X PRÉFACE
financière comme science indépendante. II est clair que la situation économique d'un pays, Timportançe de son commerce extérieur dépendent en grande partie de son système fiscal; on remarquait naguère, dans une des assemblées de notre Parlement, que la déchéance commerciale de la France est due au poids écrasant de ses impôts (1) ; elle est peut-être due aussi à leur mauvaise assiette. On a vu Texcès de Timpôt grevant une matière première hâter la fabrication artificielle d'un produit analogue et ruiner le pays qui fournissait cette matière : un exemple célèbre est celui des mines de soufre en Italie dont les débouchés disparurent, par suite de la fabrication des produits artificiels, lorsque le gouvernement, confiant dans le monopole assuré au pays, éleva outre mesure le droit d'exportation.
On sait d'ailleurs Tinfluence capitale des impôts sur la production des richesses. Des impôts, cela a été dit plus haut, ont été créés dans le seul but de développer l'activité de populations habituées h la paresse. L'idée même que Timpôt est, par lui-même, un stimulant à l'activité et une cause de développement de la richesse a été souvent développée. Hume (2) disait que de son temps la maxime suivante était acceptée comme une vérité : « Toute taxe nouvelle crée, chez la personne qui y est assujettie, une faculté nouvelle de la supporter, et toute augmentation de charges publiques accroît proportionnellement l'activité industrielle du peuple » Galiani s'exprimait dans le même sens (3). Tous deux apportaient à ce prétendu principe le correctif raisonnable que rimpôt, pour produire ce résultat, ne devait pas être excessif. Les auteurs modernes sont du même avis, et les Allemands ont créé un mot, celui A' affaiblissement
1. V. Discours de M. Dubost, rapporteur général des ûnances, Joum, off, du Ifi'Tév. 1901, Déb.parlem. Sénat, p. 149.
2. Dans la Colieçt. des principaux économistes, t. XIV, p. 62.
3. Lettres à Af»» (VEpinay et autres^ édit Asse, t. I, p. 154.