‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 8 sur 67 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

^ 3â. Tout agent capable d'altérer Tétat moléculaire d'un nerf, fuit que le nerf produit le changemeDt particulier qui lui est habituel. Des expériences prouvent que sous rinfluence de stimulus de tout ordre, chaque nerf produit la même espèce d*eSets; ou, pour parler exactement^ que l'effet esttoojours de la même espèce partout où son espèce le rend accessible à Tobservation.

Ainsi, si Ton touche rudement l'extrémité d*ua nerf qui Tt à un muscle, le muscle se contracte ; s'il est corrodé par an alcali ou un acide, le muscle se contracte. S'il est galfanisè, le muscle se contracte. S'il est chauffé brusquement, le musde se contracte encore. — De même pour un nerf vaso-moteur. Que l'agent perturbant soit mécanique^ chimique, thermique, électrique, il en résulte à rexlrémité périphérique le même changement dans l'état des artères.

Un fait analogue, c'est qu'un nerf irrité, soit à l'extrémité qui reçoit normalement l'excitation, soit à quelque endroit situé entre cette extrémité et l'organe sous la dépendance du nerf, produit des effets semblables en nature, au moins, sinon en degré. Comme on l'a déjà dit, la quantité de changement produit croit avec la longueur du nerf à travers lequel l'impulsion est transmise. Mais la qualité de changement reste identique, que le stimulus soit appliqué à un point rapproché ou éloigné.

deux laits s'accordent avec l'hypothèse sur laquelle appuyésjusqu'ici. Si l\xcitation transmise

le long d'un nerf est une onde de transformation isomérique, l'espèce d'effet produit par Tonde à l'endroit qu'elle atteint accidentellement, sera la même oîi qu'elle commence et quel que soit le stimulus employé.

§ 33. Un nerf n'est pas capable d'excitation ni de décharge continues. En agissant continuellement d'une manière quelconque sur l'extrémité ou la partie coupée d'un nerf, on ne produit pas d'effet continu sur le centre nerveux ou sur l'organe périphérique.

Supposons que le nerf qui se rend à un muscle ait été mis à nu et coupé en deux : si on presse brusquement la partie qui se rend au muscle, celui-ci se contractera. Mais si on continue la pression, la contraction ne continuera pas pour cela. Ou si ce nerf fait partie d'un circuit électrique, alors, au moment où le circuit se fermera, il y aura contraction du muscle^ mais contraction momentanée, et le circuit en continuant ne produira pas d'effet visible. Pour que la contraction musculaire se maintienne, il faut transmettre au nerf une succession rapide d'excitations distinctes. Si le nerf fait partie d'un circuit électrique qui puisse être ouvert et fermé à volonté, alon^ quand le circuit se ferme, le nerf se contracte; ai on l'ouvre et le ferme alternativement très -vite, alors la contraction du muscle devient persistante. C'est ce qu'on peut démontrer en expérimentant sur une grenouille morte ou même sur un être humain vivant. Un homme qui tient les deux cylindres mctéliiques formant les pôles d'une machine électro-magnétique, ne peut lâcher les cylindres quand le courant intermittent traverse ses bras. Le même résultat arrive quand les excitations sont mécaniques au lieu d'être électriques. Si, à l'extrémité coupée d'un nerf moteur, on imprime une série rapide de coups, le muscle auquel il se rend est mis en état tétanique.

Ce fait, que ce qu'on appelle le courant nerveux consiste en ondulations successives, est d'une grande importance. Nous verrons plus tard qu'i en résulte plusieurs corollaires impor-

82 LKS DONNÉES DK LA PSYCHOLOGIE.

taDts. Pour le moment, il suffira de remarquer que ce fait est entièrement en harmonie avec l'hypothèse sur laquelle nous nous sommes appuyés jusqu'ici. Si Texcitation nerveuse Yoyage comme une onde de changement moléculaire; si cette onde est telle que les molécules de substance nerveuse tombent d'un de leurs états isomériques à un autre, ayant ainsi dû tomber pour se transmettre ou pour accroître le choc nerveux, elles restent incapables de rien produire, tant qu'elles n'ont pas repris leur état isomérique antérieur. De la nature même de ce processus, le caractère intermittent de Faction nerveuse résulte nécessairement.

§ 34. La transmission d'une excitation à travers un nerf prend un temps appréciable. La durée de cette transmission, mesurée par Helmholtz, a été trouvée de 28 à 32 yards par seconde. Cette variation est due sans doute aux différences de constitution : et c'est à cette variation qu'est due la particularité individuelle appelée par les astronomes <c équation personnelle. »

Cette particularité confirme encore l'opinion qu'une déehai]^ nerveuse est une onde de transformation isomérique. Si l'excitation transmise à travers une série de molécules est telle qu'elle ne produise aucun changement permanent dans leurs positions relatives, alors cette excitation peut être transmise excessivement vite, parce que la quantité de mouvement moléculaire qui doit être produit est excessivement petite. Hais si les molécules doivent être transposées ; si, comme dans une transformation isomérique, les éléments de chaque molécule composée subissent une altération dans leurs positions relatives, alors la quantité de mouvement moléculaire produit doit être comparativement très-grande, et comme ce mouvement a lieu dans chaque molécule avant que la voisine soit affectée, il doit y avoir un grand retard dans la transmission de l'excitation .

§ 35. Ce fait, que l'excitation nerveuse prend un temps appréciable pour aller de la périphérie au centre ou du centre

à la périphérie, doit être rapproché de cet autre, que Teffet produit au centre ou à la périphérie dure ud temps appréciable. C'est ce qui se voit dans la contraction musculaire, laquelle est continue, quoique l'excitation soit intermittente. La modification moléculaire produite dans le muscle par la modification moléculaire des fibres nerveuses distribuées dans le muscle, a une durée qui comble l'intervalle entre chaque onde d'excitation et la suivante. Nous n'avons pas de preuve directe qu'une pareille continuité d'états résulte des ondes successives propagées jusqu^à un centre nerveux, car les actions dont les centres nerveux sont le siège ne sont pas perceptibles objectivement. Mais nous trouverons bientôt d*abondantes preuves indirectes que ces changements durent aussi pendant une période mesurable.

Cette vérité générale, comme celle qui précède, peut être considérée comme un corollaire de ce qui a précédé. Les transformations classées comme chimiques prennent, du temps de même que celles classées comme isomériques. Il est vrai que les explosiotis dues à une action chimique sont instantanées (on ne peut cependant en donner une descriptionf'Bcienlifique exacte, comme on peut le voir quand k matière l}ui fait explosion est d'une grandeur considérable). Mais les explosions n'ont lieu que dans ces cas exceptionnels, où les éléments forment une combinaison moléculaire, comme dans les composés détonnants, ou sont intimement mélangés, comme dans la poudre. Dans les cas ordinaires où les masses sensibles des éléments sont extérieures les unes aux autres, les actions chimiques, limitées aux surfaces de contact, ont lieu avec une lenteur comparative; le protoplasma granulaire qui est à l'intérieur et autour des cellules nerveuses, forme avec le liquide qui le baigne et le sang fourni par les capillaires voisins une masse dans laquelle les éléments ne sont qu'imparfaitement mêlés, et par suite le changement chimique ne peut avoir lieu instantanément. Par suite, il doit y avoir quelque temps entre la récepiioii d'une onde de mouvement

moléculaire par un centre nerveux et rémission du mouvement moléculaire ou la décharge.

§ 36. Si un centre nerveux qui reçoit uue excitation par un nerf afférent subit un changement physique et envoie une décharge le long des nerfs efférents, il devient par là moins capable de produire de pareilles décharges en réponse à de pareilles excitations. La quantité de mouvement moléculaire enfermé dans un centre nerveux est mesurée par la quantité de matière instable qu*il contient; et la décomposition de cette portion de matière nerveuse instable qui était le plus favorablement placée pour recevoir Taction , laisse nou-seulement une quantité moindre, mais une quantité moius favorablement placée pour recevoir l'action; par conséquent cette matière est moius propre à subir un changement quand on l'excite, et elle a une moins grande quantité de mouvement moléculaire à dégager. Par suite, toutes choses restant égales» chaque excitation d'un centre nerveux diminue pour un temps son impressionnabilité et son énergie.

Cet affaiblissement temporaire d'un centre nerveux n'est pas sensible» quand il est causé par une action modérée. La masse désintégrée se réintègre vite, grâce aux matériaux apportés par le sang. Mais si Texcitalion et la décharge qui en résulte sont violentes ou si elles sont répétées très-rapidement, alors la réparation est tellement en arrière sur la perte, qu'il s'ensuit une incapacité entière ou partielle du centre nerveux. Toute la substance instable qui est à la portée des excitations afférentes a été décomposée ; la substance instable la plus éloignée des excitations ne l'a pas été, et ne peut l'être que quand les excitations sont excessives. On peut citer comme éclaircissement une expérience bien connue sur le système vaso-moteur d'une grenouille. Si on place la patte d'une grenouille sous un microscope de façon à montrer les artères qui se ramifient dans la membrane transparente qui unit les doigts, et si on applique sur la membrane quelque irritant» le premier résultat observé, c'est que les artères se

contractent violemment; la forte impression transmise aux centres yaso-moteurs envoie des décharges excessives aux fibres qui se rendent aux artères, et produit des contractions spasmodiques de leurs enveloppes musculaires. Le second résultat, c'est que les artères se dilatent : pendant leur contractilité normale, elles sont distendues par le sang, et la partie est, comme on dit, congestionnée. On a prouvé clairement que cela est dû à une extrême prostration ou à une paralysie temporaire du centre vaso-moteur; car, si le tronc nerveux qui contient les fibres vaso-motrices est mis à nu et irrité artificiellement, les artères dilatées se contractent imgDédiatement. L'effet produit par une friction sur la peau humaine montre comment la prostration d'un centre nerveux peut avoir lieu par une succession rapide d'excitations et décharges modérées au lieu d'une excitation et d'une décharge violente. Un seul frottement modéré ne cause qu'une légère action réflexe sur les vaisseaux, et laisse l'appareil vaso-moteur en état d'agir sans diminution apparente de pouvoir; mais une série de frottements est suivie d'une congestion temporaire des vaisseaux : il faut un peu de temps avant que le centre vaso-moteur regagne tout son pouvoir sur eux. Et si on échauffe ainsi continuellement la peau, la faiblesse excessive du centre vasomoteur produit cette rougeur durable appelée congestion. Les parties du système nerveux employées à l'action musculaire montrent chaque jour le même rapport général. La fatigue est un état dans lequel l'aptitude à produire du mouvement a été grandement diminuée par une production de mouvement longtemps continuée : un cheval fatigué ne répond que faiblement au coup de fouet^ et montre ainsi que, pour produire l'énergie nerveuse ordinaire, il faut transmettre une impulsion plus violente aux centres nerveux.

Ce fait ne se produit pas sans irrégularités : elles sont dues à cet embrouillement de conditions qui a été indiqué à la fin du dernier chapitre. Il arrive fréquemment, par exemple, qu'après avoir accompli sa fonction pendant quelque temps, un

centre nerveux répond mieux à la demande qu'il ne Ta Mx au débuts — ce qui semble en désaccord avec la conclusion précédente. Mais cette conclusion suppose que toutes les circonstances sont restées les mêmes, ce qui n'arrive pas en pareil cas. Il y a eu exaltation de l'action du cœur ou accroissement local de la quantité de sang^ ou aération plus rapide du sang, ou tout cela à la fois. Lorsque la fonction qui suppose la désintégration et la réintégration d'un centre nerveux a été mise pleinement en jeu, la déperdition et la réparation vont plus vite. Il en résulte une impressionnabilité et une énergie plus grandes que quand le centre entièrement en repos ne contenait que peu de sang à circulation languissante.

§ 37. Si la vie avait un ton uniforme, si les conditions terrestres étaient telles que des actions de toute sorte pussent être aussi facilement reproduites à une époque qu'à une autre, la réparation et la déperdition de tous les organes, en y comprenant les organes nerveux^ s'accompliraient d*une façon à peu près uniforme dans tous. Mais la succession du jour et de la nuit amène une succession d'aptitude plus ou moins grande ù l'action qui a son effet dans une déperdition et une réparation successives des organismes qui s'adaptent à cette succession. Cette adaptation est due manifestement à la survivance du plus apte. Un animal constitué de telle façon que la déperdition et la réparation soient balancées d'instant en instant, dans les vingt-quatre heures, serait, toutes choses égales, vaincu par un ennemi ou compétiteur qui pourrait déployer une plus grande énergie durant les heures où le jour facilite l'action, tout en ayant moins d'énergie durant IfS heures de la nuit et de la retraite. Par suite, cette variation rhythmique dans l'action nerveuse, que nous appelons sommeil et veille, s'est établie nécessairement. Nous pouvons les considérer, l'un comme un état des centres nerveux dans lequel la déperdition l'a emporté de beaucoup sur la rcpara- UoD ; l'autre» comme un état où il y a eu réparation en vue de

4ép«rdition future.

BornoDS-nous aux personnes chez qui les rhythmes fonctionnels n'ont pas été dérangés par des eieitations trop grandes : nous voyons qu'après 16 ou 18 heures d'impressionnabilité ou d'énergie soutenues, on est moins apte à répondre aux excitations qui tombent sur les yeux, les oreilles, la surface du corps; puis cela devient si prononcé que des sons violents et l'irritation produite par des attitudes violentes D*excitent même plus de mouvements. Quand il y a eu excès d'activité ou défaut de sommeil, l'irapressionnabilité décroît tant qu'en chatouillant les narines ou en pinçant la peau, on ne cause presque plus qu'un tressaillement réflexe. Q| changement si marqué, et souvent si rapidement établi, peut sembler un eifet qui excède la cause présumée; mais on en rend pleinement compte, si nous y comprenons un effet indirect de cette cause. La déperdition des centres nerveux étant devenue telle que les stimulus reçus du monde extérieur ne suffisent plus à provoquer des décharges requises, il en résulte une diminution dans l'impulsion transmise à ces organes internes qui servent à l'activité nerveuse, particulièrement le cœur. Par suite, les centres nerveux, qui déjà fonctionnent faiblement, sont moins fournis de sang et commencent à fonctionner encore plus faiblement, à répondre encore moins aux impressions, à envoyer encore moins de décharges au cœur. Et par suite de cette action et réaction, on en arrive à cet état profond d'inactivité et de non-impressionnabilité.

Entre cet état et l'état de veille, la différence essentielle consiste en une grande réduction de la déperdition. Certainement, dans quelques centres nerveux, et probablement dans tous, la déperdition ne cesse pas absolument : il y a continuation de ces émissions de force qui entretiennent les processus vitaux; et il est, je crois, invraisemblable qu'il y ait jamais arrêt complet de ces changements qui ont lieu dans les centres supérieurs. Mais la moyenne de déperdition tombe si bas que la moyenne de réparation remporte de beaucoup. Ce n'est pas que, durant la période d'activité, la déperdition

marche sans réparation, et que, dans la période d'inacli?ité, le contraire ait lieu : les deux vont toujours ensemble. U est très-possible et même probable que la réparation est aussi rapide durant le jour que durant la nuit; peut-être même plus rapide, car le sang est en moyenne plus riche et circule plus vite. Mais^ durant le jour^ la perte est plus grande que le gain; tandis que durant la nuit, il y a à peine quelque perte qui diminue le gain. De là résulte une accumulation, il y a une restauration du tissu nerveux dans son état d'intégrité.

L'effet de cette restauration se montre en quelques heures par le retour de Timpressionnabilité. Tandis que, dans Tétat d'assoupissement, il y a tendance à moins répondre aux excitations extérieures, rapproche de Tétat de veille est caractérisé par une tendance à y répondre davantage. Pendant la période de repos, les nerfs afférents restent sujets aux forces incidentes. La pression du corps sur le lit en affecte quelquesuns; d'autres sont affectés par le contact des draps; d'autres par un excès ou un défaut de chaleur; d*autres par les vibrations sonores qui se produisent constamment. Mais^ tandis que le sommeil vient de ce que les centres fatigués par l'action deviennent de moins en moins sensibles à ces stimulus^ la veille vient de ce que les centres réparcs pendant le repos deviennent de plus en plus sensibles à ces stimulus. Dans la première partie de la nuit^ les muscles et les ligaments ne faisaient pas Teffort nécessaire pour changer l'attitude ; ils le font vers le matin. La quantité de lumière qui traverse les cils suffit maintenant pour provoquer des mouvements. Un léger bruit qui, quelques heures auparavant, n'eût eu aucun effet, fait maintenant tressaillir. Même en l'absence de stimulus externes (lesquels cependant ne sont jamais absents}, il y a des excitations venant des viscères, spécialement du canal alimentaire : la vacuité de l'estomac peut suffire pour transmettre au système cérébro-spinal assez d'excitations pour mettre fia au repos. Plus longue est la réparation sans perle

iable, plus grande est Tinstabilité des centres nerveux sposition à agir; en sorte qu'il doit à la longue arriver ips où les plus légères impressions produiront des nents. De pareilles impressions , quelque légères s soient, sont des antécédents nécessaires. Les centres i réintégrés ne reprennent leur activité que quand une ion arrivant de la périphérie trouble quelques-unes de lolécules. La preuve nous en est donnée chaque matin, ant d'un sommeil qui nous a refaits, il y a effort invoi des muscles dans tout le corps; ce qui prouve une 56 décharge motrice sans direction. Mais ce n'est pas là nitial : nul ne s'éveille sans s'étirer ici et là, ce qui a >ù il y a décharge spontanée. Elle se produit après ces sxcitations qui sont propagées aux centres, dès que B légère excitation a amené ces petits mouvements qui agnent le réveil. Un son léger fait ouvrir les yeux et

la tête. Alors suivent des impressions vives venant yeux, par la peau, qui frotte contre les draps, par les s, qui produisent les mouvements : comme il vient de )hérie un agrégat relativement grand de stimulus, il Ite un flux relativement grand d'excitations motrices. )otinuant, nous pouvons comprendre pourquoi l'énertinue à grandir quelque temps après le réveil. Nous a que, quand une fois l'assoupissement a commencé^ il arce que, à mesure que les décharges des centres ner- Qt moindres, le cœur, perdant une partie de ses excitaommence à s'allanguir, et cet allanguissement conduit us grande inertie des centres nerveux qui réagit comme mment. Au contraire, il est clair que quand les centres I9 réparés par le sommeil, sont de nouveau capables de ^68 vigoureuses, il se produit une action et une réaction

Teffet opposé ! Quand on s'éveille, les pulsations sont atîvement^ faibles. Mais, dès que les excitations comit à être reçues par les organes des sens, et que les :es des centres nerveux sont renouvelées, le cœur

;)0 r.KS noNMîKs de la psychologie.

marche et réagit pour sa part plus vigoureusement. Par là i! fournit aux centres nerveux un afllux de sang plus abondant et plus rapide. Une plus grande décharge nerveuse devient ainsi possible et, entre autres résultats, elle exalte Taction du cœur. Ainsi va cette action réciproque : et la plus grande vigueur nerveuse est atteinte, quand factivité vasculaîre a été encore augmentée par un repas, et que le sang a été enrichi par les matériaux absorbés.

§ 3K. Ce qui précode, et principalement la dernière section, implique quo Toxcitation et la décharge nerveuses ont toujours dos résultats à la fois généraux et spéciaux. Outre l'effet primaire et dotini produit sur une partie spéciale par une impression spéciale, il y a dans chaque cas des effets secondaires cl indéfinis, répandus dans tout le système nerveux, et par lui dans tout le corps.

On a montré vi^ 10, il' que le centre nerveux le plut simple met en rapport non-seulement des fibres afférentes et elTèrentes, mais que , par d'autres tibres commissurantes et centripètes, il y a dos connexions établies entre lui et d'autres centres nerveux du même degré ou d'un dogré supérieur. De plus, nous avons \u que, quind un pareil centre nerveux est oNcitépar un nerf efftrent. le mouvement nu»léculaire dégagé no s\i happe pas tout ontior K \o:\iZ d'un uu de plusieurs cerfs otrèronts, mais qu'il y en a une p:\rrio qui, propagée aux centres nerveux supérieurs, y produit dis chanizemenls supplénienlairos. La diffusion ne s'arrOio pas ià : eiie atteint des parties plus oloignèes, el ainsi ro\oiîa:iou d'une simple fibre nerveuse, si elle est oonsiJtrabio, so répercute dans le système nerveux loui in'.ier, et alToole touUs l-.s fv-ncliuns qu'il gouverne. Fn oufono.uit une èpincîe dans K- pied, on peut causer une coniraolion oonvuUivo. non-scu!? mon: d- s muscles de la jambe, mais de j-'iisiours autres m.is^ -s d.ins tout le corps. En mjme temps ce'a peut a'.torir !:^ pouU ot produire une CMBtriclion le long des artères. Li s ^:ruc!urts excrétoires de li pMO peuvent être affectées de fa^oii qu'il en résulte

UDC IranspiratioD subite, et les actions qui se passent dans le

canal alimentaire peuvent être dérangées. Ces répercussions,

très-frappantes quand les eicitations sont fortes, ont lieu aussi

quand les excitations sont faibles. Une lumière plus vive,

causant dans le nerf optique des changements ondulatoires

plus forts, augmente le degré de la respiration, et les autres

fonctions vitales sont sans doute eialtécs en même temps. De

sorte que chaque impression nerveuse, outre une réponse

directe sous forme d'accroissement d'action d'un ou de

plusieurs organes^ provoque une réponse indirecte sous forme

d'accroissement d'action de l'organisme dans son entier.

Si on se rappelle qu'à chaque instant, l'excitation qui se répercute ainsi à travers tous les passages du système nerveux n'est pas solitaire, mais qu'il y a beaucoup d'excitations semblables, naissant ici d'une pression tactile, là du son et de la lumière, ici d'un elFort musculaire, là du froid ou du chaud, on verra clairement que, outre le petit nombre d'ondes distinctes de changement nerveux produisant leur effet distinct, il y a une multitude d'ondes indistinctes, secondaires et tertiaires, voyageant dans toutes les directions et produisant leur effet indistinct.

§39. Puisque ces excitations partout réfléchies et reréfléchies agissent comme stimulus, nous pouvons considérer le système nerveux comme étant lui-même, à tout instant, en état de perpétuelle décharge. Les molécules instables de ses centres, exposées à cette répercussion confuse, sont sujettes à une déeompositioD, toutes les fois qu'une concurrence de petites ondes rend Tagitation locale considérable, et le mouvement moléculaire dégagé par là s'ajoute au flux centrifuge qui a lieu perpétuellement. Nous devons donc, pour bien concevoir l'action nerveuse, considérer les émissions sensibles de force, qui viennent des parties du système nerveux fortement excitées, comme naissant d'un fond vague d'émissions insensibles qui viennent du système nerveux tout entier, quand il est légèrement excité.

C'est probablement à cette excitation nerveuse générale, avec la décharge qui la suit, qu'est due une certaine adioD générale des organes moteurs. Il n'y a pas de muscles qm soient jamais en état de ropo? absolu. Ce que nous appeloni mouvement musculaire est produit par une contraction plu grande dans certains muscles que dans d'autres. Les autres, cependant, sont tous contractés légèrement, et chacun pnn duirait un mouvement, s'il nVtait contre-balancé ou vainca par des muscles antagonistes. Cette activité des muscles est ee qu*on appelle leur état tonique. Et si nous regardons des contractions particulières comme les résultats de décharge! nerveuses particulières, nous avons de bonnes raisons de conclure que cette contraction universelle est le résultat d'une dêcharsre nerveuse universelle. En voici quelques exemples : — Le souîmeil, considéré d'après ce qui précède» implique une diminution de décharge nerveuse générale et spéciale. Une diminution de la charee générale doit donc se manifester par une diminution de la contraction tonique. C'est ce qu'on voit aussi. Ou^nd on tombe endormi, il y i relâchement nuisoul.ûre, quoiqu»^ antérieurement l'attitude fût telle qu'il semblât qu'il n'y eût besoin d'aucun efForl pour Kl maintenir: cepend.mt la preuve qu'il y avait effort musculaire, et que subitement il est liivenu nv.'iu'lre, c'est que les j\mbes ou la tète tombent de m.inière ;i prendre une position plus stable. — Certaines ma'iuii'S, comme la paralysie, en fournissent d'autres preuves. Les tuchisseurs et les eitenseun qui, coDîrKtts d'uui^ f.io m m rmile. ser\enl par réquilibre de Irur auty^roni-"^»- à lr^:r:r u\\ membre ferme, cessent de k faire quanil h «îf^'hir^ze n»T\tuse irtnérale n'est pas a$se2 i:r\nde pour is u ht les i tvu- !»s lu'res muscles. A défaut d'un stiinu us .]«:i snfrlse tant îux e\?tns»Mîr? qu'aux fléchisseurs, lau'.'i !»'< uni. îui!Mîie* iT.r-s seront hors d'étal de fiire tquilih-e à leur iP!aj>'Pi?ti\ Tt -Tni rtab.il clairement la eause de ces tremb!e*!u-nîs. ^t ?t o» o;- lunjs \oviins dans les persoDoes débilitées p.u- une excii \:ivn excessive ; car chea

elles ce symptôme peut être ou mitigé temporairement ou presque guéri par raccroissement temporaire de la décharge nenreuse générale. L'ivrogne, qui, au commencement de la jooroée, ne pouvait pas soulever son verre sans en renverser le contenu, peut le faire après que son cerveau a été excité par sa dose habituelle d*alcool.

Naturellement, ce n'est pas dans les muscles seuls que ce flux centrifuge continu est dépensé. Par l'intermédiaire des nerfs qui unissent le système cérébro-spinal avec le système grand sympathique, les viscères en reçoivent leur part. Par suite, l'excès d'énergie nerveuse qui, sans sollicitations spéciales, se répand dans les structures motrices donnant de l'élasticité à la démarche^ au dos sa courbure concave, aux épaules leur ouverture^ à la tète sa tenue droite, etc., a pour résultats simultanés une circulation plus rapide, une digestion plus vigoureuse et une exaltation des processus vitaux en général.

§ 40. Yoici, d'un point de vue quelque peu différent, les principaux faits qu'il nous importe de ne pas oublier.

Les excitations et décharges nerveuses consistent en ondes de changement moléculaire qui se chassent rapidement Tune Tautre dans les fibres nerveuses. L'excitation ou la décharge formée par ces ondes se produit là où la matière nerveuse instable a été excitée, quel que soit l'agent qui a causé l'excitation. I/Cs ondes successives voyagent chacune avec une rapidité considérable^ si on la compare aux mouvements sensibles ordinaires, mais extrêmement lente si on la compare à d'autres mouvements moléculaires. Chaque série d'ondes causée parla décomposition d'une matière nerveuse instable est un moyen d'en décomposer d*autres, ce qui produit d'autres séries d'ondes souvent plus fortes qui se chassent de même dans des parties nombreuses et éloignées du système nerveux.

Il y a un triple rhy thme dans ces excitations et décharges nerveuses^ — chaque forme de rhythme étant due à cette in-

94 LES DOXNÉKS DE r.\ PSYCHOLOGIE-

capacité plus grande ou moins grande pour raction qu^onc action produit. Nous avons vu que toute onde de tnmsfomistion isomérique qui traverse une fibre nerveuse y produit une incapacité momentanée de transmettre une autre onde, et qu'elle ne recouvre sa capacité que quand son mouvement moléculaire perdu a été remplacé, et par là même son étal instable rétabli. Nous avons vu aussi que toute portion de matière grise d'un centre nerveux qui, ayant été excitée et partiellement décomposée, a dégagé un choc de changement moléculaire, perd de sa capacité en proportion, et qu*eUe ne recouvre sa capacité originelle qu*à mesure que les matériaux fournis par le sang produisent en elle une réintégration. Enfin nous avons vu ce dernier rhythmc conduit par ralternance de la veille et du sommeil, rhy thme qui a la même origine que le précédent et le complète.

Le fait que nous avons ensuite examiné, c'est que chaque excitation spéciale et la décharge spéciale qu'elle produit, réunies, ne forment pas la totalité de chaque acte nerveux, mais qu'il y a toujours accompagnement d'une excitation et d'une décharge générales. Chaque partie du système nerveux est à chîique instant traversée par des ondes de changement mo!t'Cu!aire, ici faible, là fort. Il y a une répercussion universelle d'ondes secondaires, excitées par les ondes primaires, se produisant tantôt ici, tanlùt là; et chaque acte nerveux sert ainsi à exciter les procossus >itaux en général, tout en produisant quelque processus vital particulier. En reconnaissant eu fait, ou découvre une parenté beaucoup plus étroite qu'on ne le supposait à première vue entre les fonctions du système nerveux et les fonctions organiques en général. Quelque différence qu'il y ait, à beaucoup d'égards, entre les ondes sanguines et ces ondes de mouvement moléculaire, celles-ci ^e^^emltlent aux premières en ceci, qu'elles sont perpétuellement produites et rép:in«lu..à dans tout le corps. H y a encore ce point de ressemblance, que les ondes centripètes sont comparativement faibles, tandis que les ondes ceolrifuges

sont comparativement fortes. A ces analogies il faut en ajouter une non moins frappante : c'est que Taccomplissement de la fonction de chaque partie du corps, de la plus élevée à la plus basse, dépend autant de TafClux local d'énergie nerveuse que de Tafflux local de sang.

Page 1