INTERPRÉTATION DES LOIS PSYCHIQUES, ETC
attendre une plus décisive lumière, considère les inductions possibles autres que celles qu'il est porté à tirer de prime abord, et est prêt à abandonner ou à rectifier sa conviction, quand il découvre des faits qui la contredisent.
Sans qu'il soit besoin de pousser cette eiplication à un plus ample détail, on verra manifestement que ces traits qui caractérisent Tintelligence à son plus haut degré, et bien d'autres, sont en harmonie avec le principe que les lignes de communication nerveuse sont formées par le passage d'ondes de mouvement moléculaire, et deviennent plus aptes à leur passage à mesure que l'émission de ces ondes est plus répétée.
§ S53. L'évolution mentale en ses plus hautes phases nous montre une autre particularité de même nature, qui est susceptible de recevoir la même interprétation générale. Je veux parler de celle qui résulte de la comparaison entre les caractères émotionnels des esprits inférieurs et des esprits supérieurs.
Nous avons vu que, si on considère d'abord les sensations simples pour s'élever à des groupes de sensations, puis à des groupes de groupes, et ainsi de suite à des agrégats de plus en plus volumineux et de plus en plus hétérogènes, on voit les appareils nerveux qui en sont le siège progresser en complication par la superposition de nouveaux plexus dans lesquels Tactioo des plexus préexistants est coordonnée. Il en résulte que les sensations les plus simples et les premières formées, étant les intermédiaires les plus directs entre des combinaisons spéciales de stimulus externes et les combinaisons spéciales d'actions adaptées correspondantes, elles sont plus indépendantes les unes des autres et plus capables d'agir séparément, tandis qu*à mesure que se développent ces sentiments ultérieurs dans lesquels les sensations simples entrent comme éléments, les sensations simples elles-mêmes tendront à exercer des actions de moins en moins isolées. En d'autres termes, le développement des plexus les plus élevés est le dévelop-«
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peraent d'actions supplémentaires par lesquelles les plei plus simples de dilFérentes sorles sout excités simultanémenl, elles difîércnts modes d' action qu'ils fouraissent simultauéineul évoqués. Il s'ensuit dès lors que, à mesure que l'éTolution des sentiments poursuit son progrès, l'indécision et l'io' ciTlitude des démarches doit diminuer. Une nature sensilite peu dcvi:luppéc doit être toute d'impulsions; chaque passion est libre de s'y donner carrière avec soudaineté et vIoIïd», sans opposition de la part des autres, et elle s'épuise rapidement. Au contraire, dans le développemeni élevé des émolioas, il y aura peu de place à ces conflagrations soudaines du sentiment, — la naissance simultanée d'un ou de plusieurs HDtimeuls contraires en rapport avec les circonslauces retardera, dans la plupart des cas, ou en corrigera les manifestations; mais la diimarche enfin décidée, délerminéeparunplusgranii nombre de sentiments moins excités chacun à part, sera plut persistante. Ici, comme plus haut, la différence qu'on observe entre les races d'hommes les plus élevées elles plusbasstj fournit un exemple frappant, et ici encore, comme plus haul, un exemple nouveau, quoique moins accentué, est fourni par la différence entre les hommes et les femmes.
A vrai dire, sous cet aspect, comme sous bien d'autres, l'évolution mentale, à la fois iulellecluellc el émolionnelle.peul être mesurée par le degré d'éloignement à partir de l'actiou réilexe primitive. La formation de conclusions soudaines saus retour possible sur l'indication la plus légère, est plus près de l'action réflexe que la formation de conclusions délibérées £i modifiables après enquête et accumulation de renseignemïDli. Et semblablemenl, le passage rapide d'émotioos simples m démarches spéciales qu'elles suscitent, est moins éloigné de l'actioa réflexe que ne l'est le passage comparativenenthéàlanl d'émotions composées à des démarches provoquées pi l'inatigation combinée de ces éléments multiples.