DE LA MONARCHIE
De la aioaarehle.
SOMMAIRE
Ifonarchie pare oa absolue. — Monarchie héréditaire , élective. luconTénienta de la monarchie absolue. — Monarchie tempérée.
La monarchie pure ou absolue a été regardée par plusieurs philosophes anciens comme le meilleur des gouvernements quand le prince est ce qu'il doit être. EDe l'emporte en effet sur les autres formes de gouvernement par l'unité de volonté, d'autorité, de commandement, par l'unité *de vues et l'ensemble des opérations qui doivent les réaUser.
Mais que d'inconvénients à côté de ces avantages I Comment un roi absolu peut-il connaître tous les besoins de son peuple 1 Quelle puissance de génie ne lui faudrait-il pas pour donner toutes les lois propres à les satisfaire ! Comment peut-il en surveiller utilement l'exécution ? Que deviendra la chose publique si le prince est înineur ou incapable» s'il a l'esprit faussé et le cœur perverti, s'il n'aime que les plaisirs et néglige les affaires, s'il est égaré par un petit nombre de courtisans, s'il ne sait point se reconnaître au milieu des intrigues qui s'ourdissent à chaque instant autour de lui? De combien de préjugés sa jeunesse n'est-elle déjà pas imbue par les flatteurs !
Que de goûts ruineux , que d'habitudes pernicieuses
ne contracte-t-il pas avant de monter sur un trône héréditaire I Plus un monarque est absolu , moins il gouverne; c'est le régime par excellence des ministres et des courtisans. Trompé par eux, il n'a que Tapparence d'un pouvoir dont ils ont la réalité. Il est vrai qu'il peut les disgracier et même les punir : mais c'est pour retomber sous la dépendance d'autres serviteurs qui deviendront aussi ses maîtres ; la force des choses exige qu'il leur obéisse tout en croyant leur commander. C'est bien autre chose s'il se décharge entièrement sur eux du soin de son gouvernement. C'est alors le despotisme oriental avec les intrigues et les révolutions de palais , ou le règne des rois fainéants, qui préparent Tavénement des maires du palais.
Mais supposons qu'un prince absolu veuille l'être en réalité et prenne son rôle au sérieux. Epargnerat-il les trésors ou le sang de ses sujets s'il est prodigue ou passionné pour la guerre? Respectera-t-il les restes de leur liberté s'il croit sentir l'ombre de leur résistance? Ne deviendra-t-il pas plutôt un tyran, pour peu qu'il soit sujet à l'orgueil et à la colère, deui passions si naturelles et si ordmaires chez les hommes puissants ?
Et puis, cette unité de vues dont on parle se rencontre-t-elle donc dans un prince qui manque de vues, ou qui en change trop facilement? Est-elle compatible avec la succession des princes, alors même qu'ils sont héréditaires ? Combien n'est-elle pas plus sûre dans un corps qui ne se renouvelle que très lentement, ou dans un peuple éclairé qui parle et