D'AvBNBL, op. cil,, vol. I*', pp. 10 et suivantes
meubles et les vêlements de luxe, les chevaux, les voitures, les bijoux, les livres, les voyages et une infinité d'autres choses qui varient d'époque à époque et d'un endroit à un autre.
Gomme méthode pour rechercher les changements dans la valeur de la monnaie, à travers des périodes très éloignées, les budgets familiaux présentent sur les autres systèmes des avantages considérables. Avec leur aide, nous pouvons non seulement obtenir une mesure relativement exacte des variations de la valeur la monnaie, mais nous pouvons, qui plus est, évaluer Tinfluencè de ces variations sur les diverses classes sociales; en nous appuyant sur la même méthode, nous réussissons à étendre le champ de nos recherches à des époques lointaines.
Dans Tétude d'ensemble des budgets de famille en vue de rechercher les variations de la valeur de la monnaie, il est nécessaire : 1* de constituer autant de types de budgets que le mode de distribution des richesses le comporte, dans le pays et à la date qu'on a en vue ; 2* d'étudier tout d'abord le pouvoir d'achat de la monnaie dans chacune des classes de la population et seulement après en avoir étudié le pouvoir général commun; 3^ d'attribuer à chaque budget une valeur proportionnelle au nombre de la population soumise au régime de vie qu'on étudie dans les divers budgets.
Arrivés à ce point, nous devons pourtant déclarer qu'il n'existe aucune mesure véritablement exacte des variations de valeur de la monnaie, et que le problème est peut-être insoluble, sinon en théorie, du moins en pratique. Les analyses, les moyennes, les synthèses n'ont que la valeur très mince d'une approximation relative. Quand nous savons les prix de chaque article à des époques et dans des endroits déterminés, nous pouvons tout au plus déterminer ce que coûtera en plus ou en moins chaque quantité, ou la vie d'une famille. C'est une erreur de croire à l'existence d'un changement exactement mesurable, dans le prix
de la totalité des biens, sur des marchés divers et à des époques diverses, puisqu'il n'cTciste aucune mesure des variations extrinsèquev^ de la monnaie* Les variations de prix sont difficilement uniformes, soit en quantité soit en direction; toute explication que Ton tente de donner ne répond donc guère souvent à la réalité. Dire si un changement de prix doit être attribué à la valeur intrinsèque de la mon* naie^ ou à celle de marchandises données^ oa, comme il arrive souvent, à toutes les deux^ ne peut se faire h l'aide des méthodes employées, lesquelles, comme Menger le dit bien, ne donnent guère qu'une médiocre probabilité et souvent ne donnent rien (1). A la base des méthodes mises en œuvre, a écrit Menger, on trouve une confusion de problèmes : leurs calculs sont d'un intérêt incontestable pour déterminer, autant qu'il est possible, le mouvement de la valeur extrinsèque du numéraire; mais, quant à celui de sa valeur intrinsèque, le problème le plus important de réconomie politique de nos jours ne nous apprend rien.
La valeur de chacune des méthodes en usage se borne donc à la possibilité d'étudier les variations de la valeur extrinsèque de la monnaie; la qualité de chacune d'elles repose proprement sur la question de savoir jusqu'à quel point elle a atteint son but.
ni. Si l'on peut mesurer la richesse d'ane nation à des époques différentes, et de diverses nations à la même époque.
44. Ce problème intéresse pareillement réconomiepablique, la statistique et les finances; sa solution a, pour les hommes d'État, une grande valeur. C'est, en effet, la seule connaissance du degré de richesse d'une nation qui peut servir de guide assuré daos la politique financière. Il faut cependant reconnaître que, si de grands progrès ont été réalisés en cette matière, les obstacles ne sont pas encore tous vaincus et que les procédés suivis ne sont pas du tout rassurants.