‹ Principes de sociologie synthétiqueChapitre 8 sur 11 · V. —Psychologie physiologique: Evolution · texte numérisé non relu

V. —Psychologie physiologique: Evolution

Les nombreuses variétés de constitutions constatées tout à l’heure sont dues à ce qu’une prépondérance généralement exagérée est accordée à l’un ou à plusieurs des éléments anatomiques ou des organes.

Cette exagération n’est pas toujours une anomalie, du moins pour les temps où elle se produit ; elle vient dans la plupart des cas d’une pondération naturelle, providentielle, de ces éléments, toute semblable à cet action de VInconscient que le philosophe Hartmann nous montre sans cesse occupé à réparer les troubles de l’organisme. En effet, chacun des éléments sociaux étant une individualité volontaire, douée de spontanéité, tend aisément à imposer aux autres la domination de sa personnalité, à établir un despotisme , une tyrannie. Cette tendance soulève des réactions plus ou moins violentes, plus ou moins tardives, mais inévitables, et qui, à leur tour, sont portées aux exagérations inverses.

On n’entrera pas ici dans le détail, d’étude au reste assez facile, de toutes ces fluctuations, mais il faut en rappeler la suite qui constitue précisément cette évolution dont nous avons déjà parlé précédemment.

L’histoire montre que les variations constitutionnelles produisent des oscillations chroniques que Vico le premier a fait ressortir, et qui ont été développées admirablement, depuis, par ses disciples Fabre d’Olivet et le Marquis de Saint-Yves.

Ce ne sont pas des cycles fermés qu’engendrent ces oscillations comme on pourrait le croire à la lecture trop rapide de ces maîtres, ou comme Cousin l'affirmait pour la philosophie. Leur cours trace dans le temps une spirale indéfinie dont chaque tour est pareil au précédent, mais relève vers PUniversel, vers la perfection absolue la courbe du progrès humain.

La suite de chaque spire n’a été tracée qu’en partie par la période quaternaire de Saint-Simon et de son disciple Comte qui n’en ont vu ni la fin, ni le début. Elle est réglée sur le double courant, indiqué déjà au commencement de ce travail, d’involution et d évolution :

Le pouvoir spirituel s’impose d’abord par l’Autorité parce que les autres principes sont encore endormis ; d où la Théocratie. C’est lui qui, par renseignement (la religion et les mystères avec l’initiation), appelle tour à tour à la vie un nombre toujours croissant d’individualités, produisant ici l’une après l’autre l’autocratie, l’aristocratie, la démocratie et la démagogie, s’effaçant de plus en plus, de gré ou de force, devant la spontanéité qui fait descendre la société de l’Autorité à la Liberté et à l’Égalité.

C’est alors que commence la portion la plus difficile mais la plus brillante aussi de ce magnifique processus, celle dont l’accomplissement est entièrement laissé à la volonté humaine: Période semblable à la crise que le papillon subit dans la chrysalide : elle n’a pas de moyen terme: ou elle est mortelle, ou elle aboutit à cette expansion sublime qui de la chenille obscure et rampante fait un papillon éclatant comme

les fleurs dont il aspire le nectar, comme les rayons du soleil où il s’ébat joyeux, aimant et libre !

Cette crise est celle où se débat notre siècle, dans l’angoisse anxieuse que laisse la disparition du tuteur, l’incertitude de la voie, mais en même temps dans le triompheglorieux, présomptueux même d’une majorité à son début qui sent naître les ailes émancipatrices.

C’est par la Fraternité, nous le savons, qu’elle peut se dénouer, c’est-à-dire par la convergence de toutes les forces vers l’Unité qui donne l’harmonie dans le multiple. Nous pouvons voir maintenant comment créer cette fraternité en résumant d’abord les causes du malaise qui troublent notre organisme.

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