Cf. Cauwès, op. cil,, vol. III, p
tique, distinction très yague entre les dépenses productives et les dépenses improductives. Dans les classifications aventurées si communes dans les Parlements, on a coutume de ranger parmi les dépenses improductives les dépenses constitutionnelles et militaires (1).
L'équivoque dérive peut-être, plus que de toute autre source, de la vieille théorie sur la productivité, théorie d'après laquelle l'État serait un producteur de services pu. blics. Mais ces classifications, ou plutôt ces désignations faites à la hâte, n'ont rien qui réponde à la réalité ni à la science. On peut dire^ par exemple, que les dépenses de guerre d'un payssont multiples ou peu nombreuses; qu'elles sont disproportionnées à ses moyens ou aux fins qu'il doit atteindre; mais on n'en peut pas faire une question de productivité. De même, on peut dire que les frais de construction d'une ligne ferrée sont excessifs comparativement aux résultats qu'elle peut ou qu'elle doit produire, ou au but que se proposent ceux qui la construisent. 11 existe des lignes devenues maintenant inutiles; il y a de même des dépenses militaires qui n'ont servi à rien pour le pays qui les a faites. La sûreté à l'intérieur et à l'extérieur n'est pas un bien économique et encore moins un bien direct ; mais elle est beaucoup plus qu'un bien instrumental, comme diraient les économistes, elle est la condition de toute production.
Sans doute, il n'est pas vrai que les victoires militaires précèdent les victoires industrielles et commerciales : l'Espagne a commencé à décliner dès le temps de ses victoires les plus glorieuses. Maïs on ne peut nier que, dans les pays modernes eux-mêmes, la prédominance commerciale est rendue possible, — si elle ne dépend pas de là, — par la suprématie ou au moins par la force politique. D'ailleurs, on
l.Daas le langage ordinaire on distingue entre les dépenses procft/ctives et les dépenses improductives; môme A. Smith faisait celte distinction {Weallh of nations, 11 v. II, ch. m), qui pourtant, répétons-le, est ordinairement très peu précise.
LES DÉPENSES DE L'bTAT ET DES LOCALITÉS SM)
peut dire, pour les nations comme pour les individus^ qpjà ta succès et, par là, la prééminence dépendent n£xn pas dala quantité de biens matériels qu'ils possèdent, maia da leuc esprit d'élévation et de leur confiance en euxHOiémass. de leur sécurité dans le présent et de leur foi en. rav^aic.
Les dépenseô de TÉtat et les dépenses des localités.
80. Rien de plus varié que les limites entre Tactivité de: l'État et celle des localités. C'est que ces difiécences soni.U. produit de conditions spéciales à chaque pays^'de traditianst historiques, de diversité de conditions. L'Angleterre et la France, par exemple, ne nous offrent pas seulement, sur ca point, deux législations différentes, mais deux situations différentes. Il existe des États unitaires, des États fédéraux,, des unions d'États; il existe des pays ceatralisés et dâs* pays de forte décentralisation. La variété des formes répomL à la variété des conditions.
On considère généralement comme dépensea da L'État, celles qui concernent la défense contre ^ét];ang^r, la représentation au dehors, la justice, les grands ULoyens da communication et de transport, l'administration deSrGob.' nies, l'émission de la monnaie et la surveillance des moyenst de circulation, etc. Quant aux dépenses dévolues priocipa*lement aux localités, ce sont celles qui concernent lesr besoins locaux de chaque groupement : voies urbaines, de; communication, propreté urbaine, éclairage,, eau potable.
Certaines dépenses sont supportées, dans une mesuce vat> riable, par l'État et par les administrations locales. L'asr-