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CHAPITRE XVI

PARENTES TONALES

Rapports qui constituent les Parentés

464. Les rapports entre tonalités sont nécessairement plus ou moins éloignés, et plus elles sont voisines, plus la transition paraîtra naturelle, quoiqu'il existe des moyens rapides de relier des tonalités très lointaines. Comment déterminer le degré de parenté des diverses tonalités? Plusieurs systèmes se sont produits à cet égard. Voici celui que nous croyons le plus normal.

Tout d'abord, il existe évidemment une parenté de série entre les tonalités de même série. C'était sans doute, primitivement, la seule qui lut considérée dans la musique monodiquc,en particulier dans le plain-chant, où le si [7, d'abord simple altération, ne dut conquérir que plus tard un mouvement indépendant (5e et 6e tons), même quand une pièce comportait à la fois le si t; et le si fy. Plus tard aussi, par suite des transpositions de tons, le si ; put sembler parfois préférablement altération ascendante du si [?(426).

Ces derniers cas annonçaient déjà un autre pôle de parenté, origine de la vraie modulation, dans la communauté de tonique impliquant nécessairement communauté de dominante. Il n'est que la conséquence du principe d'unité de composition aujourd'hui universellement admis et consistant dans la domination comme principale d'une tonique unique autour de laquelle tous les autres degrés ne gravitent qu'à titre accessoire. Or, la substitution momentanée ou prolongée d'une gamme à une autre comportant la même tonique ne surprend nullement l'oreille, et laisse intact le sentiment d'unité esthétique, non seulement au cours d'une œuvre, mais encore dans sa conclusion. Entre modes de même nature, la pratique de ces échanges a été jusqu'ici sensible surtout entre mineurs, mais est tout aussi normale entre les majeurs; quant au passage d'une espèce de mode à Vautre, il est tellement courant qu'il n'y a pas lieu d'insister. Nous observerons seulement que, dans les terminaisons, s'il est infiniment fréquent que le majeur prenne la place du mineur initial, le procédé contraire est inusité, sans doute parce que, dans ce cas, on aurait, vis-à-vis de l'accord majeur dominateur par excellence, et établi déjà comme principal, une sensation à' altération admissible seulement comme élément transitionnel. Toutefois ceci n'est-il pas trop absolu et ne peut-il se présenter des occasions justifiées de déroger à cet usage?

Parentés dans la même Série

465. Lu parenté des tonalités de même série est figurée assez exactement, en série UT( par le schéma suivant, selon le nombre de degrés qui séparent les toniques par la voie des traits indiqués .

Fa IV — Ut I — Sol V

/ \ / \ / ! \ Ré II - La VI — Mi III; Ré II

Si inexistant comme tonique

D'où le tableau :

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