XXII
Stituent sa belle et bonne nature. Nous n'avons donc pas besoin de refaire cet exposé ici. Nous nous bornerons à dire que Channing professe l'unité de Dieu et rejette la Trinité, telle qu'elle a été formulée en dogme par le concile de Nicée ; que Jésus-Christ, pour lui, n’est pas Dieu, mais est distinct de Dieu et inférieur à lui; qu’il n’a qu’une seule nature, la nature humaine. Quant à Dieu, il proclame sa toute-puissance, mais en même temps il croit que cette toute-puissance est entièrement soumise à sa justice; il a la plus haute idée de là bonté, de la miséricorde, en un mot de toutes les perfectiofis morales de Dieu. Dieu pour lui est dans toute la force du mot notre père qui est au ciel. Ce point de doctrine est certainement un de ceux qui donnent aux opinions religieuses des unitaires, telles qu’elles nous sont transmises par l’âme charitable de leur apôtre, un haut caractère d’élévation et de pureté morales. Un père est juste envers ses enfants et il les aime toujours, quelles que soient leurs fautes. Ce n’est pas au moyen de l’idée de Dieu, considéré comme père des mortels, qu'on aurait pu épouvanter le monde avec l'enfer et ses grincements de dents, avec les cachots, les bûchers, et les longues traînées de sang. Il faut en convenir, Jehovah, le Dieu juif, le Dieu national et exclusif, le Dieu vengeur, n’a malheu-
reusement pas dépouillé complétement sa nature farouche en devenant le Dieu des chrétiens. Pour en revenir à l’unitarianisme de Channing, nous devons ajouter que, tout en déclarant Jésus- Christ inférieur à Dieu, et ne possédant qu'une seule nature, la nature humaine, il croit néanmoins à sa mission divine, à sa médiation, en ce sens que Dieu a envoyé Jésus pour effectuer la délivrance morale ou spirituelle de l'humanité. Et notons bien que néanmoins, c’est toujours par sa propre activité que l’homme doit acquérir la vertu, c’est par les œuvres qu’il doit s'attendre à être sauvé et non par la grâce. Quant au péché originel, à la