PRÉFACE XI
OU soulagement du poids de l' impôt [Abwàlznng) pour désigner le phénomène. On a bien souvent répété, après Mac Ciilloch, que les guerres soutenues par l'Angleterre contre la France sous la Révolution et le premier Empire ont grandement contribué, par Taugmentation de taxes qu'elles ont provoquée, au progrès industriel de la nation.
C'est l'abus de la taxation justifié par l'économie politique ; et c'est aussi la démonstration du danger qu'il y a à étudier les problèmes financiers en faisant appel aux principes économiques^ établis plus ou moins légèrement. Il n'est sans doute pas sans exemple que la création ou l'augmentation d'un impôt ait été, pour un pays, une cause de prospérité. Mais il est beaucoup plus fréquent qu'elle ait été pour lui une cause de ruine. Et Hume le sentait tellement bien, qu*ajoutant que la limite h partir de laquelle l'impôt devient oppressif est mal déterminée, et varie suivant les individus, il conseillait aux gouvernements d*agir comme si l'impôt ne devait jamais être un stimulant à l'activité (1).
Montesquieu s'élevait nettement contre la théorie qui regarde rimpôt comme le plus puissant des facteurs économiques : tf La pesanteur des charges produit d*abord le travaille travail l'accablement, l'accablement l'esprit de paresse » (2). « Vous dites, déclarait-il ailleurs, que nos sujets chargés travailleront mieux. Je vous entends : vous voulez faire un voyage de long cours avec des rames et non pas des voiles » (3). Rousseau était encore beaucoup plus énergique (4) : « On a osé dire qu'il fallait charger le paysan pour éveiller sa paresse, et qu'il ne ferait rien s'il n'avait rien h payer. Mais Texpérience dément chez
i. Loc.cil.
2. Esprit des lois, liv. V, chap. ix. — V. aussi liv. XIII, chap. ii, et liv. XXIII. chap. xi.