‹ Principes du droit publicChapitre 10 sur 67 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

a conduits à l'une des plus épouvantables catastrophes qui aient jamais affligé la France, on sera tout naturellement porté à se demander quelle pire infortune eût pu être la nôtre, si l'homme auquel nos destinées ayaient été remises d*une manière absolue et si imprudente eût eu , soit des principes plus libéraux, soit une politique plus d'accord avec le libéralisme fort tempéré qui semblait être dans ses principes.

Il est possible assurément que si le pays fût resté maître de ses destinées, il eût commis de bien grandes fautes ; mais en pouvait-il commettre de plus grandes que celles qui nous ont précipités dans l'abîme de maux d'où le génie le plus heureusement inspiré et le dévouement le plus patriotique auront tant de peine à nous tirer? L'enseignement qui ressort avec une entière évidence de cette terrible leçon, n'est-il pas que le pouvoir absolu est essentiellement pernicieux pour les peuples et pour les princes, mais qu'il ne Test jamais plus que lorsqu'il a exercé et corrompu les uns et les autres par une longue habitude de dépendance excessive et d'autorité sans bornes ?

Il ne s'agit point d'insulter à une grandeur déchue, ni, quand on a tant et de si grands toils à confesser, de récriminer avec amertume. Ce n'est point là ce qui nous rendra clairvoyants et nous fera recueillir de nos malheurs un enseignement salutaire. Essayons plutôt de nous recueillir, de nous élever au-dessus de nos misères, de nous transporter dans les régions élevées de la réflexion, dans ces templa serena de la pensée, où le regard de l'esprit n'est plus offusqué et

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