‹ Principes de science des financesChapitre 4 sur 184 · Livre VI, chap. ii, édit. de 1579, p · texte numérisé non relu

Livre VI, chap. ii, édit. de 1579, p

PRÉFACE / ,. ^^ .^^^ A m

Les publîcisles qui entreprenaient d^apprécier les ins-* titutions fiscales de 1 ancienne monarchie, ne trouvaient généralement que des excuses ou des justifications en faveur de celles de ces institutions qu'il eût été dangereux de critiquer. La vénalité des offices n'était guère combattue sans restrictions que dans les écrits destinés à rester secrets (1). Bodin la déplorait, mais y voyait une ressource recommandable dans le cas de nécessité pressante (2), ce qui équivalait à la légitimer en toute hypothèse. Montesquieu, dans ses Lettres persanes, se contente de railler la vanité des sujets du roi de France, laquelle permet a ce dernier « de soutenir de grandes guerres, n'ayant d'autres fonds que des titres d'honneur h vendre » (3). Ailleurs il prend nettement, bien qu^avec une certaine pudeur, la défense de la vénalité; il consent à reconnaître que, sous certains régimes politiques, elle a laissé à désirer ; mais il la prône dans les monarchies (4), et nous soutient même qu'un pape ayant supprimé la vénalité des charges « il n'y a plus eu désormais que des cuistres dans le sacré-collège, au lieu qu'auparavant c'étaient les premières familles qui acquéraient ces charges » (5). Et le marquis de Mirabeau, esprit pourtant dégagé de bien des préjugés, n'admettait pas que les magistrats nommés par le roi dussent être indépendants (6).

On préconisait sans doute le principe de l'égalité fiscale, mais en tant qu'il ne devait pas nuire aux immunités constituées par la monarchie dans son intérêt ; on

!. L'Estoile, op. cit., t. I, p. 240 et 368; t. IX, p. 36 et 99; t.X,p.63; t. XI, p. 8! et 95: Correspondance de Madame^ duchesse d'Orléans^ iràd. franc., 1. 1, p. 115.

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