LES DÉPENSES DE L'ÉTAT ET DBS LOCALITÉS
sistance publique, par exemple, qui tout d'abord incombait presque exclusivement aux localités et qui exige maintenant des moyens plus puissants et une coordination plus étendue, est exercée à la fois par elles et par l'État. Les dépenses de l'instruction sont, dans certains pays (France) supportées de préférence par l'État ; dans d'autres, par les localités (Italie, Angleterre). Il en est de même des dépenses qui touchent à l'hygiène, à la prévoyance sociale, aux cultes, etc. Le principe de Tintérét général doit déterminer les dépenses de l'État, et le principe de l'intérêt particulier, les dépenses des localités. Tels services réclament un développement identique dans tout l'État (la sûreté, la justice, par exemple) ; tels autres dépendent de la vie locale et ont sur elle une efficacité plus grande, sinon complète. Tout cela est simple; mais, dans l'existence de chaque pays, se trouvent des conditions spéciales et des traditions qui déterminent une profonde diversité ; l'instruction élémentaire, par exemple, qui est sans doute un service public est-elle un fait d'intérêt général ou d'intérêt local? Sans doute, elle touche à l'intérêt de toute la nation, mais il n'en est pas moins vrai que certains États trouvent convenable que l'instruction élémentaire soit à la charge des localités, d'autres à la charge de l'État. Ainsi, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, d'une manière générale ou'presque, l'instruction primaire esl à la charge des localités et revêt le caractère d'un service local.
La diffusion de l'éducation est un service d'utilité générale; pourtant, dans les États les plus cultivés, comme l'Allemagne ou l'Angleterre, ce sont les autorités locales qui en prennent soin. Affirmer en thèse absolue que l'État doit s'en occuper ou que les localités doivent s'en occuper, n'est donc pas possible, malgré les affirmations faciles d'un grand nombre d'auteurs.
Ce sont, en général, les traditions historiques de chaque' pays qui infiuent davantage sur les activités différentes de l'État et des entités locales; il n'y a donc aucune répartition