront ? La combinaison ^'impressions produites sur mes sens et l'état de conscience Complexe auquel elles donnent naissance ont été maintes fois Suivis par cette série de phénomènes de mouvement nécespour prendre et jeter une pierre, et par les phénomènes

493 SYNTHÈSE SPÉCULB.

visuels produits par ces aclioas et par la fuite du chien. Vus comme ces états psychiques se sont plusieurs fois suivis Vun TautredaDs Texpérience, ils ont acquis un certain degré de cohésion ; — il y a une certaine tendance des états psychiques produits en moi par le chien hargneux à être suivis par m autres états psychiques qui les ont suivis précédemment, c'està-dire qu'il y a une excitation naissante de l'appareil motev employé aux actes de prendre et de jeter, qu'il y a une eicî> tation naissante de tous les nerfs sensitifs affectés duraot de pareils actes, et, par leur moyeu, il y a une semblable eidtttion naissante des nerfs visuels telle qu'elle résulte de h vue d'un chien qui s'enfuit. En d'autres termes, j'ai les idéa de prendre et de jeter une pierre et de voir un chien s^enfuir,ctf ce que nous appelons idée n*est autre chose qu'une faible ré* pétition des états psychiques causés en nous par des impressions et mouvements actuels, — des excitations partielles des mêmes agents nerveux. Mais qu'arrive-t-il ensuite ?S*il o*ti pas d'impulsion contraire, — si nulle autre idée ou excilatioo partielle ne s'élève, et si les démonstrations agressives du chien produisent sur moi des impressions d'une vivacité adéquate, alors ces excitations partielles se changent en eicitttions complètes, et j'exécute toute la série d'actions précédefliment imaginées. Les phénomènes de mouvement naissint deviennent réels, et la série des progrès requis pour l'ajuiUment des relations internes aux relations externes est complétée. Toutefois c'est là justement, comme nous le voyons, k progrès qui doit nécessairement se produire toutes les fois que, par suite d'une complexité croissante et d'une fréquence décroissante, l'ajustement automatique des relations internes aux relations externes devient tout à fait incertain ou hésitant, et ainsi, ils devient clair que les actes que nous appeloos instinctifs se transforment insensiblement dans les actes que

nous appelons rationnels.

D avant besoin d'un surcroît de preuve, il serait fourni eoQtraire que tout le monde peut attester : c*est 91e

les actes que nous appelons rationnels deviennent automatiques ou instinctifs, par une répétition longtemps continuée. Implicitement, cela a été montré d'une manière plus ou moins complète dans le dernier chapitre, par Teiemple du changement de la mémoire en instinct : les deux faits ne sont que des aspects différents du même fait. Mais quelques exemples, montrant spécialement ce second aspect^ trouveront bien ici leur place. Soient les actes qu'on exécute dans une fonction telle que de se raser ou de mettre une cravate* Chacun se souviendra que, quand il était jeune, il essayait d'abord de donner à ses doigts une direction convenable en regardant leur image reflétée dans une glace, et qu'il était très-embarrassé pour leur imprimer les mouvements requis. Les relations ordinaires entre les impressions visuelles, causées par le raouvement de ses doigts, et les sensations musculaires que produisent ces mouvements, ne les tenant plus pour bonnes, quand il a vu les images de ses doigts reflétées dans la glace, iU été conduite faire des mouvements tout à fait différents de ceux qu'il se proposait; et c'est seulement après s'être mis i examiner avec réflexion quel rapport il y a entre les mouvements et les apparences reflétées qu'alors, produisant Consciemment un certain mouvement en atteute d'une certaine apparence, il s'est rendu lentement maître de la difficulté. Cependant, par une pratique journalière, les impressions et mouvements se sont si bien coordonnés, que maintenant il les produit en étant tout préoccupé d'autres fîhoses ; ils ont plus ou moins complètement passé de l'état rationnel à l'état automatique. Un progrès analogue^ encore plus marqué, se produit chez le micrographe exercé. Tout ce qu^il place sous l'objectif est vu renversé. Tous les ajustements du microscope, tous les mouvements de ses instruments à disséquer, ont été faits dans des directions exactement contraires à celles qu'aurait prescrites un œil non initié à la pratique. Mais, par la pratique, cette manipulation renversée divient aussi facile qu'une manipulation ordinaire ; — il ne

lui est pas plus Décessaire, dans un cas que daûs l'autre, de penser comment il doU mouvoir ses mains. Le caraclère automalique des actions habituelles est clairement prouvé lorsqu'elles se produisent, comme îl arrive souvent, mal 1 propos. Une personne accoutumée journellement à traverser certaines rues qui la conduisenl h quelque endroit d'affaires, trouvera que, lorsqu'elle a l'intention de se diriger ailleurs, il lui arrivera, plongée dans ses réOexions, de suivre la route habituelle, souvent bien au delà du point oii elle aurait it changer de direction : les impressions produites sur elle pu* les objets familiers devant lesqiieb elle passe, sont cause qu'elle fait ses tours el détours ordinaires. La loi se montre encore clairement dans le cas de lecture a haute voix. A l'origioe, la vue des lettres a été suivie de la pensée des sons, et la pensée des sons, des actions vocalts requises pour les produire. Mais la connexion entre les impressions visuelles et les actions vocales, peut devenir si automalique, que, comme tous l'ont observé, 11 est posiiible de Ure à haute voix, phrase à phrase, en étant si pleinement occupé à penser k autre chose, qu'on est tout à fait inconscientdes paroles prononcées et des idées qu'elles signifient. En fait, on trouvera en les considérant que la plus grande partie de nos aciiuns com* muues de chaque jour, — actions dans lesquelles chaque pas & l'origine a été précédé de la conscience des conséquences, et par conséquent a été rationnel, — se sont, par l'habitude, . transformées plus ou moins complètement en aciions automatiques. Les impressions requises étant faites sur nous, Ut mouvements appropries suivent; sans mémoire, raison oc volitioD, ils se mettent en jeu.

§ 205, Ici, une nouvelle explication devient possible. Nou: avons vu que l'acte rationnel sort de l'acte instinctif, toute les fuis que celui-ci devient trop complexe pour être parfui lement automalique. Nous devons remarquer maintenant qu'eu même temps se produit cet ordre de raisonnement qu' ne conduit pas directement à l'action, ce raisonnement par

quel la grande masse des coexisteoces et séquences envi- ^onantes est connue.

Aussitôt que, par suite de l'organisation des expériences, . se produit un pouvoir d'apprécier des impressions d'un aractëre plus complexe ; — aussitôt que les relations compli- {oées de forme^ de couleurs mélangées, de mouvements particuliers...., etc., peuvent être connues dans leur liaison avee les relations plus générales de couleur, position, grandeur, mouvement, alors il est clair que les attributs et relations unis en un groupe, deviennent trop nombreux nonseulement pour être tous présentés mentalement au même instant, mais trop nombreux aussi pour être tous présentés phjuiquement au même instant. Car les mêmes expériences qui ont peu à peu rendu connaissables ces groupes complexes d'attributs, les ont aussi présentés de manières si diverses, que quelquefois une autre partie du groupe a été présentée aui senS; et quelquefois une autre partie; quelquefois tels éléments de la forme et des signes caractéristiques d'un aaiinal, et quelquefois tels autres : chaque expérience^ quoique semblable aux précédentes pour la plupart des cas, a présenté quelques attributs que les autres ne présentaient pas et manqué d'autres attributs qu'elles présentaient. De là résulte V^e, par une telle accumulation d'expériences, chaque agréptioD de phénomènes externes établit dans l'organisme une ^gation correspondante d'états psychiques qui a cette particularité : qu'elle contient plus d'états qu'aucune de ces ûipressions complexes n'en a jamais produit ou n'en pourra jUDais produire. Que résulte-t-il de là? Il doit nécessairement CD résulter que, quand plus tard, par suite de la présentation de l'agrégat des phénomènes externes, certains de ces états psychiques agrégés sont directement produits par les impressions faites sur les sens, divers autres des états psychiques qui oniété agrégés avec eux, — que l'expérience leur a unis, — se t^roduisentàrétat naissant : les idées d'un ou plusieursattributs noo perçus sont suscitées, les attributs non peT^\]L^^QtL\'m\i.Ti%.

496 SYNTHÈSE SPÉCIALB.

Ici, aussi, la vérité de la doctrine éDoncée est confirmée par la vérité bien établie de son contraire. De même que précédemment nous avons vu que, tandis que, d*une ptrt«lei actes instinctifs deviennent rationnels quand, par suite de leur rareté et de leur complexité croissante, ils devieniMrt imparfaitement automatiques, et que, d*autre part, les Êâm rationnels deviennent, par une répétition constante, autoai" tiques ou instinctifs ; de même, ici, nous pouvons voir qie tandis que, d*une part, les intuitions rationnelles se produisent semblablement quand les groupes d*attributs et de relitions connus deviennent tels que leurs impressions ne peuvent être coordonnées simultanément, d*autre part, la intuitions rationnelles, deviennent, par une répétition constante, instinctives ou automatiques. Tous les phénomèoei psychologiques, classés sous le nom de perceptions acquises, sont un exemple de cette vérité. Tous les innombrables ck dans lesquels nous semblons connaître directement les distances, solidité, formes, textures des objets environnaDls,soDt des cas dans lesquels des états psychiques originairemeol correspondants à des attributs séparément perçus, et ïiéi plus tard dans la pensée par des inférences, sont, par noe répétition perpétuelle^ devenus indissolublement unis, et ont ainsi constitué une connaissance rationnelle qui paraît ietuitive.

Ainsi, une solution adéquate nous est fournie parThypothèse expérimentale. La genèse de l'instinct dans ses formes simples, le développement de la mémoire et de la raison qti en sortent et la consolidation des actes et intuitions ratioDoeb en instinctifs, tout cela s'explique également par ce ses! principe : c'est que la cohésion entre des états psychiques est proportionnée à la fréquence avec laquelle la relation eotit les phénomènes externes correspondants a été préseotM dans rexpérience.

§ 306. Mais Thypothèsc expérimentale sufBra«t-elle aossi liquer le progrès des plus basses aux plus hautes foraes

de la raison? Oui. De ce raisonnement du particulier au particulier, — celui des enfants, des animaux domestiques et, en général, des mammifères supérieurs, — au raisonneoaent inductif et déductif, le progrès est semblablement continu etdéterminé de même par Taccumulation des expériences. EtparTaccumuIation des expériences est aussi déterminé le ' progrès tout entier des connaissances humaines, depuis les plus étroites généralisations jusqu'aux généralisations de plus en plus larges.

N'était la préoccupation constante d'établir quelque distinction positive entre l'intelligence de l'animal et celle de l'homme, il serait à peine besoin d*en donner une preuve. En fait, cette vérité est si manifeste que, sous plusieurs de ses aspects, elle n'est mise en doute par personne. Tout le monde admettra que Tenfant, tant qu'il est encore occupé à tirer ces simples inférences qui s'affermissent en perceptions acquises, ne met pas en exercice un plus haut degré de raison que le chien qui reconnaît son nom, les gens du logis, les heures des repas et les jours de la semaine. Tout le monde doit aussi admettre que les étapes que l'enfant parcourt, dans le progrès de son développement, pour s'élever de ces inférences très-simples aux inférences d'une haute complexité que tire l'adulte, sont si bien graduelles, qu'il est impossible de montrer ces étapes successives; nul ne peut dire le jour où, dans une vie humaine, s'est opérée la division qu*on Eait entre les conclusions spéciales et les générales. De là suit que tout le monde est obligé d'admettre que, si la raison d'un enfant n'est pas plus élevée que celle d'un animal domestique (si elle est aussi élevée) , et que si, de la raison de l'enfant à celle de l'homme^ le progrès se fait par degrés insensibles, il y a aussi une série de degrés insensibles par lesquels la raison de la brute devient celle de l'homme. Ët^ de plus, il faut admettre que, si l'assimilation des expériences dont la complexité crott successivement suffit seule au développement de lu nison dans l'être humain individuel, elle doit suffît^

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aussi seule au développemeai de la raison en général. L'argument tiré de l'histoire de la civilisation ou de ia omparaison de différentes races humaines eiistaotes, est également concluant. Qu'il y a uoe immense différence de complexité et d'abstraction entre les raisonnements des aborigènes bretons, saxons et Scandinaves, et les raisonnements des Newton et des Bacon, leurs descendants, c'est une remarque vulgaire. Que le Papou de la Nouvelle-Guioée ne tire et ne peut tirer d'inférences qui approchent en complexité de celles des savants d'Europe, c'est encore là un lieu commun. Cependant personne ne prétond qu'il y a une distinction absolue entre nos facultés et celles de nos loiotaio» anrêtres ou entre les facultés de l'homme civilisé et celles du sauvage. Heureusement, il y a des documents positifs pour montrer que le progrès de la faculté rationnelle vers des conceptions d'une grande complexité et d'une haute générnlité s'est produite à pas lents, — par accroissement naturel. La simple numùralion exist.iit avant Tarithmétiqur-, r.iritbmtiqup avant l'algèbre, l'algèbre avant le calcul infinitt'sinial, et les formes les plus spéciales du calcul iniiiiitesim.il ai.io: ses formes les plus générales La loi de la balance a été trouuc avant la loi plus générale du levier, la loi du levier avant les lois de la composition et de la résolution des forces, crlle?ri avant les lois générales du mouvomiMit. De Tancionne d«- Ir i[ic que la courbe décrite par le soleil, la lune et 1-5 rlinèliîs, est un cercle (figure p irtaitemcnt déterminée- à Ii doctrine enseignée par Kepler, que chaque corps du ^y^tèŒe planétaire décrit une ellipse .figure beaucoup moins déterminée), vi plus tard à la doctrine enseignée par Newton, n^< la courbe décrite par chaque corps céleste est une section conique (^ligure encore moins déterminée), le progrès tr. L'énéralité, en complexité, en abstraction, est manifeste. ^ nombreux exemples de mémo nature sont fournis par la pby* la chimie, la physiologie : tous montrent, comme I< i"A non-seulement le progrès vers des généniii^

tioDS plus larges a été graduel, mais que chaque relation plus générale est devenue connaissable par Texpérience de relations d*un degré moins général. Si donc, dans le développement du progrès humain, nous trouvons Tévidence positive d'un progrès qui va des connaissances rationnelles d'un ordre infé* rieur de généralité à celles d'un ordre supérieur de généralité^ produit seulement par une accumulation d'expériences; si le progrès ainsi produit est aussi grand que celui qui va des plus hautes formes de la raison des brutes aux plus basses formes de la raison des hommes , — ce que nul homme comparant les généralisations d'un Hottentot à celles de Laplace ne voudra nier, — alors c'est une conclusion légitime que l'accumulation des expériences suffit pour rendre compte du progrès qui fait sortir la raison de ses formes les plus simples. La distinction qu'on essaye d'établir entre le raisonnement spécial et le raisonnement général, ne peut être maintenue. La généralité des inférenccs est entièrement une question de degrés; et à moius de soutenir que la raison de l'Européen cultivée est spécifiquement différente de celle de l'enfiaDt ou du sauvage, on ne peut conséquemment soutenir qu'il y a une différence spécifique entre la raison de la brute et celle de Thomme.

§ 207. Pour rendre l'argument tout a fait concluant, il suffit de montrer, par une synthèse spéciale, que l'établissement de chaque généralisation simple ou complexe, concrète ou abstraite, est parfaitement explicable conformément au principe déterminé jusqu'ici. La loi générale que la cohésion des états psychiques est déterminée par la fréquence avec laquelle ils se sont suivis l'un l'autre dans l'expérience, fournit une solution satisfaisante pour les phénomènes psychologiques les plus élevés comme les plus bas ; et, à vrai dire, c'est la loi qui seule peut fournir quelque chose qui ressemble à une solution. En traitant de l'intégraiion des correspondances, on a essayé de montrer que la fori^Jies généralisations les plus élead\xQ% u^ ^\^^t^

500 SYNTHÈSE SPIvCIÂLB.

pas par la méthode de la formation des conDaissances les plus simples ; mais ici» en poursuivant Targument développé dans les précédents chapitres, cela peut être montré ^ précisément.

Comme exemple de généralisation^ prenons la découverte du rapport subsistant entre le développement du système nerveux et le degré d'intelligence. Originairement l'existence n'en était pas connue : on savait que certains animaux ont ploâ ^ sagacité que d'autres ; on savait aussi que certains aoiux ont la tête plus grande que d'autres ; peut*étre queles-uns savaient-ils que les plus grandes têtes contienoeot communément de plus grandes masses d'une matière molle et blanchâtre, mais il n'y avait aucune liaison établie entre ces faits. On voyait dans les animaux intelligents divers antres atrributs caractéristiques outre la grandeur du cerveau : quelques-uns avaient quatre pieds, quelques autres étaient couverts de poil, d'autres avaient des dents. Et l'on vofâl dans les animaux ayant de grand cerveaux d'autres attributs caractéristiques que celui de rinlelligence, tels que forc<\ U»dgévité, viviparité. D'abord donc il n'y avait pas là de raira pour qu'on imaginât une liaison entre le degré de Tinltliigence et le développement du sytcme nerveux. Qu*a-t-il donc fallu pour établir une connexion mentale entre ces deui termes? Rien autre chose qu'une accumulation d'expériecce» ou, comme nous dirons,— une multiplication d'ubservali^ni. Pour qu'on puisse comprendre la raisou de tout ceci f*. >i conformité avec la loi générale, ayons recours aux signe?. Soit A un attribut caractéristique connu^ rintelligenct: soit X, qui représente l'attribut caractéristique inconuu Avu\ dépend Tintelligence, le développement du sytème nerreui On rencontre A avec des variétés nombreuses de grandeur, forme, couleur, structure, complexion, et X coexiste auc telles et telles autres particularités, outre riutelligence. Ctîiqu'il y a un nombre immense de groupes divers d'atimenl a&^ocvé^ avec A et X, et par lea^nebli

relation entre A et X est masquée ; ou, pour continuer avec des signes,— il y a des groupes BCDXLFZA, PLFAQNXY, EDZRXBÀOY, et ainsi de suite, dans des combinaisons sans nombre .Mais maintenant, ayant rappelé la loi universelle que la cohésion des états psychiques est proportionnée au nombre de fois qu'ils ont été liés dans l'expérience,— recherchons ce qui en doit résulter dans les esprits de ceux qui sont continuellement affectés par des groupes d'attributs qui, différant à tous autres égards, se ressemblent en ce qu'ils présentent la relation d'A à X. Comme, dans chacun de ces cas^ la relation d'A à X est constante ; comme la relation d'A à un autre attribut et d'X à un autre attribut n'est pas constante ; comme en conséquence la relation d'A à X se produit plus fréquemment que la relation d'A avec toute autre chose, ou de X avec toute autre chose, il s'ensuit nécessairement, en vertu de la loi générale, que, par une répétition d'expériences, les états psy- 'Jahiques répondant à A et à X deviendront plus liés l'un avec Fautre qu'avec le reste des états psychiques qui se produisent en même temps ; — il se produira donc une tendance de A à rappeler X et de X à rappeler A. C'est-à-dire que A et X en viendront à être liés dans la pensée comme des attributs constamment coexistants : et il se produira cette généralisation que le degré d'intelligence varie avec le développement du système nerveux.

Évidemment, le même raisonnement s'applique à des rapports quelque compliqués et quelque obscurs qu'ils soient. Si enveloppés, si abstraits, si divers que puissent être les phénomènes à généraliser^ si le degré d'intelligence nécessaire pour connaître les termes de la relation commune à cette classe de phénomènes a été déjà atteint, alors les expériences répétées de tels phénomènes établiront inévitablement une généralisation en vertu de cette même loi simple des changements psychiques, que nous avons trouvée suffisante pour expliquer les phénomènes inférieurs de rintelligence.

§ 308. Ici parait l'endroit le plus convenable çouv m^wVc«\

T'OÎ SYNTHÈSE SPÉCULE.

commeDt la doctrine générale qui a été exposée» fournit une récoDciiiation entre Thypothèse expérimentale, comme on l'interprète communément, et l'hypothèse contraire des tran&ceodentalistes ^

La loi universelle que la cohésion des états psychiques est proportionnée à la fréquence avec laquelle ils se sont suivis Tun Tautre dans l'expérience, n'a besoin que d'être complétée

* Dans la première édition, se trouvait ici un paragraphe qui D*ett plu oèceiuiic et qui ne paraît pas pouvoir convenablement être incorporé dans le texte. Il «tut consacré à la croyance en une penèse naturelle des formes organiques opposic a li croyance courante en leur origine surnaturelle. Ce paragraphe, essentiel pour dmi argumentation primitive, est maintenant inutile. Je le mets ici en note pour montrer comment je posais la question de l'origine des espèces, à l'époque où parat la première édition de cet ouvrage (en 1855). C'est avec intention que j*ai reproduit ce paragraphe, sans y rien changer absolument.

Celui qui a lu l'ouvrage jusqu'ici se sera aperçu que l'argument développé dan les divisions synthétiques du livre et beaucoup des arguments spéciaux quiontsenî à l'appuyer, impliquent une adhésion tacite à Thypothèite du progrès, — à l'hjpotLcie que la vie, avec ses manifestations innombrables et infiniment variées, est sortie di commencement le plus bas et le plus simple, par un développement aus^i praduelfie eelui qui fait sortir d*un germe microscopique homugène un orgaiiisnne compicie. Cette adhésion tacite, que le progrès de l'argumentation a rendue plus manirt>teqw je ne supposais d'abord qu'elle pûi le devenir, je n'hésite pas à la confe«&er. >'«, certes, que j'adopte la forme courante de l'hypothèse. Depuis qu*a été nnouTfitc récemment la controverse de (( la loi contre le miracle, b je n'ai cessé de regrfiiff qu'on ait établi la loi d'une manière si malheureuse, — d'une manière complète k:: inconciliable avec les vérités les plus évidentes, et (|ui non-seulement suggèrt m objections insurmontables, mais transfère aux adversaires une vaste série de fnii qui, bien interprétés, parleraient avec une grande force contre eux. Ce n'i->t pat .( lieu de chercher ici de quelle façon la loi peut être établie. H nous suftit d'iiicietr cette opinion : que la vie, sous toutes ses formes, est sorti* d'une évulution (jrv.">sive, continue, et par le moyen immédiat de ce (|ue nous appelons les cau^c» milrelies. J'admets sans difllculté que c'est là une hypothèse; et il e^t probab e i;/c..c ne pourra jumais être autre chose. Je reronnai*^ \uionticrs que. suu» «a fcn.^ i plus acceptable, elle présente encore de sérieuses difficultés : cependant, ti IV. considère l'extrême complexité des phénomènes; la destruction entière des fiib |> mordiaux sur k-squi'ls reposerait la première partie de notre évidence; le rari:t-.*( obscur et fragmentaire de ce qui nous reste ; le man<|ue total d'informations rrl''^vement aux causes infiniment variées et obscures qui ont été à l'œuvre, on ne iii^vera plus étrange qu'il y ait de telles difficultés. Pourtant, quelque imparid^te çj'r f soit, l'évidence en faveur de cette hypothèse me parait bien supérieure a i'ct>;!rfv.f contraire. Sauf pour ceux qui adhiToiit encure au ni\llie hr-br.iii|ue vu j b iltirw des créations spéciales, qui en rsi dériNce, il n'yail'autic aUfrii.t'.ive que ifaiiaL''"' cette hypothèse ou de n'en admettre aucune. L'état neutre, qui riin«i>le i cr ;-<• MdmÊÊÈm d'hypolhèie, ne peul être com^léiemenl gardé qu'auiant que les pmm

par la loi que des successions psychiques habituelles établissent une tendance héréditaire à de pareilles successions qui, si les conditions restent les mêmes, crott de génération en génération^ pour fournir une explication de tous les phénomènes psychiques, et entre autres de ceux appelés a formes de la pensée. » Tout comme nous avons vu que rétablissement de ces actions réflexes composées que nous appelons instincts, est explicable par ce principe^ que les relations internes s'organisent, par une perpétuelle répétition, de façon à correspondre à des relations externes, de même l'établissement de ces relations mentales, stables, indissolubles, instinctives, qui constituent nos idées de temps et d'espace, est explicable par le même principe. Si, même pour des relations externes qu'un seul organisme a éprouvées pendant sa vie, il s^établit des relations internes correspondantes qui sont presque automatiques; — si, dans un individu humain, une combinaison complexe de changements psychiques, comme ceux du sauvage qui tue un oiseau avec une flèche, devient, par une répétition constante, assez organique pour se produire presque sans la pensée des divers actes qu'il y a à exécuter;-—* el si une adresse de cette sorte est tellement transmissiblc que des races particulières d'hommes sont caractérisées par diverses aptitudes qui ne sont rien autre chose que des connexions psychiques qui commencent à devenir organiques, alors, en vertu de la même loi, il doit résulter que, s'il y a de certaines relations qui ont été expérimentées par tous les organismes quels qu'ils soient, — relations qui ont été éprouvées à tout instant pendant la veille, relations éprouvées en même

contraires paraîtront exactement se contre-balancer : mais un tel état est un équilibre instable et qui ne peut que difncilement durer. Pour moi, trouvant qu'il n*y a pas de preuve positive de créations spéciales et qu'il y a quelque preuve potitire d'un progrès, — comme dans l'histoire de la race humaine, dans les modineatimis sobies par un organisme dont les conditions changent, dans le développement de toute créature vivante, — J^adopte cette hyf>othèse jusqu'à f^his ample informé; et je trouve la meilleure raison pour le faire en ce qu'elle apparaît eoninie l'inévitable conelnsiou de nos recherches antérieures, el en ce qu'elle fournit une solution de la eontrovene entre les disciples de Kant et ceux de Locke.

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temps que toute autre expérience, relations qui résultent d'éléments extrêmement simples, relations qui sont absolument constantes, absolument universelles, — il s'établira graduellement dans l'organisme des relations qui sont absolument constantes, absolument universelles. Telles sont les relations de temps et d*cspace. Ces relations étant éprouvées en commun par tous les animaux, l'organisation des relations correspondantes doit s'accumuler non-seulement dans chaque née d'animaux^ mais dans toutes les races successives d*animaux« et doit, en conséquence, devenir plus stable que toute autre. Ces relations étant éprouvées dans chaque acte de chaque animal, elles doivent^ pour cette raison aussi, avoir pour leur répondre des relations internes qui sont, plus que toutes lei autres, indissolubles. Et, de plus, pour la raison qu'elles $oot uniformes, invariables^ incapables de manquer, d'être retournées ou abolies, elles doivent être représentées par des connexions d'idées qui ne peuvent être retournées ni détruites. Étant le substratum de toutes les autres relations externes, elles doivent correspondre à des conceptions qui sont le substratum de toutes les autres relations internes. Étant les éléments constants et infiniment répétés de toute pensée, iU doivent devenir les éléments automatiques de toute pensée, — les éléments de la pensée dont il est impossible de se défaire, — « les formes de l'intuition. »

Telle est, à ce qu'il me semble, la seule conciliation possible entre l'hypothèse expérimentale et l'hypothèse des transcendentalistes : ni l'une ni l'autre n'est soutenable seule. On a déj.^ montré diverses difûcultés insurmontables présentées par la doctrine de Kant, et la doctrine adverse, prise seule, présente des difficultés que je considère comme également insurmontables. S'en tenir à l'assertion inacceptable qu'antérieurement à l'expérience, l'esprit est une table rase, c'e^t ne pas voir le fond même de la question, à savoir, — d*où vient la rganiser les expériences? — d'où proviennent les n degré de cette faculté possédée par diverses

Torganismes et divers iodividus de la même race ? Si, k «aDce, il n'existe rien qu'une réceptivité passive dMm- >ns, pourquoi un cheval ne pourrait-il pas recevoir la éducation qu'un homme ? Si Ton objecte que le lanlit la différence, alors pourquoi le chat et le chien, sou- IX mêmes expériences que leur donne la vie dômesn'arriveraient-ils pas à un degré égal et à une même d'intelligence ? Comprise sous sa forme courante, l'hye expérimentale implique que la présence d'un système tx organisé d'une certaine manière est une circonssans importance, — un fait dont on n'a pas besoin de ompte. Cependant c'est là le fait important par excel- — le fait contre lequel, en un sens, les critiques de z et autres étaient dirigées, — le fait sans lequel une lalion d'expériences est tout à fait inexplicable. Le physte sait très-bien que^ dans le règne animal, en général, es dépendent de la structure nerveuse. Il sait que chalouvement réflexe implique l'intervention de certains » et ganglions ; qu'un développement d'instincts coms est accompagné d'une complication des centres nert des commissures où ils se joignent ; que dans le même 1, à différentes époques, dans la larve et la chrysalide, smple, les instincts changent comme change la struc- Bfveuse, et qu'à mesure que nous avançons vers des IX d'une intelligence élevée, il se produit un grand sèment dans la grandeur et la complexité du système IX. Quelle est l'inférence à tirer clairement de là? N*estque la propriété de coordonner des impressions et d'acr des actes appropriés implique, dans tous les cas, la ttence de certains nerfs arrangés d'une certaine ma- Quel est le sens que nous offre le cerveau humain ? 96 pas que les rapports infiniment nombreux et complile ses parties représentent autant de rapports itahlis hBB changements psychiques ? Chacune des innombraonexteDS entre les fibres de la masse cérébrale t&^^^tv^

à quelque connexion permanente de phénomènes dans la expériences de la race. Tout comme rarrangemenl organiqn qui existe entre les nerfs sensitifs des narines et les nerbiBi» teurs des muscles respiratoires, non-seulement rend possibb Téternument, mais aussi implique qu'il pourra dorénanot» produire, de même les arrangements organiques qui exisM entre les nerfs du cerveau dans J'enfant nouveau-né« DOiseulement rendent possibles certaines combinaisons d'impi» sions en idées composées, mais impliquent aussi que de tella combinaisons se produiront dorénavant; — impliquent qal y a dans le monde extérieur des combinaisons correspoodntes ; — impliquent qu'on est préparé i connaître ces coolînaisons; — impliquent des facultés pour les compreadre.l est vrai que les combinaisons résultant de changements pâfchiques ne s'établissent pas avec la même promptitude et il même précision automatique que la simple action réflexe pris pour exemple; — il est vrai qu'une certaine somme d'eipériences individuelles semble requise pour les ét.iblir. Hak cela est dû en partie au fait que ces combinaisons sont tm* compliquées, extrêmement variées dans leur mode de prodB^ tion, comme telles résultant de relations psychiques moiai complètement cohérentes, qui ont besoin d*être répétées {M devenir parfaites : cela est dû en grande partie encore ■ fait que l'organisation du cerveau est incomplète à la Diifsance, et qu'elle ne cesse pas de se développer pendant lii^ou trente ans après. Ceux qui défendent l'hypothèse qoeli connaissance résulte pleinement de Texpérience de rindÎTida, ignorant que révolution mentale est due au développeoKit propre du système nerveux, tombent dans une erreur afii grande que s'ils voulaient attribuer tout le développemenlii corps à rexercice^ et rien h la tendance innée à prendre li forme adulte. Si l'enfant naissait avec un cerveau qui aonit tout son développement, leurs arguments auraient quel^v lité. Mais, en fait, le développement graduel de llnldfai produit durant VeuCauce et la jeunesse est dû huMiÊf

plus à rachèvemeot de l'organisation du cerveau qu*à l'expérience individuelle : — vérité vraiment prouvée par ce fait : que souvent on découvre chez Tadulte telle faculté dont il est richenaent doué et qui, durant son éducation, n'avait jamais été mise en jeu. Sans doute les expériences individuelles fournissent les matériaux concrets de toute pensée ; sans doute les arrangements organisés et semi-organisés entre les Derfis du cerveau ne peuvent donner aucune connaissance, tant qu'il n'y a pas eu présentation des relations externes auxquelles ils correspondent ; et sans doute les observations et raisonnements journaliers de l'enfant ont pour efTet de faciliter et de fortifier ces obscures connexions nerveuses qui sont eo train de se développer spontanément^ tout comme ses gambades de tous les jours aident à l'accroissement de ses membres. Mais cela est tout à fait différent de dire que son intelligence est complètement produite par ses expériences. C'est là une doctrine tout à fait inadmissible, — une doctrine qui 6te toute signification à la présence du cerveau, — une doctrine qui rend l'idiotisme inexplicable.

Dans ce sens donc, qu'il existe dans le système nerveux certaines relations préalables correspondant à des relations dans le milieu environnant, il y a du vrai dans la doctrine des «formes de l'intuition, » — non le vrai que soutiennent ses défenseurs, mais une vérité d'un ordre parallèle. En correspondance à des relations externes absolues se développent dans le système nerveux des relations internes absolues, — relations qui sont développées avant la naissance, qui sont antérieuresà l'expérience individuelle et indépendantes d'elle, et qui s'établissent d'une manière automatique en même temps que les premières connaissances. Et dans le sens où je Tentends ici, ce ne sont pas seulement ces relations fondamentales qui sont ainsi prédéterminées, mais aussi un grand nombre d'autres relations plus ou moins constantes qui sont Représentées congénitalement par des connexions nerveuses plus ou moins complètes. D'autre part, je soutiens que ces re-

lations internes préétablies, quoique indépendaDtes de l'a* péricnce de Tindividu, ne sont pas indépendantes deTiodépendance en général, mais qu'elles ont été établies par ks expériences accumulées des organismes précédents. Le corot laire de ce qui a été précédemment développé, c'est qai le cerveau représente une infinité d'expériences reçues poh dant l'évolution de la vie en général ; les plus uniformes etki plus fréquentes ont été successivement léguées, intérêt et capital, et elles ont ainsi monté lentement jusqu'à ce haut d^ gré d'intelligence qui est latent dans le cerveau de l'eofaDt,et que dans le cours de sa vie l'enfant exerce^ fortifie en fl^ néral et rend plus complexe, — et qu'il léguera à son tov, avec quelques faibles additions, aux générations futures. B il arrive ainsi que l'Européen vient à avoir vingt ou trok pouces cubes de cerveau de plus que le Papou. Il arrive aifli que des facultés, comme celles de la musique, qui exisMi peine dans les races humaines inférieures, deviennent con;^ nitalcs dans les races supérieures. 11 arrive ain^i^i que de M sauvages incapables de compter au delà du nombre de km doigts, et qui parlent une langue qui ne contieut qutès noms et des verbes, sortent à la longue nos Nevtuo << nos Shakespeare.

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