ACTES PUBLICS
nonces ci-dessus. Un peu plus de chaleur, d'émotion, d'emphase béme sera permis dans celles qui s'adressent au public. Autant et lus même, si possible, que les pièces d'un caractère amical et papfique, le manifeste de guerre, la déclaration de guerre, l'ultima- Imû doivent être dignes et corrects, et même respectueux.
Bynkershœk et Vattel ont avec pleine raison insisté sur ce dernier fwot. « Est-il nécessaire, demande Vattel, dans un siècle si poli, d'obfcrver que Ton doit s'abstenir, dans ces écrits qui se publient au sujet m la guerre, de toute expression injurieuse, qui manifeste des sentiments de haine, d'animosité, de fureur, et qui n'est propre qu'à en ter de semblables dans le cœur de l'ennemi ? Un prince doit garder plus noble décence dans ses discours et dans ses écrits: il doit se ter soi-même dans la personne de ses pareils ; et s'il a le malheur tre en différend avec une nation, ira-t-il aigrir la querelle par des rossions offensantes, et s'ôter jusqu'à l'espérance d'une réconciliant sincère ? Les héros d'Homère se traitent d'ivrogne et de chien ; aussi faisaient-ils la guerre à toute outrance. Frédéric Barberousse, d'auempereurs, et les papes leurs ennemis, ne se ménageaient pas davantage (1) ».
11 n'est point inutile de rappeler ceci à la fin du XIX* siècle, où un certain laisser-aller tend à s'introduire dans le commerce diplomatique les États. Un juge compétent a blâmé naguère le ton des notes échangées entre la Grèce et la Roumanie dans l'affaire Zappa (2).
D n'est pas sans intérêt de constater, d'autre part, que les appels à l'opinion publique, les explications de conduite, les justifications étaient fréquents au moyen âge ; plus, semble-t-il, qu'aujourd'hui (3).
(1) Vattel, III, § 60.
(2) R. D. I., t. XXVI, p. 165. 1894.
(3) On en voit divers exemples
dans 4es Origines du droit interna* tionalde M. Nys, p. 56-61.