‹ Principes de science des financesChapitre 24 sur 184 · PRÉFACE XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXV

que pour Smith la science des finances forme un chapitre de réconomie politique; pas plus que ses contemporains il ne discutait même la question. Or, aujourd'hui encore, la grande majorité des auteurs n'apprécient les impôts qu*au point de vue des règles d'Adam Smith ;rimpôt qui les applique toutes est parfait; celui qui en néglige quelqu'une est critiquable. Seule la doctrine allemande la plus moderne combat sur certains points les principes d'Adam Smith (1), qui, d'ailleurs, ne sont peut-être pas aussi nouveaux qu'on le croit souvent, se trouvant déjà pour la plus grande partie dans la Dlme royale ou dans les écrits des physiocrates (2). 11 semble bien qu'empreintes trop fortement d'idées économiques, elles sont obscures, vagues, ambiguës, et quelquefois inexactes.

« Les sujets de tout Etat doivent contribuer aux dépenses du gouvernement, autant que possible en proportion de leurs facultés respectives [in proportion of tkeir respective abilities), c'est-h-dîre en proportion des revenus dont ils jouissent respectivement sous la protection de l'État ».

C'est le principe de Tégalité; mais le principe de l'égalité est^ comme on l'a vu plus haut, un principe de morale et de justice. Le tort d'Adam Smith a été de le formuler comme une règle économique, de le rattacher aux intérêts pécuniaires des citoyens dans la fortune publique ; il assimile les dépenses publiques aux dépenses de gestion d'un vaste domaine dont tous les contribuables sont copropriétaires et aux frais d'administration duquel ils doivent participer proportionnellement à leur part de copropriété. L'impôt ne se trouve ainsi justifié que dans la mesure où so^ produit est destiné à payer les dépenses

1. V. Held, Finanzwissenscfiaftliche Studien ueber Einkomrnensteuer, Bonn, 1872f p. 121 ; Neamann, Progressive Einkommensteuer, Leipzig, 1874, p. 75^ Wagner, op. cit., t. II, p. 293, § 122.

2. V- sur ce dernier point Labriola, Le doUrine eponomiche di Ques" nay, Naplcs, 1897.

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