‹ Principes du système musical et de l'harmonie théorique et appliquéeChapitre 33 sur 125 · VX · texte numérisé non relu

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Quand on emploie successivement toutes les formes altérées possibles d'une gamme, on ne peut manquer, d'un sens à l'autre, de moduler dans certains caspar tonique commune, procédé très légitime assurément, mais que l'analyse doit constater.

184. Une gamine naturelle peut toujours, avec le sens convenable dans fa succession, être considérée comme provenant de l'altération d'une ou plusieurs autres gammes naturelles.

ut i

ou Ut V avec si $

ou Ut II avec si t] et mi %

Ut IV ou l't I avec fa %

Ut V

ou Ut I avec si],

— et

«» hm

Ut II ou Ut V avec mi (, ou Ut I avec si I, et mi if,

Ut VI ou Ut II avec la \, ou Ut V avec mi (, et la t,

Ut III ou Ut VI avec «i \) ou Ut II avec la \, et ré\

=**=fo

En principe, la considération d'altération ne peut plus suffire dès qu'un degré altéré évite formellement par son mouvement sa résolution naturelle. C'est ce qui se produit continuellement dans la gamme turque, mais seulement d'une octave à la suivante de même sens. On connaît l'usage du même parti pris dans un motif caractéristique d'une œuvre drama-

tique célèbre

Toutefois, dans les cas de ce genre, la considé-

ration de modulation continuelle sera souvent remplacée avantageusement par celle d'arpégement avec résolutions implicites et fréquents sous-entendus de notes résolutives. D'une manière générale, l'ensemble du contexte musical suggérera la meilleure analyse (Cf. 84, 181, 428, 430, 452, 472 474).

185. Bien entendu, l'artifice d'altération pourrait se combiner avec celui de suppression de degrés.

Gamme Chromatique

186. Les degrés d'altération peuvent substituer directement leurs homonymes naturels, mais ils peuvent aussi, par une sorte de double emploi, être précédés de ces degrés euxmêmes, c'est le mouvement chromatique, et lorsqu'on l'applique à tous les degrés qui en sont susceptibles, la succession obtenue est la gamme chromatique. Mais au fond et théoriquement, le degré altérable et son altération entendus successivement ou simultanément ne comptent réellement a ne pour an degré (202, 439, 440, 521, 535).

Fausses Echelles

187 Des considérations purement numériques ont fait parfois mais très improprement

appeler gammes des séries arbitrairement établies, n'ayant aucunement le caractère d'échelles tonales; ce sont de simples expressions mélodiques impossibles à constituer par les seules altérations normales de la série diatonique naturelle.

Pour les obtenir, il suffit de remarquer que le nombre 12, qui est celui des demi-tons tempérés contenus dans l'octave, est exactement divisible par 6 et 4, comme aussi par 3 et 2.

La division par 6 fournit la succession dite gamme de 6 tom, qm ne remplit évidemment pas les conditions d'une échelle simplement altérée (181).

On peut bien concevoir, en série UT, quatre tons entiers de suite : fa-sol-la-si-ut§. Mais at% non résolu sur ré q et suivi de ré$ implique modulation. De plus, si ré $ est suivi de/a q, il y a saut par suppression d'un degré non pas ordinaire, mais supposé résolutif. Ce mouvement de tierce diminuée peut se supposer ailleurs, mais non être évité. D'où seconde modulation probable souvent enharmonique. Il n'en serait pas autrement en descendant.

La soi disant gamme de 6 tons n'est donc qu'une expression mélodique modulante dont l'emploi à ce titre est du reste possible et bien connu; faut-il dire qu'il tend même à devenir banal !

Enharmoniquement, il n'en existe que deux séries à distance de demi-ton puisque 12=6X2 (Cf. 494).

tf* ftg fe

~fmm

wm

D'un degré à un autre, les relations de demi-ton, de quinte juste et de tierce mineure (ou leurs équivalents), et des mêmes intervalles renversés, y sont inexistantes. Au contraire, chaque degré se trouve avec deux autres en rapport de tierce majeure (ou quarte diminuée) et de quinte augmentée (ou sixte mineure). C'est ici le lieu de remarquer que, même augmentée, la quinte peut garder son influence tonale, mais à condition que le degré altéré puisse remplir sa fonction normale par demi-ton, ce qui est impossible ici.

De la propriété de chaque degré de porter la quinte augmentée découle, pour chaque modèle de succession, celle de se superposer mélodiquement à deux des quatre variétés enharmoniques de l'accord dit de quinte augmentée f494.

Des considérations analogues s'appliqueraient à une série arbitraire de 8 notes composée de 4 groupes successifs formés chacun de ton et demi-ton, qui ne contiendrait pas la relation de tierce majeure et comporterait 3 modèles à distance de demi-ton.

W 9\>* «M» ' # 11 jj 9. * ^g # 11, \,9\>m\*fr g #*

•> ♦TÎTl t T t VK Vl T t T t k*f;jl t T t

Dans cbaque succession, il y a nécessairement un degré doublé par son altération et celle-ci ne peut remplir sa fonction normale.

On trouverait tout aussi bien une combinaison du même genre en envisageant la succession de deux groupes formés chacun de 2 tons suivis de 2 demi-tons :

•> *Trt t1' T T t ~

Ou encore 4 tons suivis de 4 demi-tons :

Ut IV; sol et ta altérés par #

HE

Mais cette succession présente réellement le caractère d'une gamme altérée d'après l'analyse indiquée, le la se trouvant seulement sous les deux états naturel et altéré.

Observations analytiques

188. Toute expression mélodique peut être considérée comme formée de fragments dont chacun, plus ou moins développé, appartient nécessairement aux séries générales et partielles ci-dessus envisagées. L'analyse indique à laquelle, seulement on conçoit que le problème est souvent indéterminé, ce qui ne veut pas dire qu'il n'aurait pas de solution, mais au contraire qu'il en aurait plusieurs ; et l'ingéniosité des procédés harmoniques créera en outre des points de vue artificiels inaperçus d'abord et susceptibles d'ajouter encore à cette variété.

L'appréciation tonale résulte du caractère général de la mélopée, que la finale soit la fondamentale, la dominante ou la médiante de l'accord tonique ; ce ne sont là, dans l'application du principe, que des cas dont on conçoit seulement la plus grande importance dans l'art monodique ancien, où manquait le commentaire variable de l'harmonie. Dans la pratique ordinaire actuelle, la dominante finale mélodique peut se superposer à l'accord tonique, mais le caractère conclusif absolu est en général refusé à l'accord de dominante, susceptible seulement de terminer des périodes épisodiques à titre de repos momentané, au cours du discours musical.

L'ambitus mélodique, considéré autrefois comme si caractéristique modalement, quoiqu'il ait simplement son origine dans les limites naturelles des voix et des instruments, ne nous apparaît plus aussi que comme un des innombrables partis pris pouvant influer sur la matière musicale, mais sans être aucunement à eux seuls, de leur essence, déterminatifs tonalement.

189. Sans les avoir dégagés nettement, sans en tirer toutes les conséquences, les Anciens appliquaient inconsciemment des principes éternels. Loin de provenir, comme le seul point de vue historique peut parfois le laisser croire improprement, des échelles antiques et du plain-cbant, les six gammes naturelles en sont au contraire la source nécessaire comme de toute manifestation sonore possible esthétiquement.

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