XX PRÉFACE
faussé par le sentiment passionné de nos malheurs. Reportons-nous à l'époque où libres de tout engagement, msdtres de notre sort, nous pouvions garder au moins la haute et principale direction de nos affaires ; à l'époque où nous pouvions du moins exiger de celui qui s'offrait à diriger la fortune de la France, les garanties qu'il avait offertes dans les Idées napoléoniennes, ou de bien plus sûres encore. C'était assurément le cas d'y regarder çt de bien voir ce qu'elles promettaient au fond d'après ce qu'elles semblaient promettre.
Suivant l'auteur de ces Idées, « les premiers besoins d'un pays sont l'indépendance, la liberté, la stabilité, la suprématie du mérite et l'aisance également répandue. Le meilleur gouvernement sera celui où tout abus du pouvoir pourra toujours être corrigé, où, sans bouleversement social, sans effusion de sang, on pourra changer les lois et les chefs de l'État, car une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.» — Voilà donc la souveraineté du peuple bien reconnue, et la tâche de$ gouvernements bien tracée.
Comment cette fois un peuple, ainsi maître chez lui, sera-t-il indépendant à l'égard de l'étranger? A la condition, nous dit-on, que « le gouvernement soit fort. » Mais que faut-il pour qu'il soit fort? a II faut qu'il ait la confiance du peuple, qu'il puisse avoir une armée nombreuse et bien disciplinée sans qu'on crie à la tyrannie, qu'il puisse armer toute la nation sans crainte de se voir renversé, o
C'est bien ; mais avec cette force entre les mains.