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Au contraire, tout mouvement par ton entier de la note altérée est modulant (472, 473j.
Ainsi, ce mouvement du fa g sur le mi manifeste tellement la sortie bors de la série UT, que
(ré 1 accord j ut , quoique séparé par un autre accord de celui qui comporte un faï, cause une
impression de surprise assez désagréable [Cf. 84, 184, 428, 430, 435).
Voilà qui n'est pas fait pour justifier les théories qui considèrent le mouvement de la note sensible vers la tonique comme élément déterminatif absolu de toute tonalité et de toute modulation.
475. Mais il ne faudrait pas voir dans la condition dont nous venons de parler un àùtérium nécessaire pour la réalité d'une modulation; c'est justement dans les transitions aux Ions voisins, les plus fréquentes, qu'il manquerait le plus souvent par la nature des choses, et il serait absurde de nier la certitude d'un changement de série qui peut résulter de beaucoup d'autres éléments, manifestant dans la conlinualion de la période la volonté de séjourner plus ou moins dans la série qui pouvait n'être que vaguement effleurée. C'est la con les turc du discours musical, en ce qui précède et ce qui suit, qui indique quelle considération doit prévaloir, celle d'altéralion en môme série ou celle de modulation. Les formules de cadences parfaite ou rompue peuvent jouer ici un rôle important, comme aussi la modulation positive à une tonalité fort éloignée peut être amenée par un simple conduit monodique, voire même une tenue prolongée d'une seule note ou d'un accord.
Quant à donner à cet égard des règles absolues, on conçoit que c'est impossible. Une modulation formelle peut être très passagère et une autre à peine indiquée d'abord devenir, par insistance, très durable.
476. Si nous nous sommes étendus sur la distinction délicate et parfois un peu incertaine à faire dans l'interprétation de faits qui, partant d'un même principe, présentent isolés un aspect semblable, c'est qu'il convenait de protester contre la véritable manie qui consiste à ne pouvoir rencontrer le moindre signe d'altération sans parler de modulation.
A ce sujet, il est piquant de citer Félis (§ 282) donnant d'un chant simple non modulant deux harmonisations, la première, dit-il, dans le système transitonique des accords dissonants naturels, la deuxième dans le système qtiasi omnitonique de l'harmonie de nos jours. Or, un examen attentif démontre que cette dernière, pas plus que la première, ne contient formellement aucune modulation, et peut aisément et doit même s'analyser par le simple jeu des altérations.
Mais une aberration plus sérieuse est l'affirmation ci-après qu'il faut reproduire en son entier : « Les accords consonants et leurs modifications par le retard de leurs intervalles ne composent que l'ancienne tonalité unitonique. Il est impossible d'établir avec eux la modulation proprement dite, c'est-à-dire la relation nécessaire d'un ton avec un autre » (§ 255).
Et les premières lignes du chapitre suivant ne laissent pas douter que, d'après Fétis, Vêlement nécessaire de la modulation ne pouvait être que la découverte de Vaccord de septième dominante !
Pour prouver ce beau théorème, il se contente de donner quelques essais timides et incertains de musiciens italiens du xvie siècle, qui cherchaient en effet à mettre en contact des séries différentes, mais avec des maladresses et des naïvetés dont il ne faut pas sourire. Les progrès de la technique musicale ont été bien lents. C'est pour nous chose pédante et banale qu'une formule de cadence, et, pour l'établi]', il a fallu les efforts et les tâtonnements de générations de musiciens.
L'introduction dans la pratique de l'attaque directe des accords dissonants et d'abord de ceux de septième dominante et de septième diminuée a pu multiplier les tendances modulatives. Mais l'harmonie dissonante n'est nullement une condition indispensable à la modulation (Reber, §213), indéniable par exemple dans ces successions :
Tons Ut I
Mi VI
Et ceci malgré l'absence en b et c de note sensible, quoique Gevaert y voie encore l'élé ment nécessaire « d'une cadence pleinement conclusive » (§ 71).