DÉFINITTON APPROXIMATIVE DE 1.4 VIE
Plus nous pousserons loin nos analyses des choses, et plu^ il deviendra manifeste que les divisions et classilications sont des inventions essentiellement humaines, qui n'ont point dans la nature des démarcations absolues qui leur correspondent, mais qui sont simplement subjectives, — qui sont des artifices scientifiques par lesqurls nous délimitons et arrangeons le sujet de nos recherches, et facililons ainsi nos jugements. De li il arrive que, quand nous essayons de former une définition d'un objet complexe, ou de généraliser des faits autres que ceux tout à fait simples, nous ne pouvons presque jamais éviter ou dv renfermer plus que nous ne voulions, ou d'omettre quelque cfao5e qui devrait y être compris. Ainsi, il arrive qu'en cherchant une définition de la vie qui soit fondamentale , nous svons une grande difficulté à en trouver une qui ne soit ni plus ni moÎDs que suffisante, — une qui comprenne tous les phénomènes, cl ne comprenne pas d'autres phénomènes que ceux considérés communément comme vitaux. Pour arriver à réaliser celle bonne définition, il sera bon de considéi'er ici quelques-unes des définitions les plus soulenables qui en ont été données ; d'autiot plus qu'en reconnaissant à quels égards les définilions courantes sont défectueuses, nous verrons ce qu'elles réclament pour Être plus complètes.
Schelling, et sprès lui Coleridge, son plagiaire, définissent U vie : « La tendance à l'individuation. ■ C'est une formule qui ue parait offrir que peu de sens, à moins qu'un ne l'étudié. Mais il suffit de considérer l'interprétation qu'elle rcçoitdes faits de développement ou des contrastes entre les formes supérieures et les formes inférieures de la vie pour en reconnaître la valeur, p«rticulièrement par rapport à sa compréhension. On peut cependant lui faire des objections: d'abord, en se fondant sur ce qu'elle
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M rapport» Aoins aux phén^Dènes qui constituent la vie qu'à la fiarmation de ces agrégats particuliers de matière qui manifestent la-Tie ; ensuite en se fondant sur ce que cette déGnition renferme dans ridée de vie beaucoup de choses que nous en excluons d'ordinaire, par exemple, la cristallisaSon.
La définition de Richerand» qui dit que : « La vie est une collection de phénomènes qui se succèdent durant un temps limité dans un corps organisé, » est exposée à cette critique inévitable, qu'elle s'applique aussi bien aux phénomènes de décomposition qui se produisent après la mort, car ceux-ci aussi constituent € une collection de phénomènes qui se succèdent durant un temps limité dans un corps organisé. »
La définition de Blainville : « La vie est un double mouvement interne de décomposition à la fois général et continu, o est à quelques égards trop large et à quelques égards trop étroite. D'une part, si elle exprime bien ce que les physiologistes distinguent sous le nom de vie végétative, elle exclut complètement ces fonctions de système nerveux et musculaire qui forment la classe la plus remarquable, la plus caractéristique des phénomènes vitaux. D'autre part, elle décrit non-seulement le mouvement d'intégration et de désintégration qui se passe dans un corps vivant, mais elle décrit tout aussi bien celui d'une batterte galvanique» qui manifeste aussi c un double mouvement interne de composition et de décomposition à la fois général et continu. »
Ailleurs, j'ai proposé moi-même de définir la vie : — « Une coordination d'actions ^, o et j'incline encore à cette définition, comme répondant aux faits avec une précision supportable. Elle renferme toutes les fonctions vitales à la fois, des viscères, des membres, du cerveau. Elle exclut la grande masse des phénomènes inorganiques qui manifestent peu ou point de coordination. En mettant en vue la coordination comme caractère spécifique de la vitalité, elle implique ces vérités : que l'arrêt dans la coordination, c'est la mort, et une imperfection dans la coordination, la maladie. De plus, cette définition, faisant de la coordination la propriété essentielle, est en harmonie avec nos idées de la vie à tous ses degrés divers, vu que les organismes que, sous le rapport de la vie, nous plaçons au plus bas rang sont
• Yoya WtMlminstir BusiiWt avril 1852, art. 4.
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ceux qui ne manirestent ifà'une 'liifeie' toordinalH que, de ceux-ci k Thomme, on rèconmlt qu'à Pt du degré de vie répond aussi un aecroisMmeDt dam Yi la complexité de la coordmation. Mais eette déOnUta a, m commun avec les autres^ lewfaut d'avoir trop d% elle peut s'appliquer an système solaire, qui, avec ments réguliers et l'équiUbre entre ses perturbatiom, aussi une coordination d'actions. Bt quoiqu'on puisse d'une manière plausible que, considérés d'une manière abslnilei les nfouvemeuts des planètes et des satellites sont aan jids» ment compris dans l'idée de la vie que les modiCcatioDS (Tsat graine insensible et immobile, oependabt on doit admettre qn ces mouvements sont étrangers à cette idée dana le sens rmai nément reçu et telle qu'il faut la formuler ainsi.
Il reste à ajouter la définition qui a été anggérée depuis psr M. G.-H. Lewes : — « La vie est une série de changements délH^ minés et successifs à la fois, dans la structure et la compostioa, qui se produisent dans l'individu sans détruire son identité, s Li dernier fait que cette définition a le mérite de mettre en fue, — — la persistance de l'organisme vivant comme un tout, Dslfré la destruction et le remplacement de ses parties, — est important. Mais on peut lui reprocher d'abord que, comme les dusgements de structure et de composition, quoique étant probible» ment les causes des actions nerveuses et musculaires, ne soat point les actions nerveuses et musculaires elles-mêmes, la définition exclut les mouvements les plus visibles avec lesquels ootif idée de la vie est associée; de plus, en représentant les chiagements vitaux comme une sérU^ la définition implique à peine ce fait : que plusieurs d'entre eux, comme la nutrition, la circulation, la respiration, la sécrétion, dans leurs diverses subdith sious, se produisent simultanément.
Ainsi, quoique chacune de ces définitions exprime les pbéDOmènes de la vie d*une manière exacte, sous l'un ou l'autre de leurs aspects, aucune n*est vraie qu'approximativemeut. On peut répondre qu'il est impossible d'en trouver une qui rédisie à toutes les épreuves. Cependant, il est possible de donner use formule plus adéquate que toutes celles qui précèdent. Toutes ces détiuitions, comme nous allons voir, omettent un eIn^ tère essentiel des actions vitales en général, — un caractère qui. pen*^"' nius qu'aucun autre, les distingue des chaugemefltt