Lettre à V Académie
Les peuples modernes n'ont guère connu léloquence politique qu'avec les institutions parlementaires et les assemblées permanentes.
En France, malgré quelques essais aux Etats généraux de 1302 et de 1614. elle n'a commencé qu'aux États généraux de 1789. L'Assemblée constituante eut comme orateurs principaux. Mirabeau, Maury, (^azalès et Barnave. A des titres divers et avec des mérites différents. Robespierre. Vergniaud et Danton furent les orateurs de la Convention.
Napoléon n'avait pas permis à l'éloquence pu- ])lique de se produire; mais, sous la Restauration et depuis, la tribune politique n'a pas cessé de briller du plus vif éclat. Sous la Restauration, elle se glorifia des noms de Royer-Collard, de Serre, Benjamin Constant, Casimir Perier, ^lartignac, le général Foy, etc.: plus tard, elle produisit les Guizol, les Tliiers, les Berryer, les Montalembert, et une foule d'autres qui, jusqu'à nos jours, ont fait de l'éloquence parlementaire une gloire incontestée pour notre pays.
Les Anglais nous avaient devancés dans l'éloquence parlementaire. La guerre d'Amérique et la lutte contre la Révolution française furent les grands excitants de cette éloquence en Angleterre. Les plus célèbres orateurs anglais furent Burke, William Pitt, connu plus tard sous le nom de lord Cliatam, Fox, etc.. Dans la suite. O'Connell, le grand agitateur de l'Irlande, illustra à jamais l'éloquence politique, au point qu'on a pu dire de
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lui que « jamais, en aucun siècle et en aucun pays, aucun homme ne prit sur sa nation un empire aussi absolu, aussi complet ' ».
De nos jours, léloqucnce politique compte de nombreux représentants presque dans toutes les grandes nations de l'Europe. Le discours politique est partout la grande puissance qui décide du sort des peuples. Jamais, à aucune époque, la parole ]iumaine n'avait été appelée à exercer une telle influence.