XXVI PRÉFACE
d^ordre matériel; les beaux-arts, rassistaoce, linstructioQ publique ne sont pas des services d'administration.
En outre, les citoyens seuls peuvent, dans cette conception, être assujettis à l'impôt; les étrangers, en tout cas, ne peuvent y être soumis que pour les biens qui sont leur propriété dans les pays dont ils ne sont pas sujets. Et effectivement, Smith ne voit de contribuables que dans les citoyens ou les sujets; mais c'est, sans doute, de sa part, une inadvertance, 0ar il ne veut pas rechercher dans quelle mesure, ni dans quels cas un étranger doit être assujetti à Timpôt.
C'est encore sous l'influence de Téconomie politique que Smith rattache l'impôt h la protection de l'Etat sur les biens. 11 y a longtemps qu'on a démontré l'inexactitude de cette justification de l'impôt, bien qu'elle ait pour elle Hume, Condorcet et Sismondi. Mais si elle était exacte, loin d'entraîner à sa suite l'égalité, elle conduirait à la repousser : les dépenses de protection étant d'autant plus faibles, proportionnellement à la valeur des biens^ que cette valeur est plus grande, l'impôt devrait, semble-t-il, être inversement progressif.
La première règle d*Adam Smith est, d'ailleurs, tellement vague, que les partisans de la proportionnalité de l'impôt et ceux de la progressivité l'ont également revendiqué pour un des leurs. Il paraît bien que, dans un autre passage, Smith recommande la progression; mais alors pourquoi parle-t-il ici de proportion ? Sans doute, il n'a pas eu l'intention, ici, de prendre parti sur la question de l'impôt progressif, mais simplement de protester contre tout impôt violant Tégalité, notamment contre les impôts fixes, ou encore contre les immunités accofdées à certaines classes de personnes. La formule de Smith dépasse également sa pensée en ce qu'il semble préférer l'impôt sur le revenu à l'impôt sur le capital; c'est encore une question sur laquelle Smith n'a pas entendu se prononcer.
La seconde règle est que Timpôt que chaque citoyen