PRÉFACE XIX
sciences qui lui servent d'appui, on n*a guère le droit, pour la regarder comme un chapitre de l'économie politique, de se contenter d'invoquer ses rapports étroits avec Téconomie politique.
La discussion est loin d*ètre oiseuse. Elle domine, h divers points de vue, la science financière tout entière.
D'abord elle conduit à reconnaître que les problèmes financiers ne doivent pas être étudiés uniquement au point de vue économique. Aujourd'hui/ sans doute, tous les auteurs sont, formellement ou implicitement, d'accord sur ce point et M. Nitti, dans aucune des théories qu'il a développées, ne se contente d'une conception aussi étroite. Il n'en est pas moins vrai que, pour qui voit dans la science financière une branche de l'économie politique, le point de vue économique est dominant, les autres, le point de vue moral notamment, simplement accessoires. Et l'on risque ainsi de développer la richesse de TEtat au détriment de la justice.
On trouve dans cette idée que la science financière est un ensemble de principes relatifs h la richesse publique, une explication, au moins partielle, des solutions empi> riques qni ont été trop longtemps, et qui sont encore très fréquemment suivies par les législations dans Téta» blissemenfc de leurs impôts : les pratiques funestes de l'ancien régime, — banqueroutes ou réductions d'intérêts, rachats ou aliénations d'impôts, impôts extraordinaires, etc. — auraient sans doute été moins eu honneur si l'on n'avait pas envisagé les dispositions financières comme ayant pour but exclusif de procurer ii l'Etat des ressources ou de lui éviter des dépenses. Aujourd'hui encore la préférence donnée par la plupart des législations, même les plus démocratiques, aux contributions indirectes sur les contributions directes, à la taxation des objets de consommation nécessaire sur les objets de consommation somp-