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PRÉFACE. XXXV

une garantie d'avenir , abondent d'autant plus dans leur propre sens qu'ils admirent et respectent da. vantage l'homme dans le prince de leurs vœux. Mais H s'agit bien moins ici de l'homme, sur la loyauté duquel le partage d'opinions est impossible , que du prince, et surtout des principes et des institutions qui en seraient la conséquence. Or la démocratie ne peut s'accommoder ni de ces institutions ni de ces principes. Répudier la profession de foi politique de 89, revenir à l'alliance du trône et de l'autel, revendiquer pour le prince je ne sais quel droit de souveraineté divine et mystique sur les personnes et les choses, ce sont là des prétentions absolunent inadmissibles. Un pareil retour, qui ne pourrait s'effectuer que par la force et même par une force étrangère, serait sans lendemain. La chute de Charles X n'a pas eu d'autre cause. L'égalité civile et politique, malgré l'inégalité des conditions , la liberté religieuse , la dignité humaine en un mot, sont devenues la foi politique de la France. 11 n'y a plus de place dans son esprit pour une autorité imposée et sans contrôle, pour une aveugle docilité , pas plus en religion qu'en politique.

Une autre restauration monarchique, dont les partisans mettent sans doute beaucoup d'espérances dans la bêtise populaire, dans le mensonge, la corruption, la surprise^ et la violence, aurait-elle plus de succès, et surtout plus d'avenir? il nous serait diffile de le croire ; si un certain passé est de nature à nous faire douter, un autre passé est plus propre encore à nous rassurer. En tout cas, si de pareils moyens pou-

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