Nbtmarck, loc, cit
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trois fois plus fort qu'une machine de 500 chevaux (1). L'électricité tend à tout changer ; l'énergie transportable désormais à 150, à 200, à 260 kilomètres de distance, possède une merveilleuse puissance d'adaptation ; elle peut alimenter la plus grande usine et la plus humble, fournir 50.000 chevaux de force et fournir à peine un seizième de cheval : réiectricité se divise, se brise, plus facile à plier, plus obéis* santé que n'importe quelle force motrice (2).
Ce sont ces vérités évidentes que beaucoup d'écrivains optimistes opposent au socialisme ; nous croyons qu'à ce point de vue elles n'ont qu'une très mince valeur. Étant admis que la tendance constatée s'accentue et que la fortune est de plus en plus amplement répartie, le problème du capital individuel demeure inchangé, puisqu'il y a toujours un très grandj nombre de personnes contraintes de vendre leur propre force de travail. En outre, le grand développement des moyens de production et le développement des sociétés anonymes qui transforme les possesseurs de capitaux, si nombreux qu'ils soient, en simples actionnaires, sont deux faits plutôt favorables que contraires à la thèse socialiste. Ainsi, si les arguments adoptés et l'examen des faits ont une très grande valeur au point de vue financier, ils servent bien à tort à des thèses optimistes ou apologétiques.
Sans doute, la richesse est encore rare parmi les sociétés les plus riches de l'Europe; le plus grand mal de l'humanité, même de l'humanité civilisée, est la pauvreté. L'Angleterre, l'Allemagne, la France sont plus riches qu'elles ne l'ont jamais été ; mais leur richesse même est bien loin d'assurer à tous leurs habitants un genre de vie élevé. Le développement extraordinaire des machines, les triomphes
i. Cf. les calculs de Saldini dans le PolUecnico de Milan, novembre 1897; — NiTTi, Le forze idrauliche deW Italia e la loro ulilizzazione, Naples, 1901, ch. vu.
2. Cf. JoLiN et DcBoia, Les moteurs électriques dans les industries à domicile, Bruxelles, 1902.
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de la mécanique et de toutes les sciences appliquées ont fait naître de nombreuses illusions sur la richesse des sociétés modernes : on est donc porté à voir Tinjustice là où il n'y a que la pauvreté. Sans nier la grandeur de la civilisation moderne, ni la déprécier en aucune façon, il faut pourtant reconnaître que les progrès accomplis sont encore très modestes, et que la richesse moyenne par habitant est encore plus que médiocre dans tous les pays. D'autre part, les progrès accomplis regardent non pas les besoins élémentaires de rhumanitéy mais plutôt les besoins secondaires ou dérivés. Ainsi, les triomphes de Tindustrie, obtenus en subjuguant et en disciplinant les grandes forces naturelles, touchent généralement à l'industrie des transports et à l'industrie manufacturière. Quant aux deux industries les plu& importantes pour l'humanité, — Tindustrie agricole qui sert de base à l'alimentation humaine, Tindustrie du bâtiment qui nous permet de vivre, même sous des températures et dans des climats défavorables, — un très petit nombre de progrès ont été réalisés. Nous ne construisons peutêtre pas beaucoup mieux que les Égyptiens et les Romains; quelquefois peut-être, nous construisons plus mal. Et pour ce qui est de la terre, en dehors de l'introduction des engrais chimiques et des légumineuses destinées à fixer l'azote de Tair, rien de notable n'a été fait. Sous certains aspects, en tenant compte toutefois du machinisme agricole, l'agriculture des Romains n'était pas inférieure à celle de nos jours. Les progrès que nous accomplissons tous les jours dans les applications industrielles sont vertigineux, mais ils ne concernent qu'assez peu la production des matières ou des produits les plus nécessaires à la vie. Encore aujourd'hui, il n'y a point dd pays où la richesse générale soit assez élevée pour permettre le bonheur de tous; si la répartition est souvent injuste, la production n'est pas telle qu'on est disposé à le croire dans le public (1). En tout cas, dans
1. <« On a déjà bien observé que si Ton égalisait tous le? revenu »,
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nos sociétés, la richesse et le revenu sont généralement beaucoup moins concentrés que dans les sociétés précédentes; on ne peut nier qu'il existe une tendance à une plus large répartition.
Loin que se vérifie le processus dont on nous a tant de fois menacés, d'après lequel les pauvres devenaient de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches, on observe que, chez toutes les nations, la grande masse du revenu est absorbée par ceux qui détiennent les revenus moyens et les petits revenus, lesquels se développent sans cesse. De tout ce qui précède résulte une conséquence très importante pour la science financière : c'est que Tillusion d'après laquelle on doit, par des impôts directs appliqués dans le sens d'une progressivité très accentuée, remplacer lentement les impôts indirects, est tout à fait éloignée de la réalité. Les seuls impôts qui puissent donner une base aux budgets d'aujourd'hui sont ceux qui frappent la grande masse de la population, laquelle, même dans les pays les plus riches, reçoit la plus grosse masse des recettes de la nation.
il n'y aurait qu'une petite augmeutation de revenus pour la partie la moins aisée de la population... On voit quelle est Tillusion des personnes qui s'imaginent qu'on peut grandement améliorer la condition des pauvres, en leur distribuant la fortune des riches ». Parbto, op. cz/., § 967. Le socialisme ne deviendrait avantageux que s'il coïncidait avec un plus grand développement de la production; autrement, il faut le considérer comme inutile et nuisible.
NOTE Répartition du revenu en Saxe, en 1898.
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