DE LA DÉMOCRATIE
Rousseau, partant de la volonté du souverain, de celle du corps simple ou composé de la magistrature souveraine, de celle enfin propre à chaque individu, et de rhaimonie qui doit exister entre ces trois sortes de volontés, conclut que plus les magistrats sont nombreux plus le gouvernement est faible (1).
De la dicinôeratle.
SOMMAIRE
Démocratie pure, impossible. — Démocratie représentative. — Elections. — Rousseau, sou opinion sur la démocratie. — Réflexion.
La démocratie pure ou le gouvernement du pays par le pays lui-même n'est pas possible. Mais le
peuple, surtout'si le pays est très restreint, peut voter lui-même ses lois. Pour peu que le pays soit étendu, les réunions politiques se multiplient nécessairement ; la délibération ne peut plus être commune ; ce qui n'empêche point cependant qu'une loi proposée ne puisse être votée par la nation.
Si Ton veut avoir une délibération commune, unique, il faut alors avoir une représentation natioifale, une ou plusieurs chambres législatives. Les représentants sont élus dii'ectement ou indirectement par la partie du pays qu'ils représentent. Ils peuvent l'être directement, si les circonscriptions électorales sont très restai /6. C. U, p. 189.
treintes ; indirectement, s'ils sont nommés par des délégués, qui sont eui-mémes le produit de rélection directe ou indirecte, suivant que l'élection est à deux ou trois degrés.
Rousseau lui-même convient qu'alors encore que la démocratie pure serait bonne, elle n'est pas possible : <jr II n'a jamais existé, dit-il, de véritable démocratie, et il n'en existera jamais. Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes (1). »
Je ne sais si un bon gouvernement impossible peut être appelé parfait ; mais ce dont on ne peut douter, c'est que la force, les préjugés, les opinions y auraient beaucoup plus de part que la raison .
Burlamaqui reconnaît trois points nécessaires dans toute démocratie : 1** la fixation d'un temps et d'un lieu pour la réunion du peuple ; 2° l'établissement de magistrats chargés d'administrer en son nom et de la convoquer dans les cas extraordinaires ; 3* la prépondérance décisive de la majorité des suffrages.
(1) Contrat social, L. lli, ch. iv.