CHAPITRE V
§ 236. Quand, à la place de nerfs tactiles venant d'une douzaine ou d'une vingtaine de tentacules, nous avons affaire à une multitude de semblables nerfs venant de tous les points de la peau ; — quand, à la place d'un œil simple ou d'un œil ne contenant qu'un petit nombre d'éléments rétiniens, nous prenons un œil ayant une rétine composée d'un millier d'éléments dont chacun fournit une impression séparée ; — quand des groupes de fibres afférentes venant d'organes complexes d^audition, de goût et d'odorat doivent entrer simultanément en ligne de compte ; — quand les excitations apportées en quantités sans cesse variables, et leurs combinaisons dans les appareils recepto-moteurs, doivent être suivies dans leurs effets à travers des appareils directo-moteurs semblablement composés, les explications comme celles qui viennent d'être tentées dans les pages précédentes deviennent fort difficiles, sinon tout à fait impossibles. Mais, quoique nous ne puissions espérer d'expliquer dans leur détail les complications les plus hautes du système nerveux en son développement, nous pou- TODS espérer de nous former quelque idée générale de la manière dontl'évolution suivie jusqu'ici peut produiredes résultats encore plus compliqués. Pour faciliter la formation d'une telle idée générale, il conviendra de considérer à nouveau les caractères de l'évolutioa que nous avons suivie pas à pas, — en changeant quelque peu de point de vue, en corroborant quelques-unes des conclusions obtenues^ et en développant les autres d'un degré. Nous serons alors plus en mesure de voir
590 SYNTHÉSli PHlrilyUE.
vers quel poîat une évoluiiûu plus avaucée dans le mèmesen nous conduira vraisemblablement.
§ 937. Tanl qu'il n'y a qu'un seul nerf efférent el un tnl muscle servi par le nert afférent correspondant, les excilatioB extérieures ne produisent qu'une seule espèce d'actioD qui ne varie qu'en degré. Même lorsque les impressions péripWtv ques sont reçues en quelques cas des points nombreux de la niiface ou en tous, comme aux extrémités des tentacules, il amn encore nécessairement que, tandis que l'appareil moteur K$li tout à failsimple, aucune modîlicatîon dans lesadaptatïomiir l'animal ne peut se produire, si ce n'est dans la plus ountoiu grande promptitude ou la plus ou moins grande énergie do contractions provoquées.
Un changement aussi peu important qu'une simple blfimtion ou une insertion double des faisceaux musculaires, m' possible quelque difTèronce dans la nature des effets, eoiM* pondant à une différence de nature des excitations. Et oomêê le système musculo-nerveux devient plus complexe, il ih vient possible que des groupes dissemblables d'imprCMilM périphériques produisent des combinaisons disscmbliUK d'actions musculaires.
Mais cette complexité d'excitations n'a pour eETct dM MBplications appropriées de mouvement qu'ili une coodiliMkl faut que les centres nerveui aient subi des complicatioiu p(^ portion ncllcs. Kii voici le principe : Les connexions ie Im fibres doivent 4^tre telles que quand un groupe quelcooqv de relations exl''rncs auquel les actions doivent s'adaplo', i été reçu h l'état d'impression par les sens, le faisceau iféàà d'excitations qui est produit, une fois porté te long desHrfl afférents, soit redistribué dans le plexus central de teUcsilk qu'à sa sortie il se décharge dans des groupes «péciaui d> ^ bres motrices suivant des proportions particulières.
Chaque redis tribu tiou supérieure de cette «oite itnpKqw l'existence de points supplémentaires desliués à la coŒfWgeuce et à la divergeocftàts otvdç.s nerveuse», c*e8t4-&e*»
plexus de coordination, composé de fibres convergentes et divergentes avec leurs points de jonction, — plexus qui, tout en ayant beaucoup d'éléments communs avec les plexus qui effectuent les autres coordinations, doit avoir quelques éléments qui lui sont propres. De là il résulte qu*à mesure que ces ajustements spéciaux deviennent plus nombreux, à mesure doivent se multiplier les éléments propres à chacun d'eux. Conséquemment, si l'un quelconque d*entre les groupes de plexus coordonnateurs prend un développement relativement considérable, pour répondre à la sphère relativement immense de nouveaux ajustements que certaines conditions environnantes fournissent, nous pouvons présumer qu'une partie de cette région A deviendra protubérante comme en A'. Et si ces nouveaux et si nombreux plexus de coordination, devenant sans cesse plus implexes à mesure qu'ils deviennent plus nombreux, admettent une accumulation sans limite, nous pouvons nous attendre à voir cette protubérance croître encore. Nous verrons bientôt que ces suppositions et inférences sont parallèles aux faits.
§ 239. Les impressions nerveuses et les impressions concomitantes sont coordonnées avec les mouvements musculaires et leurs concomitants de deux manières, — directement et indirectement. Ces coordinations directes comprennent celles qui sont possibles chez un animal par un changement dans les positions relatives des parties, sans aucun changement de position dans Tespace. Les coordinations indirectes comprennent celles qui ne sont possibles que par un changement de position dans Tespace, en même temps que par un changement dans les positions relatives des parties. Voyons les différences de ces deux ordres.
Sans bouger de l'endroit où je suis, je puis explorer trèscomplètement tous les objets qui sont à portée de ma main, et les groupes combinés de sentiments que je produis ont un certain caractère distinctif de grande importance. De chacun de ces objets, je puis tirer simuUanémeyxi c^u^Vtvi ^\viv\^^^ ^v^
592 SYNTHÈSE PHYâlQUB.
générale. En mâme temps qu»la .décharge GODceotoée destinée à des muscles particuliers» les jdfxbs ganglioDDttits coaimtniqueot inévitabl^ent une certaine dédiarge diSoie an muscles en général, et cette décharge diffuse prodoit eo en
des résultats fort différents.
Supposons qu'en portant sa tète en avant pour atteindre bm proie qui est rarement à sa portée, un animal se soit trompé à plusieurs reprises. Supposons que, simultanément aagniifi d'actions motrices approximativement adaptées à saisir la proie à cette distance, la décharge diffuse soit, en une oeeasipt quelconque, distribuée dans le système musculaire de manière à entraîner un léger mouvement du corps en arut L'animal réussira à atteindre son but au lieu de le manquer, et après le succès, certaines sensations agréables nallnnt, en même temps que se produira un courant conààénik d'énergie vers les organes employés à manger la proie, elc C'est-i-dire que les lignes de communication nerveuse à travers lesquelles la décharge nerveuse diffuse viendra à passer daus ce cas, ont ouvert une nouvelle route Ters certaia» canaux fort étendus d'échappement, et conséquemmentdks sont devenues soudainement des lignes à travers lesquelles une quantité considérable de mouvement moléculaire est attirée, des lignes par conséquent qui sont rendues ainsi plus perméables qu'auparavant. Au retour de pareilles
circonstances, ces mouvements musculaires qui ont été soins de succès se répéteront semblablement; ce qui était d*ibori une combinaison accidentelle de mouvements sera mainte nant une combinaison offrant une probabilité considérable. Car, lorsque^ dans une occasion subséquente analogue^ les impressions visuelles produiront des tendances naissantes à des actes adaptes par à peu près au saisissement de robjeL et qu'ainsi tous les états de sensation et de mouvement qui accompagnent la capture seront eicités dans leur naissaocr. il arrivera que parmi les chaînons des excitations conoeies li excitations de ces fibres et de ces cellules pir
quelles la décharge diffuse a produit les actions à qui a été dû le succès dans Toccasion précédente. La tendance de la décharge diffuse à suivre ces lignes sera évidemment alors plus grande qu'auparavant, et la possibilité d'une action heureusement modifiée dans le sens du succès sera par conséquent plus grande qu'auparavant. Chaque répétition de cette modification rendra les nouveaux canaux plus aptes au passage de la décharge et accroîtra la probabilité de répétitions subséquentes, jusqu'à ce qu'enfin, à la longue, les connexions nerveuses soient organisées.
Il est un autre fait général sur lequel il faut insister. Comme nous l'avons signalé à la fin du dernier chapitre, la complexité croissante de l'organisation nerveuse nécessite une quantité croissante d'excitations qui ne causent pas de mouvements. Un animal chez lequel l'impression composée, produite par un objet spécial occupant une position spéciale, détermine les actions musculaires qui effectuent la capture de l'objet est un animal qui, par suite, reçoit perpétuellement d'autres impressions composées d'objets occupant d'autres positions. Chaque chose qui passe, aussi bien que chaque chose déjà passée, envoie dans ses centres nerveux des ondes d'ébranlement différemment combinées, qui vo]^ageut à travers leurs fibres et leurs cellules, avec des combinaisons variant sans cesse, et qui, n'ayant aucune connexion spéciale avec aucune adaptation motrice spéciale, se- répandent s'implement, sans autre effet spécifique que d'augmenter la décharge générale qui se rend aux organes vitaux et au système musculaire dans tout l'ensemble. C'est ce que nous appelons du point de vue subjectif des sentiments et des idées. Et manifestement, plus le plexus central devient étendu et complexe, plus ces états intérieurs sont détachés de l'action, — plus les impressions produites par les choses et les relations peuvent se refléter dans le système nerveux, — plus des suites de pensée ont de facilité à se produire.
§ 338. Ces prémisses posées, essayons de concevoir com- 1. ^^'^
senBatloQs : — celles que me dooDe la rétine, celles qm mt vieDDent des muscles spécialement adaptes des veut et de li tële, celles qui me vieuDeut des muscles du bras et de la nuin parlaquelle je saisis cet objet, et celles qui me sont doDuéespir son contact avec la peau de mes doigts. L'ordre des coordiiutiùiis qui ont eu commun cet important caractère se subdh vise en deui espèces. L'un de ces deui genres de seosatioB quadruples, je l'obtiens en explorant les surfaces de moo oatft et de mes membres. Je puis ajuster mon regard de muAn avoir mes mains tandis qu'elles se meuveDt sur mespïeéi; je puis me servir de l'une de mes mains pour cxamioer parle toucher l'autre bras et l'autre main, et Je puis obserreranc mes yeux aussi bien que sentir avec mes muscles les lootinments que je suis en train de faire. Le Irait distinctif des uasalions quadruples de cette espèce est que chacun des quatre groupes contient deui classes de seusalions tactiles, l'une lenant des objets touchés, l'autre des parties qui les loucheoL En vérité, nous pouvons dire qu'elles ont pour caractère d'éln composées de cinq groupes. Une espèce plus étendue, qui se distingue des autres de ce que chaque impression Deooft* tient qu'un groupe de perceptions tactiles, est obtenue detui les objets qui se trouvent à une dislance de trois pieds eDTinw de chaque cAté, de face, dessus et dessous. Je puis me baisier pour toucher un objet qui gît près de mes pieds et toit que ft le touche. Sans changer de place^ je puis successÎTemeot lever la maiopour Ater mon chapeau, saisir le manche de nos parapluie, toucher le dos de mon fauteuil, ramasser une lettre qui m'attend. Chacun de ces actes me donne ungimipe spécial d'impressions de couleur et de forme, un groupe ipécial de sensations musculaires venant des muscles du bnsti de la main ; et l'accomplissement de chacun de ces actes iiB' plique une coordination spéciale de groupes spécuui. Ainti, la région de l'espace occupée par mon corps et par les objeU qui l'environnent immédiatement, fournit de nombreoi am» cuœposés de sensalions, chacun d'eux marqué de eetle pirti-
cularité : que leurs composants peuvent coeiister dans la conscience. Dans cette superficie, les conditions sont telles qu'un objet qui me fournit des groupes de sensations par Tœil et les muscles de Toeil, peut, en passant par une certaine série de sensations musculaires, être amené à me fournir un groupe de sensations tactiles jointes à un groupe de sensations de tension musculaire ; et ces groupes additionnels peuvent être juxtaposés dans la conscience avec les premiers groupes, lam que les premiers soient changés à aucun degré.
Cet ordre de coordinations, si énorme, n*est pas séparé d*une manière absolue d'un autre bien plus considérable encore auquel nous allons passer immédiatement: il y a une région frontière commune aux deux. Tandis que je tiens mes pieds et mon corps tout à fait immobiles, il y a une limite fixée aux atteintes de mes mains, et par conséquent à la superficie dans rétendue de laquelle des objets peuvent me fournir des sensations à groupes coordonnés de la manière ci-dessus décrite. Mais, en me penchant en avant ou de côté, et plus encore en mettant un pied en avant, tandis que Tautre reste stationnaire, je puis atteindre de nouveaux objets en plus de ceux que j'atteignais, et faire par là qu'ils me fournissent des amas de sensations très-semblables aux précédents. Ils ne sont pas tout à fait semblables cependant^ car chacun d'eux contient certains éléments supplémentaires, — les sensations qui accompagnent un changement de place partiel. Ces sensations forment un groupe intercalaire d'anneaux par lesquels le groupe visuel et ses concomitants sont amenés à un rapport de coexistence avec le groupe tactile et ses concomitants. Elles constituent dans ce groupe un élément dont l'importance croit en proportion de la difficulté qu'il y a à atteindre les objets sans changer de place. Mais tout en rendant quelque peu indéterminée la division entre les coordinations relativement simples et directes que nous venons de décrire et les coordinations relativement complexes et indirectes dont nous allons traiter, elles n^effacent pas la profondé différence qui les sépare.
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598 SYMHliSlC l'IlYSlgCK.
Car remarquons maiulenaiit qu'au delà des objeU q je vois et que je puis facilemenl atteindre, qu'au ddkds objets que je vois et que je puis atteindre eu me bais^aoi w C!0 avançant un pied, iiy a des objets immensément plufounbreui que je vois, mais que je ne puis atteindre sans cbfeigtr de lieu, peu ou beaucoup. Tant que je reste où je suis, le tableau qui est sur le mur en face de moi ne peut, quoi i|m je fasse, me fournir des sensations tactiles; je tends ma mains dans sa direction, je penche mon corps du mèmt cMi, je mets un pied en avant, le tout sans résultat. Pour UtoBcher, il faut que je fasse plusieurs pas, avec les groupes swcessifs correspondants de sensalions musculaires dans nci jambes et les sensations tactiles des plantes de mes jieÔL Ainsi, dans l'étroit espace qui environne mou corps, itraik* jtortions concentriques de l'étendue contenant des objets qui, jirès avoir été aperçus, ne peuvent Ctre explorés par letxl ^qu'au moment où ont été exécutés certains mouveioftiii ^'ayant pour but de marcher, de courir ou de sauter, degnvir ou de descendre, — les sensations concomilaDtes variât avec la direction et avec la distance. Manifestement nous inv ici une cl»ssede coordinations bien plus étendue commenoiftbre que la première, et manifestement aussi les coordinAtii»» deviennent de plus en plus nombreuses et de plus en ^w complexes h mesure que l'éloignement augmente.
Il y a plus. Les coordinations de cet ordre élevé ne dîlèiMl pas seulement de celles de la catégorie inférieure cq ce qu'aUtt cutiliennenl des groupes de sensations locomotrices qui uiiseni le groupe visuel au groupe tactile; elles en diffèmlpv un autre caractère tout h fait essentiel. Car le groupe nsud original n'est jamais mis en relation directe avec le grwif tactile. Ce qui est mis en relation directe aTec le groupe l«^ lile est iM! autre groupe visuel (toujours plus éleodu c* \m- Jours quelque peu diil'éreiil dans sa forme), qui a été subUilué au groupe primitif. Pourdonner un exempte syaiboltqHuas de seQïatioRs est fvurui à l'œil et aux masdet de l'ail
GENÈSK DRS SYSTÈMES NERVECX, ETC. 599
par un objet éloigné appelé A» alors, avant que les amas de sensations que cet objet fournira à mes doigts et aux muscles de mon bras puissent être obtenus» A doit passer par une série de transformations aaAA. Le groupe visuel primitif n'arrive à être coordonné avec le groupe tactile correspondant qu'en passant par une série de groupes visuels qui ont une certaine dépendance par rapport à la série des groupes locomoteurs.— Et ce n'est pas tout: des changements semblables se sont rencontrés dans les groupes visuels produits par les autres objets qui sont à la portée de la vue. Ceux-là aussi ont subi des agrandissements et des altérations dans les rapports de leurs parties, et beaucoup d'entre eux ont disparu latéralement du champ de la vue. Si bien que l'établissement de l'une de ces adaptations, dans lesquelles nos yeux guident nos membres pour manier les choses à distance, implique des coordinations non-seulement très-complexes en comparaison de celles qui sont requises pour manier lesclioses rapprochées de nous, mais des coordinations qui sont rendues plus complexes encore par l'introduction de nouveaux éléments combinés de diverses façons.
§ 240. Quand on se demande comment des coordinations si élevées se sont développées à partir des plus humbles, et comment la structure du système nerveux devient progressivement assez complexe pour les réaliser, le fait capital qu'il faut avoir présent à la mémoire est que des coordinations si élevées sont effectuées par l'inlercalation de nouveaux états groupés entre les états groupés primitifs. On peut s'attendre par conséquent à ce que, dans l'appareil nerveux qui les réalise, il doit y avoir des plexus de âbres et de cellules intercalés.
Si, dans la figure 15, nous supposons que a est à la place où ' sont amenées par des fibres nombreuses les sensations groupées fournies par un objet à portée des atteintes de l'animal ; si enb se trouvent les racines des fibres qui entrent en jeu quand l'objet est saisi ; et si^ entre a et b, prennent place les
plexus coordonnateurs par lesquels les excitations geoïonetle
conipofées conduisent aux eicilalions motrices compo^n
qui amènent la préhension de l'objet, non^Eeulemeot q il est dans une seule position, mais quand U est ^ positions vnriées qu'il peut occuper sous la portée des dcsbres, qu'arrive-t-il si quelques pas doivent être exécutésanal que les impressions visuelles soient suivies de la préhension? Les phénomènes récepto-moteurs et direclo-moteurt survenaf pendant ces actes de locomotion, impliquent diverses coorfr nations composées avec leurs plexus de coordination: qiicii que soient les groupes de plexus successivement excités poor que les fibres en If soient finalement mises es jeu de inuièrt à causer la préhension, il arrivera nécessairement que es groupes de plexus deviendront un réseau de lignes de BWÎBdre résistance. Car, comme on le voit au § Î87, les eoodinatioiis musculaires qui manquent leureffet ont, toutes chwa égales d'ailleurs, une tendance moindre h être répétées quo' réspptniescnt tes mêmes conditions que celtes qui ont réani,
parce que celles qui ont réussi ouyretfties ligues de décharge qui entraînent de grandes quantités de mouyement moléculaire. Entre a et 6, par conséquent^ il se produira des groupes de plexus intercalés qui coordonneront les locomotions successives et accompagneront les impressions visuelles survenues entre la réception de l'impression visuelle primitive et Taccomplissement de la préhension finale. Ces groupes de plexus doivent être très-nombreux. En supposant que Tobjet est à UQ pas hors des prises de l'animal, il peut occuper une multitude de positions en haut ou en bas, à droite ou à gauche ; et le plexus coordonnateur requis pour chaque position, tout en ayant beaucoup de points communs avec ceux qui sont requis pour les positions adjacentes^ doit avoir aussi quelque chose de différent. Mais Tespace entre a et 6 est déjà occupé par les plexus qui effectuent les coordinations directes. De là la nécessité, pour les plexus intercalés qui effectuent ces coordinations indirectes^ de se placer au-dessus^ en d par exemple, et les décharges de coordination doivent prendre une direction circulaire, comme le montre la flèche.
Chaque même position étant, atteinte par des coordinations visuelles et musculaires qui sont les mêmes, dans de courtes limites, pour tous les membres d'une espèce, il suit de là qu'il se produira finalement dans l'espèce un groupe de connexions tel que l'impression produite par un objet dans cette position et les actions musculaires par lesquelles il peut être saisi est définitivement mise en corrélation. Petit à petit, les positions composant des sphères d'étendue de plus en plus vastes peuvent devenir ainsi mentalement présentes ; tandis quMl Y aura un élargissement simultané du centre supérieur de coordination par l'intercalation de nouveaux plexus coordoDoateurs à sa périphérie, comme le montre la figure en e, A g.
§ 241. Une élaboration nouvelle reste à exposer. Pour rendre l'exposition de cette coordination à composition double moiDS difficile à suivre, nous en avons jusqu'ici traité comme
GOi SYTlHKâK PHVSIOnB.
si tous les éléments de relation qu'elle implique
lous de la même classe. Mais, pn réalité, il y en a it.
classes différentes, demandant des centres i^iÈtiocta de
dînatioQ.
Tant que les impressions visuelles, musciilnirvs et ladîl» h CDcrdonnerse rnpporlcnt exclut^ïvemcnl aux ohjfLï qui F«nt à portée , les relations de succession et les relations A9 tatà' lence ne sont passéparéeiâ d'une manière distincte. Il etlni que quand quelque chose située dans cellv région a fourni In impressions visuelles qui lui sont propres, une certaine lém d'étals musculaires doit s'écouler avant que les iui|tniMM> tactiles qui en proviennent soient provoquées. Mais qiMd ces états sont passée, les impressions visuelles reçues M d'abord et les impressions tactiles obtenues siibséqaenmal coenistent. — Je puis sans discontinuité regarder lobirtetli saisir.Dien plus, il est ^remarquer que, dans tous ces cas,r«^ dre de séquence des impressions visuelles et des înipresMi tactiles dans la conscience peut Ctre interverti. — Je pu sentir la chose d'abord, et ne la voir qu'après. Maïs 4|Mri nous passons de ces coordinations composées aui cavdinations à composition double , les élémeDl;^ de tocc*sion prennent une importance aussi grande que een i» coexistence. Les états successifs passés ne peafcnt plu* échapper au groupement, et la séquence des iroprctiioH tactiles par rapport aui impressions visuelles oe pcid d aucune façon être intervertie. C'est-à-dire que les notions de temps et les relations de lieu sont devtnwifi*' liuclement différenciées. Cela demande ÂâtreeipUquédtMlage. Quand je marche vers un objet, des gmpB
successifs de sensations musculaires et tactiles sont prwhnB par chacun des pas que je fais ; d'autre part, l'objet m'eani* à mesure que je l'approche une série correspondante dlw preâsioiis visuelles gradui;llement étendues et diffirenBlii variées, vl une sério de ch:ingemeuUi d'étal, plm •a compliqués, est produite dans mes jeui par
jets adjacents. Tous ces états successifs, si je tiens les yeux ouverts, et quelques-uns d'entre eux, si je les ferme, doivent avoir disparu avant que les impressions tactiles dues à Tobjet aient pu être éprouvées. L'impression visuelle que l'objet a faite sur moi, avant que je me meuve pour l'atteindre, ne peut être mise en relation avec cette impression tactile que par une certaine série d'états ; et ceux-ci ne forment pas seulement une chaîne nécessaire par laquelle les groupes d'états iuitiaux et terminaux sont liés ensemble, mais une chaîne dont aucun anneau ne peut être changé de place, car leur ordre est Bxé. Ainsi nous avons là des coordinations dans le Temps et des coordinations dans l'Espace s'unissant pour accomplir la coordination totale. Avant qu'un pas soit fait vers Tobjet, les impressions produites par lui et tous les objets qui l'environnent sont engagées dans un plexus de relations de coexistence. Chaque pas implique des séquences musculaires et tactiles accompagnées de nombreuses séquences visuelles, et le pas finit par amener un plexus modifié de coexistences. Les deux ordres de relations sont donc corrélatifs et servent à s'interpréter l'un l'autre. Si nous n'avions quelque moyen d'enregistrer la série de mouvements qn*il faut parcourir pour atteindre un objet, nous n'aurions pas cons<> cience de sa distance. Sans la conscience de sa distance, les sensations musmilaires éprouvées ne pourraient en aucune façon représenter dans la pensée les équivalents de certains espaces parcourus.
Mais la différenciation de ces deux grands ordres de relation implique la différenciation des centres de coordination. Quelle forme cette coordination revêt dans les types supérieurs de l'animalité, c'est ce qu'il est inutile de rechercher ; — dans les types supérieurs ou vertébrés, il y a, comme nous l'avons remarqué, des raisons de croire que le cervelet est l'organe de coordination à composition double dans l'espace, tandis que le cerveau est l'organe de la coordination à composition double dans le temps. Aux raisons indiquées plus haut.
604 STNTHÈSR PHYSIODE.
j'en puis ici ajouter quelques autres. D'abord ces
deux centres nerveux suprêmes eonl des masses pédonculées qui se déTeloppent à l'eilrémilé de la moelle épîoiÈre, grossie el différenciée. Nous devoos nous attendre à ce que les centres de coordination à composition double se développent h partir du centre de coordination simplement composée. — Ensuite ils gardent une certaine corrélation daas leur développemenl; à partir des poissons, dans l'échelle ascendante, leur révolution marche, sinon h pas égaux, du moins dansdes proportions presque semblables. C'est un caractère auquel nous devions encore nous attendre, puisque l'augmentation du développement des sens et des membres qu'ils accompagnent implique un accroissement simultané d'expériences, portant sur les relations dans l'espace el les relations dans le temps, A mesure que nous approchons du type vertébré, te cerveau se développe dans une pies grande proportion que le cervelet, — fait qui peut aussi être prévu. Car, dans les animaux vertébrés les plus simples, les seules relations do temps appréciées sont celles qui sont dérouvertes en même temps que les relations d'espace par les actes de locomotioD. Hais dans les animaux vertébrés plus complexes, i qui les expériences organisées de relation du temps ainsi acquises, fouraissenl des mesures pour des durées de quelque longueur, d'autres ordres de séquences deviennent accessibles & la connaissance, et le centre nerveux dans lequel les relations du temps sont coordonnées, acquiert ainsi des fonctions qui lui sont propres, La composition de ces deux grands centres est
d'accord avec l'hypothèse. L'évolution décrite au § filO implique qu'un centre de coordination à compositioD double se développera parl'intercalationella superposition deplexuE nouveaux en couches succesives, chaque nouvelle couche ajoutée à la périphérie de la masse sen'ant h. une coordination nouvelle des plexus coordonnés subjacents. Les lits de cellules et de fibres que contiennent le cerveau et le cervelet, semblent propres h constituer une application de celte loi.
plus, les détails de structure du cervelet sont plus réguliers que ceux du cerveau, et cela concorde avec rhomogénéité relative de sa fonction. Même au début, une telle différence doit tendre à se produire. Les expériences qui découvrent des relations de coexistence dans l'espace ont une grande ressemblance; et, bien que celles qui donnent conscience d'un espace de plus en plus éloigné soient de plus en plus complexes, cependant leur complexité ne croit que suivant un mode systématique. Si tous les mouvements étaient toujours produits avec la même vitesse, les relations de temps découvertes dans la locomotion seraient aussi uniformes que les relations d'espace, et le centre nerveux qui coordonne les actions par rapport à elles, pourrait être également homogène dans sa structure. Mais conune les mouvements sont très-variables en célérité, non-seulement en tant que produits à différentes occasions et par différents muscles, mais encore en tant que produits par le même muscle, pendant les différents moments de sa contraction, il y a là une cause d'hétérogénéité dans des relations de temps que nous pouvons nous attendre à voir exprimée par un certain degré d'hétérogénéité dans les plexus nerveux qui les réalisent. Une telle hétérogénéité doit être encore regardée comme plus inévitable, quand nous passons aux relations de temps d'un ordre plus élevé. Les séquences qui deviennent appréciables quand Tintelligence s'élève, sont des séquences d'ordres très-nombreux, de longueurs très-variées, et qui unissent des termes de complexités fort différentes, par exemple, la différence entre la succession des sons dans la parole et la succession des saisons. Si nous considérons la multitude de corrélations de temps se présentant entre toutes sortes de choses, différant énormément en durée, et offrant des degrés sans nombre d'hétérogénéité, nous ne serons pas surpris de voir que l'organe de coordination à composition double dans le temps, présente une dissemblance marquée dans ses détails de structure en ses différentes parties.
GOf) SYNTHÈSE PHTOIQUK.
g 2i3. Il est ioutilc de nous appliquer davaDUge à codpliquer celte synthèse en y embrassant ces actes dans lesgaA \ti& saveurs, les odeurs, les sons, etc.. jouent un rAle. Sa cherchant à construire une conception générale du procb de révolution uerveuse en ses plus hautes phases, fii déjà poussé le développement assez loin, — peut-être trop lo>a.
A vrai dire, je n'ai pas essayé, comme on puumit croire^w je l'ai fait, d'eipliquerce processus dans son entier. Moo iirieition a été plulât de montrer qu'on peut concevoir la pOKfbililé de ce processus ; et si j'ai pris des cas détermiDés, s jt me suis servi du langage concret, c'est parceque je n'arak^ ce moyen pour me Taire comprendre. La genèse du sptÙMi été en réalité bien plus compliquée que celle que j'u dten(^ si compliquée qu'une description véritable, mâme eo niffosant qu'elle pût être faite, serait à peine compréhensible.
Il sera bon ici de revenir à la précaution déjà prise taolR tonte attribution d'un sens littéral à la plupart des iciatl dont nous nous sommes servi. L'interprélaUoo doDO^ kis phrases comme celles de a connexions nerveuses a ddi u plexus de libres n ne doit pas être trop stricte. L'tAamtion ne nous autorise pas à supposer que ces « coDoeiMOi* et ces « fibres » sont parfaitement définies, et l'argiift n'exige pas que nous le supposions. Ce que l'argument engt. c'est un plexus de canaux à travers lesquels des eiciUtiwi composés peuvent être unies et redistribuées en impulûeM composées, et ces canaux peuvent être formés eo partie di fibres distinctes, en partie- de lignes invisibles de didiv;* courant & travers le protoplasme une fois fixé. H tslutaiment manifeste que, dans les structures nerveuses qnî KneM de voies de cummuoication aux actos ioteltectuels lospIluti^ ■é», les connexions doivent affecter tous les degrés de d^-
luntion, et que la plus grande partie d'entre ellei doitti'
e très-indéterminées; — que par conséquent lea
oe ultimes des canaux à travers lesquels coanatles
I duivcul ÈUc inVvîiWiVi..