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PRÉFACE. XXIII

parvenir, et les services rendus à la patrie , la seule cause de récompense. » — Un gouvernement fût-il pénétré de sentiments aussi louables, il faudrait encore pour qu'ils fussent efficaces deux choses bien difficiles à établir ou à trouver, à savoir que les besoins et les désirs du plus grand nombre fussent éclairés et raisonnables, et que le prince fût assez heureux ou assez sage pour ne prendre comme instrument de ses honnêtes et généreux desseins, que des hommes parfaitement dignes de participer à cette grande œuvre du bonheur public.

Mais ce que le prince ne peut voir ni empêcher, le pubUc, s'il est sérieusement appelé à regarder à ses affaires, à se donner les représentants de son choix, à surveiller d'un œil sévère l'emploi des deniers publics, verra et fera certainement beaucoup de choses qui sont impossibles à un monarque. Et pourtant, avec des apparences républicaines, le futur empereur était monarchique, et même quelque peu despote. Peutêtre une ambition malheureuse et la force des choses ont-elles eu dans ses destinées et dans les nôtres une influence fatale, profondément regrettable. Nouvelle raison pour les peuples de se défier des rois, même de ceux qui se croient répiiblicains , tout en avouant qu'ils ne peuvent l'être et en disant pourquoi.

Sans vouloir instruire une cause qui se juge maintenant avec une irritation, hélas! trop facile à concevoir, nous nous demanderons pourtant si les fautes qui nous ont perdus eussent été aussi faciles à commettre sous le régime républicain que sous le régime

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