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de r^ondre comme il l'entendra; mais un point sur lequel il est difficile qu'il y ait dissidence, c'est que les ldée% napoléoniennes ont beaucoup plus promis que la pratique n'a tenu. Nous n'en voulons d'autre preuve que les conceptions du prince prétendant, comparées à la politique appliquée du prince gouvernant. Nous bornerons cette comparaison à trois points essentiels : la loi électorale , l'organisation de l'armée et celle de Tinstruotion publique.
Sur la loi électorale, la théorie voulait non seulement que tous les Français fussent électeurs et cligibles, mais que « Télection eût deux degrés. Tous les citoyens domiciliés dans un canton se réuniront, et procéderont à l'élection des membres des collèges électoraux d'arrondissement et de département. Ces collèges procéderont directement à T élection des députés ; les collèges de département seuls proposeront au gouvernement trois candidats pour la place de sénateur. Les députés seront rétribués pendant le temps que dureront les sessions législatives. )» — Inutile d'exposer en regard de cette théorie la pratique qui nous a valu des chambres si malheureusement complaisantes que l'harmonie entre le prince et la représentation nationale pouvait passer à bon droit pour tout autre chose. Si cela seul soutient qui résiste, il n'y a pas lieu de s'étonner de la chute de ce qui était sans soutien, par la raison que ce qui devait résister était sans consistance, et n'avait même que l'ombre de la réalité.
Et l'armée que devait-elle être d'après la théorie, et
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qu'a-t-elle été en fait? Il n*est assurément pas nécessaire de répondre à la dernière de ces questions, quoique tous les vices de cette partie de la force publique soient loin d'être visibles à tous les yeux. Il suffira donc de faire voir, en rappelant la théorie, à quelle prodigieuse distance la pratique en était restée. c-La question importante est de trouver une organisation qui, au jour du danger, donne des millions d'hommes exercés, et qui, pendant la paix, soit une faible charge pour le budget et enlève peu de jeunes gens à l'agriculture. Le système prussien résout le problème matériellement et moralement... En résumé, l'organisation que nous proposons offrirait des avantages : l"" sous le rapport économique, puisque de i ,200,000 hommes, il n'y en aurait que MfiOk) enlevés à l'agriculture; 2* sous le rapport moral, puisqu'elle ferait disparaître toute rivalité entre la garde nationale et l'armée, et qu'elle répandrait Tesprit militaire dans toute la nation ; 3'^ sous le rapport gouvernemental, puisqu'elle emploierait toutes les capacités militaires, les vieilles comme les jeunes gloires. »
Louis-Napoléon comprenait aussi la nécessité des réformes dans l'instruction publique; quant à la question de savoir s'il les comprenait bien, c'est autre chose.
On sait du reste avec quel bonheur ses ministres, deux surtout, M. de Falloux et Fortoul, les ont opérées. Et pourtant la théorie disait : « En politique, comme en éducation, remplacer (et Ton ne détroit que ce qu'on remplace) l'édifice de Charte-
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magne, teUe était la mission de Tempereur (Napoléon I®"") ; mais le temps lui a manqué en cela comme en toute chose. Et n'est-ce pas inconcevable de voir encore aujourd'hui qu'on exige un examen de latin pour entrer aux écoles polytechnique et militaire? Du latin au dix-neuvième siècle, pour apprendre à construire des navires de guerre ou des places fortes ! du latin pour apprendre à lancer des boulets ou pour appliquer dans les arts les sciences chimiques et mécaniques! Charlemagne se servit du prestige de l'Église qui était à cette époque le flambeau de la science, l'espoir de la civilisation... Pour arriver à elle^ qui tenait encore et à Constantinople et à Rome, il fallait savoir le grec et le latin... Mais notre état social a bien changé depuis. x>
C'est pouîlant cette seule conception de réforme, la plus malheureuse des trois dont nous parlons, celle d'abandonner les études philosophiques et littéraires, qui a été tentée. Ce n'est pas avec cette manière étroite, basse, on pourrait dire matérialiste, ce n'est pas avec cette aversion héréditaire pour l'idéologie, c'est-à-dire pour tout ce qui est le plus propre à élever les idées et les sentiments, à donner l'éveil à l'esprit sur toutes choses, à le rendre pénétrant, juste et sévère, que nos heureux adversaires d'outre -Rhin conçoivent l'instruction publique, même au point de vue du service militaire ; l'un deux, en relevant nos fautes stratégiques dans la dernière guerre, s'exprime ainsi : <r Le grand avantage qu'il y a pour l'artillerie à posséder des officiers instruits et habitués à réfléchir sérieusement, s'est fait aussi remarquer dans cette