‹ Principes du droitChapitre 19 sur 32 · DE L*OIU)RE SOCIAL · texte numérisé non relu

DE L*OIU)RE SOCIAL

tant de splendeurs mal acquises font grondet* le mérite et rougir la vertu. On peut, en face de prétentions non justifiées, vanter pour la défendre, comme on Ta fait dans de certaines crises, notre organisation sociale «t les prétendues vertus qu'elle enfante; mais les déclamations des moralistes contre les vices contraires n'en avaient pas moins passé jusqu'alors pour des banalités ^

Mais si le droit n'est pas par lui-même un système d'organisation sociale, où en cherchera-t-on les moyens? En droit strict, personne ne doit rien à personne : le propriétaire est isolé dans son droit; le faible, l'infirme, le vieillard sont abandonnés chacun dans sa misère, dans cette société rudimen taire que nous supposons, où le droit règne seul. Du reste, point de culte public, point d'hôpitaux, point d'enseignement, point de force publique, point d'impôts. D'où naîtront toutes ces choses ?

Comment pourra-t-on concilier avec le principe de liberté, cette dépendance mutuelle des citoyens que suppose une société organisée ? Quelle sera la nature de ce lien qui unira les membres de l'État, en laissant à

< Quand ces lignes furent écrites, les esprits réagissaient fortement contre les utopies de 1848. H était alors reçu que la propriété organisée par le Gode civil ne développait que les sentiments les plus désintéressés. On lui faisait honneur de toutes les vertus. Les scandales qui ont suivi ont un peu interrompu les succès de ces ridicules bucoliques conservatrices.

chacun sa pleine liberté, son individualité entière?

La réponse vient presque d'elle-même. L^homme ne se suffisant pas à lui-même s'adressera à son semblable. Que Ton se représente maintenant chaque membre de l'État, poussé vers les autres pour la satisfaction de ses propres besoins, et Ton verra en imagination se développer le vaste réseau d'une association générale.

L'association est, en effet, le principe de l'organisation sociale. Toutes les fois qu'il y a coexistence de plusieurs individus sur une même portion du sol, il y a société civile. Peu importe que l'autorité souveraine n'existe pas encore ; s'il n'y a pas de code, il y a au moins un droit. Mais l'indépendance complète des membres de la société ne peut durer ; il faut un lien, une organisation, un gouvernement; et toutes ces choses ne peuvent résulter que de la volonté libre de tous les membres de la cité, en d'autres termes d'une association volontaire.

Comme on le voit, la nécessité iorce de revenir à un contrat, mais à un contrat politique, non social ; à une convention, mais positive, non imaginaire et présumée; à un pacte qui, étant tout à la fois inévitable, exprès et volontaire, satisfera à toutes les exigences légitimes et ne laissera prise à nulles réclamations.

Tandis que le contrat social, dans Tesprit de Rousseau, préexiste au droit et en est le principe, notre convention d'association ne natt qu'après que le droit

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