XXVIII PRÉFACE
conçu de manière h faire sortir des mains des contribuables une somme aussi faible que possible, en dehors de celle qu'il fait entrer dans les caisses publiques de l'Etat ». La règle est très sage en apparence, mais, comme elle signifie que l'Etat doit choisir les impôts les moins coûteux h percevoir par eux-mêmes, et non qu'il doit chercher à réduire ses frais de perception, elle est dangereuse. Mieux vaut en impôt établi suivant les principes de la justice qu'un impôt dont les frais de perception sont les moins élevés. Témoins les droits d'enregistrement, si justement impopulaires, dont les frais de perception sont presque nuls.
Ce qu'on peut reprocher surtout aux règles d*Adam Smith, et ce que M. Nitti leur reproche avec autant de netteté que de discrétion, c'est leur insuffisance. La plupart des questions qui se rattachent aux caractères des impôts n'y sont pas présentées. L'impôt doit-il être la ressource subsidiaire ou principale des Etats? doit-il être périodique ou non? doit-il être élastique? proportionnel ou progressif? général ou spécial? direct ou indirect? perçu à Toccasion du service rendu ou sur les recettes et dépenses du contribuable? doit-il être calculé sur le capital ou sur le revenu?
Toutes ces questions, heureusement, sont étudiées de près par *M. Nitti. Il n'a laissé à l'écart aucun des innombrables problèmes de la science financière, il s'est montré sur chacun d'eux précis et avisé, il n'a négligé ni méprisé aucun des grands courants qui se sont manifestes dans la science ou dans les législations. Il nous a donné une œuvre très forte, et qui marquera sa place.
Albert Wahl.
PREFACE DE KAUTEUR