Arl d'ccrire, ch. Y
LE DISCOURS. lor
La plupart des rhéteurs distinguent, dans le style figuré, les figures de mots et les figures de pensées. On peut critiquer cette dénomination et dire que toutes les figures sont des figures de pensées : mais elle se justifie en ce sens que les unes disparaissent avec les mots qui les expriment, les autres restent les mêmes malgré le changement des expressions. Cela suffît pour qu'on appelle les premières figures de mots; les autres, figures dépensées.
I^FiGURES DE MOTS. — Lcs autcurs de rhétorique énumèrent un très grand nombi-e de figures de mots.
« Gardez-vous bien, dit Condillac, de mettre ces noms dans votre mémoire *. »
Celles dont l'usage a consacré l'importance, en même temps que le nom, dans le discours surtout. sont :
a) La métaphore, qui consiste à faire passer un mot de son sens propre à un autre sens :
C'est ainsi qu'on (}ài\?i pénétration de Vesprit, la rapidité de la pensée, le feu de la jeunesse, le poids des années, etc..
Toute métaphore n'est pas légitime. 11 fautc[u'ellc exprime une image juste et qu'elle soit conforme au bon goût.
On ne saurait approuver J.-B. Rousseau parlant des jeunes zéphyrs qui ont îend\il'éco?-ce des eaux.