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CHAPITRE IV Division de la matière

57. Il semble que nous sommes arrivés au point où la matière peut se diviser d'après des caractères logiques.

En premier lieu, nous distinguons la statistique méthodologique, qui comprend l'ensemble des procédés par lesquels on parvient à la connaissance des phénomènes collectifs sans distinction de leur nature. Qu'il s'agisse de faits sociaux, biologiques ou physiques, les observations se font au moyen du relevé, sont soumises à la critique, sont exposées dans des tableaux, puis condensées en formules abréviatives et, enfin, interprétées selon les mêmes procédés logiques. Sans doute, les modalités diffèrent selon la nature des objets, mais pour le fond, la méthode reste identique. On ne saurait trouver de distinction logique entre un relevé

DIVISION DE LA MATIÈRE

des jours de pluie, le dénombrement du bétail et un recensement de l'activité économique de la population. Ce qui sépare ces travaux — en ne considérant que le problème méthodologique — c'est surtout le degré de difficulté que leur exécution peut présenter. Dans le premier cas, le pluviomètre fournira peut-être des indications suffisamment précises, on se bornera à noter régulièrement les résultats enregistrés par l'instrument, relevé commode et sûr, auquel on peut assimiler certaines formes du relevé automatique (1). S'agit-il de compter le bétail? La chose est plus compliquée, car il faut en venir à un comptage des unités; nulle opération de l'espèce ne va sans quelque risque d'erreur : omissions, ou, par contre, double emploi, inattention des employés, erreurs de calcul, etc. Mais, comme ce n'est qu'un comptage par espèce, il s'agit d'une opération d'une difficulté médiocre. En vient-on au contraire au recensement professionnel ? Voilà que surgissent bien d'autres problèmes! Les qualités économiques sont ardues à définir, plus difficiles encore à discerner; il ne faut que peu de chose — un mot mal employé, une expression à double entente — pour faire naître de graves méprises; les risques d'omission ou de répétition sont nombreux; de plus, ils passent facilement inaperçus. Voilà pour les différences. Elles sont notables. Mais, en somme, la base reste toujours la même : c'est le relevé, c'est-à-dire « l'observation, unité par unité, des manifestations individuelles d'un phénomène et des conditions de toutes ses manifestations ».

La statistique méthodologique est donc générale par son objet. Elle résume la technique particulière de la méthode, trace la voie à suivre, indique les précautions à prendre pour arriver à de bons résultats, peu importe la nature des faits auxquels on l'applique.

(1) Cfr. livre I, 1" section, eh. I, § III.

58. A côté de la statistique méthodologique, nous plaçons la statistique descriptive. On a essayé à différentes reprises d'en tracer un plan systématique. Ferraris, par exemple, considérant la société humaine comme un organisme qui se reproduit, se développe et meurt, a proposé la division suivante (1) :

I. Notions préliminaires comprenant l'étude anthropométrique et psychique de l'individu.

II. Production de la vie (nuptialité, natalité, divorce, naissances illégitimes, mort-nés) .

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