Spbncsr, Sociology^ tome II, ch. v
par suite de la plus grande complexité des rapports économiques, due elle-même au développement de la division du travail et des échanges, a fait Tobjet de nombreuses et importantes recherches.
Dans la langue juridique, on appelle, solidaires les personnes obligées les unes par les autres, et chacune d'elles par toutes ensemble : ainsi, les membres d'une société sont solidaires, toutes les fois que chacun d'eux est tenu à payer la dette de tous. C'est une explication un peu étroite et qui ne donne pas l'idée de ce qu'est la solidarité sociale. Les physiologistes prêtent à l'idée de solidarité un autre sens. Ils appellent solidarité organique (1) le rapport nécessaire d'un acte de l'économie avec les divers actes qui s'accomplissent dans d'autres parties de l'organisme; en d'autres termes, l'idée de solidarité organique implique une relation constante et même une dépendance mutuelle entre les parties et le tout.
La division du travail, rendue nécessaire par Taccroissement de la population, a non seulement permis l'existence de groupements qui autrement n'auraient pu ni se former ni durer, mais elle a déterminé leur cohésion, leurs relations de dépendance mutuelle et, par conséquent, de mutuelle union et de solidarité. Dans les groupements primitifs, les ressemblances entre les individus qui les composaient étaient beaucoup plus grandes qu'elles ne le sont aujourd'hui : la division du travail et le développement de la civilisation ont fait naître une différenciation croissante, qui a rendu nécessaire une plus grande cohésion. Ces rapports de plus grande cohésion ne sont point amenés, comme on le pense, par un fait contractuel, mais par un fait d'ordre naturel, qui engendre à son tour une action positive plus étendue.
Les formes générales de la production sont devenues telles