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D£ LA MONARCHIE

seté de l'assertion comme fait ou au point de vue historique : a On se méprend étrangement, dit M. H. Passy, dans un article remarquable (1), quand on croit que, pour s'établir et durer, la forme monarchique a besoin de la protection des classes investies de privilèges particuliers. Il n'y a pas de société où ne surgissent naturellement des intérêts et des forces disposés à prêter leur appui à tout pouvoir devenu nécessaire au maintien de la paix publique. » La noblesse, comme l'observe Voltaire, est plutôt l'essence du gouvernement féodal ou aristocratique, que celui de la monarchie.

D'un autre côté, toujours suivant Montesquieu, les prérogatives des seigneurs, du clergé, de la noblesse et des villes , sont nécessaires pour que le pouvoir intermédiaire dont il parle puisse subsister.

Outre les rangs intermédiaires, Montesquieu veut aussi dans les monarchies ce qu'il appelle un dépôt de lois , c'est-à-dire , selon toute apparence , des parlements, des corps de judicature.

{\)D€ia Démocratie dans tes rapports avec les formes de gouvernement. Compte -rendu des traTaux de l'Académie des sciences morales et politiques. (JauTier 1871^ p. 89 et suîy.)

i66 LIVRE I. SOaÉTË CIVILE, SES FORMES.

Des gouvernements mixtes, et sartont 4e la démoeratle représentative on aristoeratiqae.

SOMMAIRB :

La démocratie représentative. — Sa raison. — Étendue du droit électoral.— Supériorité juridique de cette forme de gouvernement.

Notre intention n'est pas de nous occuper de toutes les formes mixtes de gouvernement, mais seulement de celle qui nous parait absolument la meilleure, qui est du moins la seule irréprochable du côté du droit, parce qu'elle est la seule appropriée au présent et à l'avenir de l'homme, à ses intérêts de toute nature et à son perfectionnement indéfini.

Elle est fondée sur le double principe qu'une nation a le droit de faire ses affaires, mais que ne pouvant les faire elle-même, elle doit en charger ceux de ses membres qu'elle en croit le plus capables. Rien n'est plus naturel, plus simple ni plus juste. C'est à cet état de choses que tendent tous les gouvernements mixtes, mais surtout les monarchies constitutionnelles.

Tout membre de la cité, qui n'est ni incapable ni indigne, ni alieni juris^ doit avoir droit de suffrage : c'était déjà la formule de Spinoza (1).

Personne n'a le droit de se plaindre de cette forme

(1) Tractatus theotogico-poHticus, p. 490, édit. Gfrœrer.

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