‹ Principes de rhétoriqueChapitre 10 sur 79 · Deuxicme Dialogue sur l'éloquence · texte numérisé non relu

Deuxicme Dialogue sur l'éloquence

L'OUATEUn. I?,

plutôt la raison commande pour lui, et on obéit. >'

« Léloquence, dit Bautain, n'est digne de son nom. et ne répond à sa haute destination, que si elle domine la volonté humaine par l'intelligence, en la portant à se résoudre, comme un être raisonnable et libre doit le faire, non pas seulement par des impressions sensibles, par les tableaux de rimagination, parles emportements delà passion, mais surtout par la vue de la vérité, par la conviction de la justice et du bien, c'est-à-dire par l'idée qu'elle lui en donne, ou plutôt quelle doit engendrer, développer et vivifier dans son âme '. »

Nous dirons plus loin, en traitant des parties du discours, comment l'orateur prouve la vérité qu'il veut suggérer à son auditoire.

Nous nous contenterons d'observer ici que la vérité qu'il veut établir n'est pas la vérité en général.

L'idée qu'il exprime lui est personnelle, ou du moins, si elle lui est commune avec les autres hommes, si elle est du domaine général de la vérité , il la fait sienne par la réflexion ; et c'est avec ce caractère de conviction personnelle qu'il essaie de la communiquer aux autres, par tous les moyens en son pouvoir. Par là. l'orateur diffère du savant ou du philosophe qui communiquent bien la vérité, mais qui n'y attachent pas leur personnalité au même degré.

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