DE L ORGANISATION SOCIALE
Que l'action gouvernementale manque le but. — De rassociation volontaire comme principe d'organisation sociale.— Précédents. — Da système de l'association volontaire.
Nous n'insisterons pas davantage sar les systèmes nés après coup pour justifler cet amalgame de principes divers qu'on appelle l'organisation sociale. Mais les incohérences que nous avons signalées dans les théories se retrouvent dans les faits. Ouvrez les codes. A chaque pas la loi consacre le sophisme, dans les explications qu'il donne de besoins sociaux factices, créés par Tégoïsme et la cupidité. Ces dogmes législatifs ne pourraient-ils plus être discutés? Il faut scruter au contraire le principe de la loi, pour ne pas confondre avec la propriété vraie, la propriété spoliatrice en fait» ni le monopole, inique de sa nature, avec le travail indépendant.
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On a voulu plier les principes rigides du droit aux besoins vrais ou supposés de toute société ; c'était commettre à la loi le soin d'une organisation qui ne devait résulter que de la force même des choses. On ne pour-* rait sans doute imaginer qu'une société où l'individu serait livré à ses seules forces et n'ayant nul rapport avec ses semblables, eût une existence durable ; il faut à cet ensemble encore informe un lien. Mais aussi il n'appartient pas au législateur de l'établir. La loi qui organise n'est plus une loi naturelle ; elle ne peut être que la réalisation d'un contrat politique ; la contrainte qu'elle autorise n'est que l'arbitraire; le législateur qui commande outrepasse sa mission, et tout commandement de la loi est contraire au droit, car l'homme en société ne doit rien à son semblable en dehors des engagements personnels qu'il peut avoir pris.
Tel est cependant l'effet de l'intervention toujours intempestive de l'État, qu'à une organisation complète, qui serait le résultat de la nature des choses, et par conséquent nécessairement équitable, le système gouvernemental substitue cet ordre tel quel qui, depuis trois mille ans, a épuisé chez les moralistes de tous les pays tons les lieux communs de la morale.
Or il faut aller à la vérité et répudier toute feinte et tout mensonge. Ce n'est pas l'ordre véritable que ce milieu où se ruent pèle mêle toutes les cupidités; où la fourberie est la condition du succès comme on l'entend, l'égoïsme, le mobile forcé de toutes les actions, et où
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