‹ Principes de rhétoriqueChapitre 63 sur 79 · Gondal, Par/oHs ainsi, p · texte numérisé non relu

Gondal, Par/oHs ainsi, p

l,'(i l'ItlXClPES DE RHÉTORIQUE.

choisie tout d'abord sera la dominante du discours.

C'est autour de cette dominante <|ue la voix devra se mouvoir, montant, descendant, s'apaisant, éclatant, s'adoucissant, grondant, reproduisant en un mot toutes les ondulations de la conversation la plus variée.

Les éléments du discours commandent les inflexions : on ne raisonne pas sur le ton de la description; on n'interi'og-e pas comme on admire; on ne menace pas comme on exhorte, etc..

Chaque pensée, chaque mouvement de Tàme a sa modulation, son inflexion.

Pour la trouver, on conseille de ramener le langage le plus noble aux formes du langage vulgaire, et, cela fait, de lui rendre sa noblesse.

Soit à dire ce passage du sermon de Massillon sur le petit nombre des élus :

« Examinez les mœurs de tous ceux qui vous environnent. Je ne parle pas même ici de ces pécheurs déclarés qui ont secoué le joug et qui ne gardent plus de mesure dans le crime. Je ne parle que do ceux qui vous ressemblent, qui sont dans des mœurs communes, et dont la vie n'offre rien de scandaleux ni de criant. Ils sont pécheurs; ils en conviendraient. Vous n'êtes pas innocents; vous en convenez vousmêmes. Or. sont-ils pénitents et l'êtes-vous vous-mêmes ? •>

Voici comment on pourrait ramener ce morceau à des termes vulgaires, pour trouver les inflexions qui lui conviennent :

Examinez les mœurs do tous ceux qui vous entourent. {Je ne vous demande que cela.) .Je ne parle pas même ici (je te pourrais faire!) de ces pécheurs di'clarés qui ont secoué

le joug et qui ne gardent plus de mesure dans le crime (les malheureux ! Non, je les laisse de côlé.) Je ne parle {remarquez-le bien) que de ceux qui vous ressemblent, qui sont dans les mœurs communes {vous entendez bien!) et dont la vie n'offre rien de scandaleux ni de criant {vous entendes). (Eh bien!) Us sont pécheurs? {.\'est-ce pas?) ils en conviendraient {eux-mêmes). Vous n'êtes pas innocents {non plus . n'est-il pas vrai?), {la preuve c'est que) vous en convenez vous-mêmes. Or, {je vous le demande) sont-ils pénitents? Et (je vous le demande aussi) l'êtes-vous ' ?

Ce commentaii'e suffît à indiquer les inflexions convenables ; il ne reste plus qu'à les appliquer au texte lui-même.

Remarquons toutefois que la diction avec son infinie variété de ton n'est guère possible que devant un auditoire restreint et dans un local de peu d'étendue. Pour pouvoir se faire entendre de foules considérables , il faut parler avec effort, sur le ton d'une conversation haute , solennelle , animée . quoique lente.

Il ne faut pas confondre cette diction avec le débit emphatique, pompeux, qu'on appelle de la déclamation , ni avec « cette cantilène plaintive, qui se meut entre trois ou quatre notes, relève légèrement la voix au milieu des phrases et la laisse tomber d"un ton pleurard sur les finales- ».

3. Faire ressortir les mots de valeur. Tous les mots n'ont pas la même importance, dans chaque phrase. Mais il en est un, dans chaque combinaison, qui a une importance majeure, on l'appelle le

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