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DE L'ACTION DU POUVOIR

ni dureté, mais tout simplement défaut de mission.

Il va sans dire cependant que si le bien public était intéressé à ce que de grands travaux s'accomplissent, par exemple qu'il y eût à faire des reboisements, des dessèchements de marais, des défrichements, des canaux, des routes, des endiguements, en un mot de grands travaux d'utilité générale, le pouvoir manquerait doublement à son devoir s'il ne les faisait pas exécuter, et de préférence par les mains des indigents, s'ils en étaient d'ailleurs capables.

Et comme les pauvres valides et sans ouvrage ne peuvent qu'être à charge au public et à eux-mêmes, se pervertir par la fainéantise et le vol, je n'hésite pas à penser et à dire que la société a le droit de se prémunir contre des hommes dans cette position, et de les employer, forcément au besoin, à des travaux d'utilité publique, quelle qu'en soit la nature. Bien entendu que ces travaux ne doivent pas excéder les forces de ceux qui doivent y être employés, que ces ouvriers doivent être traités avec tous les égards dus à l'humanité et au malheur , et qu'ils doivent être libres d'y renoncer dès qu'ils prouvent qu'ils sont en mesure de vivre autrement et sans être à charge à la société.

De l'indlgenee et die l'assl^tanee piibll^ae (1).

SOMMAIRK :

L*État est-il tenu d'assister le nécessiteax valide ou invalide, et à quel titre, de quelle manière? — L*État est une institution de justice, et non une institution de bienfaisance. — Mais il doit être favorable aux institutions de bienfaisance qui peuvent se former dans son sein.— Il doit veiller à ce que chaque citoyen reçoive Tinstmction [élémentaire etrédacation professioncelle. — Il ne doit point permettre le vagabondage, ni môme la mendicité comme profession chez les personnes valides. — Ck)lonie8 agricoles. — Budget de Tassistancc publique destiné à secourir toutes les infortunes accidentelles , imprévues^ imméritées, ou qui ne trouveraient pas l'assistance nécessaire chez les particaliers, ou chapitre des dépenses imprévues. — Enfants abandonnés.

Le citoyen qui n'a rien a encore le droit d'acquérir régulièrement. S'il ne le veut pas quoiqu'il le puisse, il se fait lui-même une situation que la société n'est pas obligée de défaire, mais contre laquelle elle a le droit de se prémunir parce qu'elle est dangereuse. Il peut donc être forcé au travail.

Mais le citoyen invalide, incapable de pourvoir à ses besoins, a-t-il un droit strict à l'assistance, ou la société n'est-elle tenue envers lui qu'au devoir moral de la pure bienfaisance ?

En principe, l'État ne doit que la justice aux citoyens; il serait très dangereux d'en faire une institution de bienfaisance : ce serait un encouragement à Tinconduite et à l'imprévoyance. La bienfaisance est

(1) V. sur cette question : de Gérindo, Traité de la bienfaisance publique.

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