LA COMPARAISON EN MATIÈRE FINANCIÈRE
gets anglais ou italien ou français, si l'on ne tient compte tout d'abord de la diversité de la situation et des causes de variation particulières à chaque budget. Pareillement, en rapprochant les dépenses de la France de celles d'autres pays, il faut tenir compte de ce fait, que jadis le budget de la République était réuni à celui de l'Algérie, et que maintenant il en est séparé. Lorsqu'on observe le développement d'un impôt, il ne faut pas porter de jugement à ce sujet avant de connaître les causes de variation. Par exemple, le plus grand rendement d'un impôt peut dépendre d'un plus grand développement de la richesse ; mais il peut aussi dépendre d'autres causes qui font que, sans accroissement de la richesse des citoyens, ou même avec diminution de cette richesse, l'impôt rend davantage; par exemple, par suite de lois qui augmentent le taux de l'impôt.
39. 11 faut enfin que les données soient adéquates à Vim* portance du fait qu'on veut démontrer. Pour voir quelle charge supportent les contribuables d'un pays, par compa> raison avec ceux d'un autre, c'est un procédé trop simple, trop sommaire, que de diviser la somme des recettes d*un État par le nombre de ses habitants. Avant tout, il faut examiner la nature des recettes : autre chose sont les recettes des domaines, autre celles qui viennent des services publics, autre les taxes, autre les impôts. Mais lors même qu'on sépare les recettes les unes des autres, la comparaison est difficile. Il importe peu, en effet, pour mesurer le fardeau des impôts, de savoir combien donne chaque contribuable dans des pays divers, ou en un seul pays à des époques différentes. Ce qu'il importe de savoir, c'est combien il donne proportionnellement à ses moyens de subsistance. Quelle part de son revenu chaque contribuable doit-il donner à l'État et aux localités? La réponse à une de ces questions suppose une série de procédés statistiques extrêmement complexes, et ce sont précisément les personnes trop simples, les ignorants, qui répondent ou qui croient répondre avec le plus de facilité. Voir, par exemple, combien dépense