‹ Principes du droit publicChapitre 9 sur 67 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

lions politiques. La raison en est simple : c'est qu'il ne doit y avoir dans un État qu'une association de cette espèce, celle-là même qui constitue la cité. Des associations politiques qui auraient un autre but, d'autres intérêts, d'autres moyens d'action que le but, les intérêts et les moyens de la communauté tout entière en seraient nécessairement les ennemies. Chaque citoyen étant membre de la cité se trouve par là même associé politiquement à tous les autres , et ne peut, sans contradiction , être membre d'une autre société politique différente de celle-là, qui serait cependant formée dans son sein. Mais s'il ne peut y avoir dans on État des associations politiques différentes de celle qui constitue la cité, il peut y avoir, il doit même y avoir des réunions politiques dont le but est de s'entendre sur la meilleure manière d'exercer les droits civiques dont on est investi. Ces réunions, essentiellement temporaires et de circonstances , comme à la veille des élections d'un ordre ou d'un autre , sont de droit naturel, etne doivent avoir besoin d'aucune autori. sation. Il suffit qu'elles soient publiques, ou tout au moins que le gouvernement soit admis à savoir ce qui s'y passe , et qu'il puisse , s'il le faut , réprimer les excès qui pourraient s'y commettre, pour qu'elles aient lieu de plein droit. Nous ne voyons même pas pour quelles bonnes raisons elles ne pourraient pas avoir une sorte de permanence, et comment la politique du pays, dans des circonstances exceptionnellement graves, n'y pourrait être appréciée, approuvée ou condamnée.

La plus ou moins grande importance des questions,

xvin pRÉFAcas.

de celles-là surtout qui sont aujourd'hui le plus controversées , et qui cependant touchent de plus près à une application sollicitée par les uns , repoussée par les autres , nous a conduit tout naturellement à les traiter aussi avec plus ou moins d'étendue. Il est inutile de les mentionner.

Tout en donnant notre solution et en la motivant brièvement de notr.e mieux, nous avons pensé qu'il y avait tout à la fois utiUté et convenance à faire connaître ou à rappeler les opinions conformes ou contraires à celles que nous professons, mais en nous attachant à celles qui nous ont semblé les plus impo* santes,et en les accompagnant la plupart des réflexions qu'elles nous ont suggérées. Toutefois, pour ne pas rompre Tunité de notre travail, ou pour ne pas ralentir démesurément le cours naturel de nos pensées, nous avons cru devoir renvoyer ces citations, ces analyses, et les observations critiques qui les accompagnent, à la fin de l'ouvrage, sous forme d'appendices.

De tous les publicistes que nous avons cités, soit comme autorités et à l'appui de nos opinions, soit comme partisans de doctrines que nous ne pouvons partager, il en est un cependant dont les pensées et les actes ont pesé d'un trop grand poids sur les destinées de la France, pour qu'il n'ait pas dû prendre sous notre plume une place à part. C'est ici même que ses doctrines seront exposées avec la suite nécessaire pour en faire ressortir l'ensemble, l'esprit et la portée. Et comme sa pratique a été trop peu d'accord avec sa théorie, comme cette pratiaue nous

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