‹ Principes de rhétoriqueChapitre 6 sur 79 · Des ouvrages de l'esprit · texte numérisé non relu

Des ouvrages de l'esprit

•2. Maximes, 274.

4 l'IMN'CIl'ES DE KIIETOKIQUE.

tient est éloquent; mais on peut être éloquent sans arriver à persuader.

Si l'éloquence a une telle puissance, il y a lieu de se demander quels sont ses droits.

A-t-elle le droit de persuader l'erreur et l'injustice? Cette question a beaucoup occupé les philosophes anciens. Socrate, Platon, Cicéron ont dit non. Fénelon soutient la même doctrine : '( L'homme digne d'être écouté, a-t-il écrit, est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour la vérité et la vertu ^ . »

Quelque belle que soit celte doctrine, il importe d'éviter ici une confusion entre le droit et le fait.

Il est incontestable que l'éloquence se doit au service de la vérité; mais il ne faudrait pas en conclure qu'elle ne puisse pas, en fait, se trouver au service de l'erreur ; elle n'est qu'un instrument, qu'une force qui peuvent servir à des causes opposées, et un homme de talent peut s'oublier jusqu'à plaider le faux.

De même le bon droit ne suffit pas à rendre éloquent. Il est incontestable que, par nature, lu vérité et la justice sont plus fortes que l'erreur et l'injustice, et qu'elles sont plus faciles à prouver, car, comme le dit Vauvenargues, « le faux présenté avec art nous surprend et nous éblouit, mais le vrai nous persuade et nous maîtrise - >' : toutefois

\. Lettre à VAcruhiitie.

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