‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 45 sur 67 · as · texte numérisé non relu

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sortent et résultent les coonaissances les p]us haules par ane composition de perceptions, — par un progrès des relalioDS simples aux relations de relations, et aux relations de relations de relations, de même aussi de ces sensations trèssimples qui forment la plus basse classe de sentiments, les sentiments d'un ordre élevé sortent par une composition de sensations, — par un progrès de sensations simples à celles produites par des groupes de sensations et les rapports qui les unissent, et à celles produites par des groupes de pareils groupes. Et de même que quand les connaissances deviennent plus complexes, les éléments qu'elles impliquent étant trop nombreux pour être tous présents à la fois, il arrive qu'elles deviennent en partie représentatives, et même plus tard quelquefois euliorement représentatives, de même aussi, quand les états émotifs de ta conscience deviennent plus complexes, les cléments qu'ils impliquent devenant trop nom— breuï pour être présents tous à la fois, il arrive qu'ils deviens lient en partie rcprésentatiFs et quelquefois même plus tan entièrement représentatifs. Mais ces affirmations demandeik t h être éclaircies.

Il a été montré de temps en temps, et c'est an fait bien connu de tous eeux qui onL quelque connaissance de la qu«stiou, que, dans le développement de l'intelligence, il y a une consolidation progressive des états de conscience. Des étala de couscieuce séparés, à l'origine, deviennent indissociables. D'autres états qui à l'origine ne s'unissaient que difficilement, deviennent si cohérents qu'ils se suiventl'un l'autre sans effort. Et de là il résulte qu'il se produit de grandes agrégations d'états correspondante des objets extérieurs complexes,— animaux, hommes, édifices,— qui sont si bien mêlés ensemble qu'ils sont pratiquement simples, el qu'ils nous rendent capables de reconnaître de tels objets eitcrieurs complexes en j jetant le plus rapide regard. Et certes, c'est un corollaire inévitable de l'hypothèse expérimentale telle qu'elle a été interprétée dans les précédents chapitres, que ces agrégation», si elles se

forment, se consolideront de plus en plus, et^ en s'unissant Tune à l'autre, produiront des agrégations plus étendues, et ainsi sans fin. Mais un de ces états de conscience composés, en réunissant, comme il le fait^ en un seul état un grand nombre de sensations et de rapports subsistant entre elles, ne les détruit pas en faisant cela. Quoique subordonnées, comme parties d^un tout, elles existent encore chacune en particulier, comme états de conscience. Et étant, chacune en particulier, sous leur forme originale^ des sentimentSj il en résulte que l'état qu'elles composent est un sentiment^ — un sentiment produit par le mélange d'un certain nombre de sentiments moindres. De là le plaisir que cause à Teofant chaque objet nouveau qu'il yoit. De là le plaisir qui accompagne toute espèce de perception, tant qu'elle ne se prolonge pas jusqu'à satiété. Cependant ce plaisir n'accompagne pas seulement la réunion des sensations simples en ces groupes qui constituent la perception des objets, mais il accompagne aussi la fusion de ces groupes en groupes plus étendus. Quand des états de conscience composés, tels que ceux qui correspondent à des objets complexes individuels, se sont suffisamment consolidés, alors, s'il arrive que dans le cercle de rexpérience journalière, il y a un assemblage constant de pareils objets (comme ceux qui distinguent une localité particulière), il en résulte que ces états composés se consolident de manière à former un agrégat d'états encore plus large : les sentiments produits chacun en particulier par ces états composés se fondent à leur tour dans un sentiment plus complexe^ — sentiment qui est produit par notre présence dans cette localité, et constitue ainsi un goût pour cette localité. Et alors de Tunion de cet état de conscience Complexe avec certains autres également complexes, tels que Ceui impliqués dans les rapports domestiques, il résuite un état de conscience encore plus complexe qui répond à Tidéc % pays, » et le sentiment qui constitue cet état de conscience, nous l'appelons « amour du pays. » Mais maintenant remarcjuoDS qu'aussitôt que ces ét£^ts de conscience composés, dans

514 SYiYrHÈSB SPÉCIALB.

sortent et résultent les connaissances les plus hautes par une composition de perceptions, — par un progrès des relaiiom simples aux relations de relations, et aux relatioDS de relations de relations, de même aussi de ces sensations trissimples qui forment la plus basse classe de seotimento» lei sentiments d*un ordre élevé sortent par une coaiposition de sensations, — par un progrès de sensations simples à celh produites par des groupes de sensations et les rapports qoi les unissent^ et à celles produites par des groupes de pareils groupes. Et de même que quand les connaissances deyiennent plus complexes^ les éléments qu'elles impliquent étant trop nombreux pour être tous présents à la fois^ il arrive qu*ellei deviennent en partie représentatives, et même plus tui quelquefois entièrement représentatives, de même ausô, quand lés états émotifs de la conscience deviennent plui complexes, les éléments qu'ils impliquent devenant trop nom* breux pour être présents tous à la fois, il arrive qu'ils déviesneut en partie représentatifs et quelquefois même plus tard entièrement représentatifs. Mais ces affirmations demaodeol à être éclaircies*

Il a été montré de temps en temps, et c'est un fait biei connu de tous ceux qui ont quelque connaissance de la qutt tiou, que, dans le développement de l'intelligence, il y a w consolidation progressive des états de conscience. Desétatsè conscicace séparés, à Torigine, deviennent indissociables D'autres états qui à l'origine ne s'unissaient que difficilemeiii deviennent si cohérents qu'ils se suiventl'un l'autre sansefioft Et de là il résulte qu'il se produit de grandes agréga d'états correspondant à des objets extérieurs complexes, animaux^ hommes, édifices,— qui sont si bien mêlés ensem qu'ils sont pratiquement simples, et qu'ils nous rendent ca| blés de reconnaître de tels objets extérieurs complexes tn jetant le plus rapide regard. Et certes^ c'est un corollaire io table de l'hypothèse expérimentale telle qu'elle a été interpi da ftdeute c\ia^\Vi:^%) ^w^ ces agrégations, si ellci

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ippelons «amour du pays.» Mais maintenant remar-

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leur ascension progressive, scot devenus, cbacuD co particulier, pratiquement simples, par suite de la eombiuisoa étroite de leurs éléments; aussitôt ils commenceot i joser le même rûle dans les fonctions mentales que les états tîaples. Et de là rcsulle que la loi d'antagonisme, précédemBWflt décrite, entre la perception et ta sensation existe aussi «Dtn h connaissance et le sentiment en général. De même quenw avons vu que la continuation d'une sensation est ioconciliiUt avec la production d'un changement, et que par suite la OBscience des changement!^ ou des rapports entre les seoeatiaDl est en opposition avec la conscience des sensations, de attat aussi ildoit arriverqu'à mesure qu'un état de conscience ccfflplexe se fond en un seul, sa continuation doit être eu oppas* tion avec la production d'un changement amenant quelqai autre état pareil, — c'est-à-dire doit être en opposition anc l'établissement d'un rapport entre l'objet qui cause cet M composé et quelque autre objet, c'est-à-dire doit éln M désaccord avec la connaissance. Et de là ce fait qu'aurod remarqué tontes les personnes qui ont un penchant à Timtlyse, c'est qu'à mesure qu'elles rcllëchissent sur le pbisr qu'elles reçoivent, — spéculent sur la cause ou en sounMtUal l'objet à la critique, dans la môme mesure aussi le pUor cesse.

Ces diverses expositions ayant, je pense, assez claireiKOi montré que l'élément intellectuel et l'élément émolioniel 4> l'esprit sont inséparables, ayant montré qu'ils ae soot ^ des aspects différents du môme développement, et qu'aiaà <• peut s'attendre à les voir sortir de la m£me source et dch même manière, nous pouvons mainteouit passer à Pétoéi synthétique des sentiments.

^ -:t-2. TantquelesactionssontparraitementaulomatiiiMt. Il -I iiii[i:< lit n'existe pas. Nous eu avons plusieurs prfnw. Nous i^ii .^vons une preuve en ce que, chez tas aoîmaai tpi induisent de la manière la plus notable des actes eetix-cï &*ei«cu\«QV \nu^ wi^sl bien quaad k)

centre nerveux a été enlevé. Nous en avons une preuve en ce que les actions qui, chez nous-mêmes, sont entièrement automatiques, — qui ne sont à aucun degré soumises au contrûle de la volonté, ne sont pas accompagnées de sentiment : par exemple, le mode d'action des viscères dans leur état normal. Et nous en avons une autre preuve en ce que les actions qui en nous-mêmes sont en partie volontaires^ en partie réflexes, — comme celle qui consiste à tirer le pied d'une eau bouillante, — et qui, tant qu'elles sont accompagnées de sentiment, sont accompagnées de volonté^ manifestent un caractère automatique beaucoup plus fort quand le sentiment disparaît : quand^ par suite d'une lésion des nerfs sensitifs, il y a perte entière de la sensibilité dans un membre, la plus légère excitation» fût-ce d'une plume, produit des mouvements réflexes qui sont beaucoup plus violents que ceux produits dans un membre qui a conservé sa sensibilité.

Ce fait général de l'antagonisme de l'action automatique et du sentiment sera encore mieux compris, si Ton remarque que le sentiment implique nécessairement une certaine continuité de quelque état psychique. Être conscient d'un sentiment, c*est être dans l'état de conscience représenté par le nom de ce sentiment. Mais être dans un état de conscience appréciable comme tel, implique une certaine durée de cet état. Â mesure qu'un état est grandement prolongé, — à mesure qu'il occupe plus longtemps la conscience, à mesure aussi il devient un sentiment distinct ; et à mesure qu'un état de conscience est grandement diminué, — à mesure qu'il fait de plus en plus maigre figure dans la chaîne des états de conscience, à mesure aussi il doit sortir de la conscience, à mesure aussi il cesse d'être senti. Celte constatation est, en fait, un truism. Dire qu'un état de conscience a une continuité considérable, c'est dire qu'il est un élément de conscience distinct, ce qui est la même chose qu'être, connu ou senti. Dire qu'il a à peine quelque continuité, c'est dire qu'il forme dans la conscience un élément à peine perceptible, ce qui est la même clvo^^c^^^^Vx^

à peine senti ou connu. Et dire qu^un état de cooscieDce ii*a pas de durée appréciable, c'est dire qu'il ne forme aucun élément de la conscience, ce qui est la même chose que de dire qu'il n'est ni connu ni senti. S'il y avait besoin de con* iirmation sur ce sujet, on en trouverait dans cette expérienee usuelle : que chaque espèce de sensation ou d'émotion implique durée. Rien ne peut être goûté ni flairé en un instant. Un regard d'un moment jeté sur une belle couleur ne suffit pii à nous donner la sensation de plaisir produite par une telle couleur, mais simplement à nous faire savoir quelle couleur c'était. La beautéd'un son ne peut être appréciée que s'il auD€ certaine persistance. Et pour toutes les émotions plus complexes produites par la musique, un paysage, la poésie ou les arts, il est nécessaire que les choses qui les produisent aieil quelque stabilité. Il s'ensuit donc que, quand une série de changements psychiques se produit en un instant^ on ne sent pas les divers états psychiques qui forment les antécédents et les conséquents des changements ; et plus la consolidatioo d'une série de changem(?nts psychiques est poussée loin, plus l'absence de sentiment doit être complète. Mais les séries de changements complètement consolidés, ce sont les chaoeemcnts automatiques. Les changements automatiques sooi ceux dont les éléments sont absolument cohérents, — sont pntiqucment fondus en un changement unique : si bien fondu» qu'aussitôt qu'une composante du groupe se produit, le reste se produit instantanément. Et de la résulte que, quand te actions psychiques sont parfaitement automatiques, il n'y i pas de sentiment.

Une entière absence de mémoire et de raison est donc accompagriée d'une entière absence de sentiment; el k même progrès qui donne naissance à la mémoire et à la raison donne en mi'^mc temps naissance au sentiment. Car quelle» cir^Anstances avons-nous trouvées qui déterminent la naissance i^moire et de la raison ? Nous avons trouvé que - \tOÊ le cours de l'évolution générale de la vie, la cor*

respondance a atteint un degré considérable de complexité ; -* quand rajustement des relations internes aux relations externes commence à embrasser des groupes de relations externes comparativement compliqués et rares; — quand, par 8i)ite» les groupes correspondants de relations internes sont composés de beaucoup d'éléments dont plusieurs ne sont pas souvent répétés dans l'expérience ; — quand donc il se produit des groupes de relations internes dont les composantes sont imparfaitement cohérentes ; — quand, parmi les changements psychiques, se produisent des tendances contraires et que chacun en particulier peut naître avant que les autres se produisent ; — quand ainsi se produisent des actions automatiques, hésitantes et imparfaites, alors la mémoire et la raison naissent à la fois. Cesser d'être automatique et devenir rationnel, c*est, comme nous l'avons vu, la même chose. En outre, nous avons vu que quand des changements psychiques sont parfaitement automatiques, ils sont sans sentiment. Nous avons vu que Texistence du sentiment implique des états psychiques qui aient quelque persistance, — qui ne se succèdent pas instantanément. Et des états qui ne se succèdent pas instantanément^ résultent de la cessation de l'action automatique : la cessation de l'action automatique est la production dans les centres nerveux de certains états qui ne sont pas immédiatement suivis de phénomènes de mouvement appropriés, — d'états qui ont une certaine persistance. Ainsi donc, quand les changements psychiques deviennent trop compliqués pour être parfaitement automatiques, ils commencent à devenir sensitifs. Mémoire, raison et sentiment naissent en même temps. Et ce n'est pas simplement parce qu'ils naissent tous que l'action automatique cesse, mais c'est que leur naissance et la cessation de l'acte automatique, c*est une seule et même chose, — ce sont divers aspects du même progrès.

Une solide confirmation de l'opinion émise, parallèle aux confirmations données dans les précédents chapitres, nous

520 SYNTHÈSE SI'ÉCIALK.

est fouroie par ce fait, qu'en Dous-mëmes, des foDctioos ptj* chiqups qui jadis s' accom plissaient lentement et étaient khin accompagnées de sentimeut, deviennent, par de nombreain rcpélilions, non-seulement automatiques, mais ÎDdîfférenli^ et nVxcitent aucun sentiment. Cela se produit égalemcsl, que les sentiments qui accompagnent l'acte soient d'iiUeon agréables ou désagréables. L'enfant qui épèlc ea k^a éprouve un sentiment d'effort plus ou moins désagriaUe; mais, chez l'adulte, la prononciation des mots est qq «de complètement dépourvu d'émotion. Apprendre uoe bagw nouvelle demande un travail plus ou moins péaibie; et la premiers essais pour la parler amènent bientôt ia faligu; mais, après une pratique suflisante, on la parle avec nat entière indifférence. Et sans multiplier les exemples, je pu alléguer la vérité générale: que l'habitude rend aisées kl actions qui jadis étaient ditGciles, pour montrer que notn loi se maintient, vu que, appeler une action diffictte, c'ot, en une certaine mesure, exprimer qu'elle est pénible, et qv quand elle devient aisée, elle cesse d'être pénible. D'antR part, dans la vérité également générale : que l'habitude pn* duit la satiété, — que l'aiguillon s'émousse dans toute espèoi déplaisir, à mesure qu'il devient habituel, nous trourou Ac même des eiemples en faveur de notre loi. Les objets k> plus communs causent du plaisir à l'enfant, tant que 1«< qnlités qu'ils présentent sont nouvelles pour lui ; mais, dès qot, par une répétition constante, ces impressions complet» K consolident en connaissance parfaite des objets, — deTtenotai liées ensemble d'une manière si automatique que le pte rapide regard suflit à mettre devant l'esprit tous les alttâiill et rapports unis ensemble, — aussitôt les objets driJinirt indifférents. Durant l'enfance, k jeunesse et l'Age viril, b même fait se manifeste journellement. Les groupe* fox^ répétés dt changements psychiques deviennent ini

jfielsme constamment ceux qu'on n'a pas encan ' Dqu'oo D'à écroulés (\ue peu. El nooapotmmi

SKNTIMKNTS. h'2[

retrouver des traces de notre loi dans ce fait : que des choses pour lesquelles nous sommes devenus indifférents, reprennent leur attrait quand on a cessé d'en user pendant un certaia intervalle : — la musique, les amis, le pays, nous agréent dayantage après une absence, vu que comme, par une répétition journalière, tout groupe de changements psychiques approche de plus en plus de Tétat automatique, de même, par une cessation complète de la répétition journalière, ils commencent à perdre quelque chose de ce caractère automatique qu'ils ont acquis.

Ainsi, de même que nous avons trouve que non-seulement la mémoire et la raison naissent quand les changements cessent d'être automatiques, mais que, si elles se sont déjà produites, elles disparaissent quand les changements psychiques deviennent automatiques par une constante répétition, de même nous trouvons que le sentiment non-seulement natt dans les mêmes conditions, mais cesse aussi dans les mêmes conditions.

Considérons cependant d'un peu plus près la genèse des sentiments plus complexes.

§ 213. Lorsqu'il vient à se produire des cas où deux groupes complexes de relations externes qui sont fort semblables, ont été suivis dans l'expérience par des phénomènes de mouvements différents, et lorsque, par suite, il se produit, par la présentation d'un de ces groupes, un conflit entre les deux séries de phénomènes de mouvement qui se produisent chacune à l'état naissant, mais que leur antagonisme mutuel empêche de se produire en même temps, alors, tandis qu'une de ces séries naissantes de phénomènes de mouvement et d'impressions qui l'accompagnent habituellement, constitue ia mémoire de pareils phénomènes de mouvement précédem- Qaent accomplis et d'impressions reçues précédemment; tandis que se constitue aussi une prévision de Tactc approprié à l^occasion nouvelle, une prescience rationnelle des consé- C|uenGes, — il se constitue de plus le déHr d'accomplir l'ac-

522 SYNTHIÏSE SPÉCIALE.

lion, l'impulsion qui y pousse. Pour coDliouer l'i précédemmeat employé, — supposons que )e sujet ihi|h^ Domëne psychique que nous étudions ait eu, par i l'eipérience de deui animaux un peu semblables en cou taille et contour, mais dont il mange l'un, tandis que I' est un dangereux ennemi. L'impression complexe par l'ennemi a été suivie dans l'expérience par des de certaines actions défensives, peut-être par certains crû il même par un combat. Celle produite par l'aninial qui itn èi proie a été suivie dans l'expérience par des actes d'attaque d de poursuite, par l'usage de ses dents et de ses grifo^tf finalement par l'acte de mettre en pièces et d'avaler. HÛM deux impressions complexes, ayant, comme nous l'aioiitt précédemment, beaucoup d'éléments en commua, ItiDJMl, en tant qu'elles se ressemblent, à exciter l'une ou l'antità ces deux séries de changements psychiques; el quaodrii de ces animaux est aperçu, chaque série naît selon qat Mk l'impression produite. A un moment, les actions défenstW) les cris, les mouvements pour fuir, qui précidemmBOt Ni suivi quelque impression pareille à celle reçue, tendeotia produire; bu moment d'après, un changement doiu la pa>tion de l'animal change l'impression, et fait naître enpartii les états psychiques impliqués dans l'acte de poursuiTre^titoquer, mettre en pièces el dévorer. Mais l'une ou l'aDlnA ces excitations partielles, qu'est-elle ? Ce n'est rira nO* chose qu'une impulsion, une émotion, un sentiioeiil, M désir. Ressentir à un faible degré ces états psychiqmfi accompagnent une blessure reçue, ces états qui se tradllMI par des cris, ceux qu'on éprouve durant un combat, c'MtAn dans l'état que nous appelons peur. Et ressentir à uo biUi degré les étals psychiques impliqués dans les actes de pntdre, tuer et manger, c'est avoir le désir de preadre, toer^ manger. 11 est clairement prouvé par le langage oalardiB passions que le penchant à produire certain acte o'eft itN jiose (^ue Ve\CrVl&Uoa nûssanle des étab

impliqués dans cet acte. La craiote, quand elle est forte, se traduit par des cris, des efforts pour se cacher et fuir, des palpitations et des tremblements ; et ce sont là justement les manifestations qui accompagneraient une expérience actuelle du mal qu*on craint. Les passions qui tendent à détruire se manifestent par une tension générale du système musculaire, un grincement des dents, un avancement des griffes, une dilatation des yeux et des narines, des grognements; et c'est là^ sous une forme affaiblie, ce qui accompagne l'acte de mettre à mort une proie. A cette évidence objective^ chacun peut ajouter quelque évidence objective qui provient de sa propre expérience. Chacun peut témoigner que Tétat psychique que nous appelons peur résulte de la représentation mentale de certains états pénibles ; que celui que nous appelons colère résulte de la représentation des actions et impressions qui se produiraient si nous infligions châtiment sur châtiment, — en d'autres termes^ que ces passions sont des excitations partielles des états impliqués dans Tacte de recevoir ou d'infliger du mal. Et il en est de même pour toutes les passions en général.

On pourra peut-être objecter que décrire le groupe naissant des changements psychiques produit par quelque impression Complexe, comme constituant à la fois une mémoire des changements psychiques qui ont suivi cette impression, et un désir de les produire de nouveau, c'est là une absurdité^ vu que la matière de la mémoire est dans le passé, et celle du désir dans Tavenir. La réponse à cette objection, c'est que, quoique, quand un haut degré d'intelligence a été atteint^ ces changements naissants soient accompagnés de la conscience d'an temps passé et d'un futur, et en arrivent ainsi à différer d'aspect , cependant, à cette période ou l'action automatique Va se perdre dans des formes plus hautes d'action^ il n'existe as de conception abstraite telle que celle du temps, et qu'une telle qualité d'aspect ne peut se produire dans ces groupes de changements psychiques naissants. Une seconde réponse, c'est

que, même dans notre état actuel^ un groupe de changements psychiques naissants, quel que soit le nombre de bis qu'ils ont été représentés dans la conscience comme futurs, n*en sont pas moins en même temps rétrospectifs, yu qalls ne peuvent absolument pas être représentés, à moins qulb n*aientété précédemment présents dans Texpérience : et h représentation de ces états est la même chose que leur mémoire.

§ S14. Le progrès du sentiment de ces formes initiales 1 ces formes compliquées qui se manifestent dans les étra humains, est également en harmonie avec les principes gêne raux d'évolution qui ont été établis. Se produisant, comme! le fait, quand les actes automatiques, par suite d^une conplexité croissante et d'une fréquence décroissante, devienDest hésitants, et ne comprennent, comme il le fait alors, rien de plus que le groupe de sensations reçues etles naissants phénomènes de mouvement qu'elles ont éveillés, le sentiment, pas à pas, se développe en agrégats d^états psychiques piu larges et plus varies, — tantôt purement impressionnel, tanUc' impressionnai ou idéal à l'étot naissant ; tantôt purement moteur, tantôt moteur à l'état naissant^ mais trôs-^ouieot réunissant dans une combinaison unique des improssiûs» immédiates et les idées d'autres impressions avec des aotioDS immédiates et les idées d'autres actions. Et celte furmiiioD d'agrégats d'états psychiques plus étendus et plus vrie» résulte nécessairement des cohésions accumulées d't.iti psychiques qui sont liés dans Texpérience. Tout coounc nous avons vu que le progrès des formes les plus simpkf de la connaissance aux plus complexes, peut s'expliquer pirk principe que les relations externes produisent les relaiivU internes, de même nous verrons que le même principe fournit l'explication du progrès des sentiments les plus simples aiu plus complexes.

and le développement de la vie a atteint cette pt- |a fois décrite où les actions automatiques se tnns-

ment en actions qui sont à la fois conscientes^ rationnelles émotionnelles, quel doit être Teffet des expériences ultéures? L'effet doit être que si, en connexion avec un groupe mpressions et de phénomènes de mouvement naissants qui

résultent, on éprouve habituellement quelque autre im- ^on ou phénomène de mouvement, celle-ci, par le progrès

temps, deviendra si bien liée au groupe, qu'elle nattra ssi quand le groupe nattra, ou fera nattre le groupe quand B-méme sera produite. Si, avec Tacte de se précipiter sur e proie et de la saisir, a toujours été expérimentée une rtaine odeur, la présentation de cette odeur fera nattre les énomènes de mouvement et les impressions qui accompaent Tacte de se précipiter et de saisir une proie. Si les phémènes de mouvement et les impressions qui accompagnent cte de saisir une proie ont été habituellement suivis par les >r8ures, combats et grognements qui accompagnent la desiclion de la proie, alors, quand les premiers se produiront [*état naissant, ils feront nattre, à leur tour, les états psyiques qu'impliquent les morsures, les combats^ les grognemts. Et si ceux-ci ont été de même suivis par les états fchiques impliqués dans Tacte de manger, alors ces dersrs, à leur tour, se produiront à Tétat naissatit. Ainsi la ople sensation de l'odorat fera naître ces états de consmce nombreux et variés qui accompagnent les actes de se teipiter, saisir, tuer et dévorer la proie. Les sensations de Yue, de l'oreille, du tact, de l'odorat, du goût, des mus- », qui accompagnent constamment les phases successives ces actions, seront toutes partiellement excitées en même nps^ — seront présentes à la conscience comme ce que 08 appelons des idées^ — constitueront par leur réunion les sire de prendre, tuer et dévorer, — et formeront, conjoinnent avec cette sensation de l'odorat qui a tout fait nattre, opulsion au mouvement qui mettra les membres à la pourite de la proie. Évidemment, la genèse entière de ces senlents complexes résulte de complications &UfiQ«>mH^^ 4a:^%

les groupes d*états psychiques qui sont coordonnés ; et cela est tout aussi bien déterminé par Texpérience que ruoioi de deux sensations simples qui se produisent ensemble covtamment.

Non-seulement on peut expliquer ainsi ces émotions qii excitent immédiatement à Faction, mais la même expUealin s'applique aux émotions qui laissent le sujet qui les épitMiic comparativement passif : par exemple, Témotiou prodmU par un beau paysage. La complexité graduellement croissule des groupes de sensations et d'idées coordonnées finit parie coordonner en ces vastes agrégats de sensations et à'iàm, tels qu'un grandiose paysage en excite et en suggère. Placei un petit enfant au milieu de grandes montagnes, il y resle tout à fait insensible ; mais il ressent du plaisir du petit groupe d'attributs et de relations que lui offre un joujou. L'ei> fant plus âgé peut apprécier^ et avec plaisir, les relations |te compliquées qu'offrent les objets de sa maison, de soo » droit ; le jardin, le champ^ la rue. Mais c'est seulement dan$Ie jeunesse et l'âge mûr^ quand les objets individuels et les petili assemblages qu'ils forment sont devenus familiers et peivent être connus d'une manière automatique, c*est alors que ces immenses assemblages que présentent les paysages peuvent ôtre saisis d'une manière complète, et qu'on peut êproaver ces états de conscience qu'ils produisent et dont Tamntion est si compliquée. Alors les divers petits groupes dVtus qui, aux premiers jours de la vie, furent produiti^ par 1« arbres, les champs, les rivièros, les cascades, les rocs, ies précipices, les montagnes, les nuages, s'éveillent ensemble. En même temps que les sensations immédiatement remues, il y a les myriades de sensations causées, dans les temps passés, par des objets semblables à ceux qu'on a sous les yeux, qui sont partiellement excitées; de plus, sont m^i DArtieliemcnt excités ces divers sentimi*nts accidentels q-i i éprouvés dans ces innombrables occasions du teop» r 4lifiii il s'éveiU^ aussi ^probablement certaines tm^

naisoDS d*états plus profondes, mais maintenant vagues^ qui nistaient à Tétat organique dans la race humaine, aux temps barbares, quand toute son activité pour le plaisir se déployait nirtout au milieu des bois et des eaux. Et c*est de ces excitatioDS, dont quelques-unes sont actuelles, mais dont la plupart lODt à Tétat naissant, que se compose Témotion qu*un beau paysage produit en nous.

§ 215. Un des nombreux corollaires résultant des doctrines pfécédentes, c*est que, toutes autres choses égales^ les émotions sont fortes à proportion qu'elles renferment un plus {rand nombre de sensations actuelles, de sensations naissantes m des deux. Comme chacun des états de conscience élémenaires, agrégés ensemble de la manière décrite plus haut, est I rorigine un sentiment de telle ou telle espèce ; comme la soDSolidation progressive des groupes de pareils états^ quoi- [0*eUe tende de plus en plus à restreindre les états élémen- ■ires^ ne parvient cependant jamais à les effacer complétenent; et comme, par conséquent, chacun de ces états iémeotaires reste en définitive un sentiment, quoiqu*il n'ait (■'une valeur infinitésimale, il s'ensuit que plus sera grande 'accumulation de ces éléments infinitésimaux du sentiment, ilos aussi la somme totale du sentiment éprouvé doit être irande. Et, en fait^ c'est justement ce que nous trouvons. La wce d*un sentiment est de deux sortes : celle qui résulte d'une sdtation intense de peu de nerfs et celle qui résulte d'une %ère excitation de beaucoup de nerfs. Ainsi, d'une part> on 16 peut tenir le bout du doigt dans l'eau bouillante sans reseDtir une sensation insupportable ; et d'autre part, quoiqu'il l'y ait pas de difficulté à tenir le bout du doigt dans une eau 100* Farenheit, il se produit cependant une sensation insuportable, si le corps tout entier est plongé dans une eau à cette rmpéralure : d'oii il est manifeste que l'excitation modérée de ma les nerfs distribués sur la surface du corps est équivalente 1 effet à l'excitation extrême d'un petit nombre d'entre eux. B môme, quoiqu'on ne puisse distinguer uû^ cQM\ft\yc \x^%-

faible qui ne couvre qu'une très-pelite surface, on aisément la mâme couleur quand elle couvre une Urge face. Et cette vérité, qui s'applique aux sensalïODS s'applique aussi à ces sensations naissantes qui, agrégéviM forme de groupes d'idées, constituent les émoliaof : Hh paraîtra manifeste si l'on se rappelle comment tcsactioAiiMt coDtinuellemeut déterminées par des accumulations de molifc, c'est-à-dire par une accumulation de sentiments nai:«4nU.

Ce corrollaire en a un second, avec une restriclioD qvte fera plus loin : il est vrai que plus l'évolution est éleTi-e.pia les émotions sont fortes. Car, comme les émotions de plnii plus complexes résultent de l'intégraliou de pareils gTMfs de sensations actuelles et naissantes, le résultat total éi devenir de plus en plue grand.

Comme exemple remarquable de celte vérité, je pmt dhr la passion qui unit les seies. D'ordinaire, quoique bien 4 tort, on en parle comme d'un sentiment simple, tandis qu'en Uît, c'est le plus composé, et par conséquent le plus puîesâal ii tous les sentiments. Aux éléments purement physiques ^'9 renferme, il faut ajouter d'abord ces imprc&sioos très-enpleies produites par la beauté d'une persoDoe, et aulqurtoquelles sont groupées un grand nombre d'idées sgréiyc^B en elles-mêmes ne constituent pas le sentiment de l'aaMl, mais qui ont une relation organique avec ce senliniFDt. Afick s'ajoute le sentiment complexe que nous nommoag aftt^Ê». — eenlimeol qui, pouvant exister entre des personi»* i» mûme sexe, doit être regardé en lui-même comme un sentiment indépendant, mais qui atteint sa plus haute activité enlR des amants. Il y a aussi le sentiment d'ndmirafiim, rapcd ou vénération, qui en lui-même a un pouvoir coosidéiabkil , dans le cas actuel, devient actif à un trèt-haut dap<> a il faut ajouter le sentiment que les phréoolugisteiMl é amour de t'apiirobatioa. Qujnd un se voit prèfèniMI , et cela par quelqu'un qu'on admire pluiqncM* \t VamouT de l'aççTobationeït satisfait k un degréf*

dépasse toutes les expériences antérieures, spécialement lorsqu'à cette satisfaction directe, il faut joindre la satisfaction indirecte qui résulte de ce que cette préférence est attestée par des indifférents. De plus, il y a aussi un sentiment voisin du précédent, celui de Yestime de soi. Avoir réussi à gagner un tel attachement de la part d'un autre^ le dominer, c'est une preuve pratique de puissance, de supériorité, qui ne peut manquer d'eiciter agréablement « Tamour-propre. p De plus, lesentimentde la possession a sa part dans l'activité générale, fl y a un plaisir de possession ; les deux amants s'appartien- Denl l'un à l'autre, — se réclament mutuellement comme une espèce de propriété. En sus, dans le sentiment de l'amour est impliquée une grande liberté d'action. A l'égard des autres personnes^ notre conduite doit être contenue, car autour de chacun il y a certaines limites délicates qu'on ne peut dépasser, — il y a une individualité dans laquelle nul ne peut pénétrer. Mais dans le cas actuel, les barrières sont renversées, le libre usage de l'individualité d'un autre nous est concédé^ et ainsi est satisfait l'amour d'une activité sans limites. Finalement il y a une exaltation de la sympathie, le plaisir purement personnel est doublé en étant partagé avec un autre, et les plaisirs d'un autre sont ajoutés à nos plaisirs purement personnels. Ainsi, autour du sentiment physique^ qui forme le Doyau du tout, sont rassemblés les sentiments produits par la beauté personnelle, ceux qui constituent le simple attachement, le respect, l'amour de l'approbation, l'amour-propre, l'amour de la possession, l'amour de la liberté^ la sympathie. Tous ces sentiments excités chacun au plus haut degré, et tendant chacun en particulier à réfléchir son excitation sur chaque autre, forment Tétat psychique composé que nous appelons amour. Et comme chacun de ces sentiments est en lui-même trèscomplexe, ou qu'il réunit une grande quantité d'états de conscience, nous pouvons dire que cette passion fond en un agrégat immense presque toutes les excitations élémentaires dont nous sommes capables, et que de là résulte sonçovxNOU \Yt^*^^s^M&.

530 SYNTHÈSE SPÉCIALR.

Mais révoUuion progressive des émotions très-compleies et très-puissantes, produit d'autres émotions que celles qui naissent de la simple réunion de vastes groupes d*états psychiques en groupes plus vastes encore : celles-ci correspondent i ces connexions qui, dans le milieu environnant^ réunissent en plus larges groupes de phénomènes les groupes déjà larges des phénomènes habituels de coexistence ou de séquence. Il y a en même temps^ et comme résultat de la même cause, une évolution d'émotions qui sont non-seulement plus compleies, mais aussi plus abstraites. L'amour de la propriété nous eo fournit un exemple. Quand l'intelligeDce est assez développée pour que le temps et le lieu soient à quelque degré conoaiisables, et quand la faim revenant fait natlre ces états psychiques qui accompagnent l'acte de manger, nous pouvons oooi rappeler avoir laissé dans une certaine place un morceau de nourriture, surplus de ce qu'on pouvait manger en une fois; par une répétition de ces expériences de faim rassasiée et de faim qui se reproduit subséquemment^ et suggère unretoor vers le reste de nourriture, il s'établira une conneiiofl organique entre la conscience de ce reste de nourriture et le» divers états de conscience que produit notre retour à lui; iU constituera ainsi un retour anticipé vers lui, — une tendance à accomplir toutes les actions qui accompagnent un retour vers lui, lorsqu'elles ne sont pas empêchées par la satiété présente, — par conséquent une tendance à en prendre po»se?' sion. Par un procédé analogue, il s'établira une tendance  prendre possession d*uncplace habituelleservantd'abri,etplii^ tard à prendre possession des objets qui servent à s'abriter artifi* ciellement et à se vêtir. Par une transition graduelle, descbof^^ qui n'ont qu'une liaison indirecte avec le bien-être persooo''* viennentày être comprises: par exemple, une massue employr ■ne arme ; les impressions qu'elle produit font naître le^di- ■ippressions qui en ont accompagné l'usage et la conctf- *U8age ultérieur qu'on en peut faire. t;t par une tiW- Anae pTogt^kd\î^co\i\^lleations eucore plus haiiltf'

il se produira un peDchant à s'emparer non-seulement des armes et des divers objets utiles à la vie journalière, mais aussi des outils et matériaux nécessaires pour faire de pareilles armes et objets, et plus tard des matériaux requis pour faire les outils, et ainsi de suite, en allant toujours plus loin, jusqu*à ce que les objets accumulés pour tel ou tel dessein deviennent extrêmement nombreux et divers. Mais maintenant remarquons qu'à mesure que ces objets deviennent extrêmement nombreux et divers, et qu'à mesure que les actes nécessaires pour les acquérir et les conserver deviennent plus fréquents, il s'établira, conformément à la loi générale, une grande variété de mobiles divers liés avec l'acte de prendre possession d'un objet ou de le garder ; et de là il suit que l'acte deviendra lui-même une source de mobiles. Et comme l'impulsion ainsi produite doit être plus habituelle que celle produite par quelque ordre particulier d'objets; comme, de plus, les mobiles spéciaux qui nous attachent à des objets spédaux possédés doivent, en vertu de leur variété, empêcher que le mobile de la possession ne s'unisse avec l'un deux en particulier, il en résulte que le mobile de la possession devient un mobile d'une nouvelle sorte qui contient, sous forme d'agrépt accumulé mais vague^ une grande variété de mobiles auxquels lui-même contribue. Et quand, dans le progrès de la civilisation, l'argent en vient à représenter la valeur en géné- ^f *- la valeur, abstraction faite d'objets spéciaux, — nous ^ODs, chez le pauvre, comment le désir de posséder sous ^ forme abstraite peut devenir presque indépendant des objets qui le produisent^ et peut devenir plus fort qu'aucun d'eux en particulier.

Pour éclaircir encore davantage la nature et l'origine des ^motions les plus abstraites, je puis choisir un sentiment qui ^t encore à sa période de progrès chez les nations civilisées ^ ^ qui n'est encore que très-imparfaitement développé : je Yeux parler de l'amour de la liberté, du sentiment des droits Personnels. Le même rapport qui eûste eulre YatCkic^xvt ^^

posséder et les divers plaisirs qu'il nous procure, eiîste um entre l'amour de la liberté illimitée d'action et les p1atgirei)iu dérivent de la possession et de toutes les autres choses. L'do assure les objets matériels qui servent directemeal ou indirectement à la vie; l'autre assure les conditions nonnuiUrUBa sans lesquelles on ne peut ni obtenir ni conserver les objdf matériels ni en user. Tandis que la possession de certiiiKt espèces et combinaisons de matière est une condition im* générale piérequise pour l'accomplissement de nm éiàa, une condition prérequise encore plus générale et, à vnî «fin, universelle, c'est celte liberté de mouvement sans lajoelki est impossible non-seulement d'obtenir une telle matiètitf d'en user, mais même d'accomplir une action quelcooqiK. Ce sentiment des droits personnels, qui répond à c«rtai«t relations très-complexes qui s'établissent entre desbomoM vivant en société, — et qui consiste dans le plaisir de uuiiit^ nir vis-à-vis des autres bommes le droit d'une liberté suuitttriclion, — c'est là une manifestation, un sentiment betiianf plus abstrait et plus général dans son but qu'aucun tutR. Il est manifeste qu'il ne peut commencer à s'organiser qi'a moment où l'espèce humaine en est arrivée à des rtliliiti sociales définies et permanentes. Comme ce seotimeat réanii en un sentiment général le désir de la liberté persoaoïllt, Il liberté d'acquérir et de posséder, la liberté de se traosfMV de lieu en lieu, la liberté de parler, la liberté du coiBIKM* et ainsi de suite, il suppose un agrégat eitrfimemenléM'* d'étals psychiques. F.ti1 est mauifesle que ce seatimeoli** longtemps à se développer.

Il ne reste plus qu'à ajouter la réserve qui, comoHitaAA dit plus haut, doit Stre faite à l'assertion que lessealiBMrt* crotssenl en puissance il mesure qu'ils crolsseoL en a*~ ulé. Car quoique, toute autre chose égale, la puim*** l ieatiinent soit proportionnée au nombre des éUlt ^ n élémentaires qu'il contient, cepeodiuileetk t «toule nuUc t\\ûîift é^ftlcD Qc m renewWP*

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ijours. Il se peut qu'à la fois le nombre soit grand et Tinisité faible. Là où^ comme dans le cas ci-dessus, les coudons établies dans rexpérience sont extrêmement compilées, comparativement rares et très-diverses, la coordination } états est si faible qu'ils ne peuvent se faire naître Tun titre d'une manière bien vive ; et de là résulte que VeSei al est dans beaucoup de cas moindre que celui produit par e agrégation plus petite mais plus fortement excitée. Néandns, avec le temps, les expériences s'organiseront lentetnt, et leur faiblesse sera ainsi compensée : et finalement le itiment de nos droits personnels ne le cédera à aucun autre force.

§216. Après ce qui a été dit à la fin du dernier chapitre, i à peine besoin de dire qu'il faut comprendre que c'est as d'innombrables générations successives que se produit tte évolution des sentiments, causée par l'agrégation ogressive des états psychiques qui sont liés dans l'expéence.

La loi de dévoloppement de l'activité mentale, considérée ms le rapport de la connaissance, s'applique également die considérée sous le rapport de Témotion. Cette orgaisation graduelle des formes de la pensée^ qui, nous aTODs dit, doit résulter de l'expérience de relations exter- 168 uniformes, doit être accompagnée par une organisation les formes du sentiment produite de la même manière. ^Iles-ci, dans leurs manifestations les plus complexes, diffè- 6Qt simplement en ceci : c'est que les agrégats d'attributs et lo relations externes auxquelles elles correspondent sont oBoiment plus étendus, beaucoup plus concrets^ et ne sont ^ODus qu'empiriquement. Etant donnée une race d'orgasmes qui est placée en contact habituel avec quelque ^^mble complexe de circonstances, si ses membres sont ^jà aptes à connaître les plus petits groupes de phénomènes Ui composent cet ensemble de circonstances, il s'établira Otement en eux une coprdination d'étals ^^^c\i\c\\i^^ ^^x«

responddiil à rct ensemble de circoDsiances. Par l'accumulation des Taibles accroissements produits par l'eipirienee coDslante de génératioDS successives, la lendaace de chum de ces états psychiques à faire naître chaque autre devienèi graduellement plus forte. El quand finalemeot îl devieDdn organique, il constituera ce que nous appelons un sentiinefll, penchaut ou inclination, qui aura cet ensemble de circoosunces pour objet.

Dans leurs phases les plus compliquées, ces formes amplexes du sentiment diffèrent partiellement des formel ooapleies de la pensée en ceci : que les assemblages d'aUrto externes d'actions et de rapports auxquels ils répondent iMt immensément plus étendus, beaucoup plus concrets et armement mêlés et variables dans leurs composés derniers. Tw conséquence de ceci, c'est qu'ils ne perdent jamais leurcuutère empirique. — Une autre différence, c'estque, daosclu^ forme de sentiment ainsi composée, qui correspond iàa séries successives de circonstances citernes qui n'ont qu'oH ressemblance générale, les éléments relatioDOcU De mbI jamais deux fois semblables, et par conséquent ne peuTOt être fixés distinctement : d'où il suit que le caractère cogniiil des étals agrégés restant faible, leur caractère seositif ntu fort. — Il faut ajouter encore une troisième différence. Codhk les groupes de sentiments élémentaires dont sont fonnnle sentiments complexes, ne reproduisent pas exactemeal It» mêmes combinaisons, ne sont pour ainsi dire pai fup>rposés de façon que leurs composants s'unissent de dou«»u avec les mêmes composants, il arrive nécessaîremenniuî If* groupes successifs s'effacent les uns les autres, et que le kbliment complexe produit est, quoique volumineux, très-ebsntr ou très-vague. C'est ce qu'on peut faire comprendre d* Li maDière suivante. Imaginons que plusieurs ooucfaen ie wltil soient peints, par exemple sur verre, placés l'ao supri)* Tautre, et qu'on les regarde de face : quel serm te rimKtf fl □*j aurait pas accord entre les lignes de leurs horiioM.*!

leurs nuages, dI leurs objets spéciaux : ces représentations superposées feraient une combinaison confuse et vague dans laquelle aucun objet particulier ni aucune portion définie de couleur ne serait visible^ mais dans laquelle néanmoins il y aurait ces caractères généraux : éclat splendide au milieu, région plus sombre au-dessous, et région comparativement noire plus loin. De même, comme les impressions successives produites sur un individu et sur une série d'individus par les manifestations de la colère, telles qu'ils les voient chez ceux avec qui ils sont en contact, ont des ressemblances générales mais non spéciales ; -- comme le ton rude, les contorsions du visage et les mauvais traitements qui peuvent s'ensuivre diffèrent toujours dans leurs détails, quoiqu'ils aient un air de famille^ il en résulte qu'il doit y avoir beaucoup de vague dans l'impression générale que laissent les différences de détail non oubliées : et ce sentiment composé, graduellement organisé, que nous appelons la peur^ aura un caractère qui ne sera nullement aussi spécifique que celui d'un simple sentiment périphérique.

Telles sont les différences naturelles qui se produisent, dans le cours de leur évolution^ entre les formes organisées du gentiment et les formes organisées de la pensée. Examinons maintenant les ressemblances qui se produisent naturellement.

De même que les formes de la pensée, c'est-à-dire les modifications transmises de structure produites par l'expérience, sont à l'état latent dans chaque individu nouveau-né, sont vaguement développées par les premières expériences de chaque individu, et se déterminent de mieux en mieux par la multiplication de ces expériences ; de même les formes du sentiment qui sont semblablement à l'état latent, sont faiblement éveillées par la première présentation des circonstances extérieures auxquelles elles se rapportent, et gagnent graduellement ce degré de distinction dont elles sont susceptibles parla présentation souvent répétée de ces circonstances.

Ainsi le petit enfant, dès que ses perceptions sont asseï dénloppées pour Ini permettre de dislinguer, même imparfailiment, les figures et les sons, sourit automaliquemeot n voyant une fîgure souriante et à lavoii tendre de samèreoaik sa nourrice. Il y a uu rapport qui a été organisé dans lariM entre la perception de ce langage naturel du sentiment tenèt et l'cxpériente subséquente des bienfaits de ceux qui le mioifestent. Ce langage naturel faisant impressioQ sur tes »oidt l'enfant, un obscur sentiment de plaisir est éveillé, tuift qu'il est encore incapable de savoir ce que signifie te langigt naturel. Mais, avec le temps, l'espérience personnelle lu apprend la connexion qui existe entre ces apparences dw d'autres personnes et les bons traitements dont elles la accompagneut, et alors ce vague corps d'énriolioDs qui avait élé hérité, prend une forme plus intelligible.

11 est manifeste que l'bypolhèse expérimentale, compiin au sens vulgaire, est insuffisante à rendre compte de phéoomènes d'émotion. Elle est encore plus en défaut, s'il ni possible, k l'égard des émotions qu'à l'égard des cognitiom La doctrine soutenue par quelques pliilosophes : que tonibf désirs, tous les sentiments, sont engendrés par t'expérienee de l'individu, est si manifestement en désaccord avec un si grand nombre de faits, que je ne puis que ra'étonner que quelqu'uB ait jamais pu l'accepter. Sans m'arréter aux passions » diwses n^anifestées par le jeune enfant, avant cependant qu'il lit accumulé assez d'expériences pour qu'elles puissent sertir i produire ces passions, j'indiquerai simplement la plus puii* santé de toutes les passions, — celle de l'amour, comme lUH qui, quand elle se produit, est antérieure absolumeol i lonb expérience relative quelle qu'elle soit.

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