SUBSTANCES DES RÈGNES ORGANIQUES
Devons-nous considérer les règnes organiques, végétal et animal, comme consistans en sels? L’analyse de ces corps nous les présente dans l’union lai plus immédiate et d’après le partage des principes> de l’eau entre deux portions de carbone , comraef composés , en première union, d’acide carbonique ett d’hydrogène carboné et , en seconde union , comme composés d’oxide de carbone et de carbone bydrooéné. Il est vrai que ce sont là les seules combi-H naisons simples que ce partage peut donner.
L’eau existe-t-elle toute formée dans les substances? organiques , ou s’y trouve -t- elle par ses principes? désunis ? Je pense qu’elle y existe sous les deux for-;i mes; et elle ne peut qu’exister sous la dernière formtd lorsque l’un ou l’autre de ses élémens est en excèiS à ses proportions d’eau.
Nul doute que les végétaux ne doivent être com posés de plusieurs oxides et de plusieurs acides 1er uns aussi faibles que les autres et ayant par là um( grande mobilité de combinaison. Qu’on compare , s> l’on veut s’en convaincre, un végétal cuit à un vé <rétal cru: la forme seule est conservée, tout le rest ( est changé : tous ses composans , qui sont entrés dan de nouvelles combinaisons, ont perdu leur oobesio-: et pris une autre saveur, une autre odeur; qua-t-i^ fallu pour un si grand changement? Une simple dil ' férence de température qui, en changeant les affim tés, a en même temps changé les combinaisons.
Analyse- t-on une substance organisée, on obtierv
SUBSTANCES ORGANISÉES. 3i5
aes édults différens selon les moyens qu’„„ emploie et la température à laquelle on opère; et non-seulement les consutuans de la substance se combinent entr-eur et différemment eutr'eux, mais ils se comWnent aussi avec les réactifs et différemment avec ces
reaet.ft, ,
ent, sont des produits au lieu d’éduits.
Je pense qu’on ne peut se refuser à reconnaître la combinaison du carbone avec l’eau nmir f i
et disposer cT corps'" men" 'Jr”' “ s’engager plus facile^
sans soustraction d’hydrogène et ainsi en une surcombinaison de celui ci à ’
l’acide sec et formant de pf T l
c; J, ,> . * acide carbonique ordinaire
aisément de l’acide carbonique et de l’hyXog'Lrcar
la résolution de ee= , “''“"eée; et
a si fortement frappe eeur„u" occupés de leur anatee qu’Us o 7
1 «.es vues, examiner oueinn PS Time .1 • .
prochains des plantes, et nous n’au'rons p'as de""i’" a convaincre que de leur ^ ^
brmes et en différp «^umon sous différentes
«nlter uim n faire
irbitraire de ces corps. et jiresqiie
^ nisation du carbone; il a pour
SUBSTANCES
composans ti’ois proportions d’acide carbonique, six. proportions d’hydrogène carboné et une proportiom de carbone; en tout : carbone, sept proportions, 42;, oxigène, six proportions, 4^, et hydrogène, six pro-portions, 6. En unissant l’hydrogène avec l’oxigène“ on a six proportions d’eau, 5i, et tout le carbone* devient libre. C’est pour cela que la gomme est sii peu combustible, renfermant, comme déjà ancienne-ment je l’ai fait remarquer, les élémens de sa pro-pre combustion, ou n’étant combustible qu’en vertui d’une proportion de carbone, 6, dispersée dans unemasse d’autre matière, et, selon nous, de carbone organisé, pesant 87.
Je ne parlerai point de la transformation la plusjj immédiate du muqueux en autres matières à l’aide d& la végétation; la nature lui fait subir plusieurs changemens à la fols , décompose son eau et en déplace cC' liquide par de l’hydrôgène carboné ou du carbone hy-drogéné, toutes opérations dont nous ne pouvons pas^ davantage suivre la marche que nous pouvons let^ imiter; toutefois, son passage le plus immédiat, tant; dans la nature que dans l’art, paraît être à 1 état de.' sucre , lequel a moins de carbone , et consiste danss line proportion d’acide carbonique et deux propor tions d’hydrogène carboné , composé qui, par sa dé-composition , se résout en deux proportions de carbone = et deux proportions d’eau. On pourrait stnetemeni j considérer le sucre comme le corps végétal baseux.^ ne contenant que le pai
élémens; cependant, com— - „
carbone, nous l’avons placé au second rang.
De l’état de sucre, la matière végétale passe a l’étai!
entre du carbone, sans
ORGANISÉES
de vin. Dans l’emploi de ce terme, je fais abstraction des matières hétérogènes, et je m’en sers pour ne pas confondre le vin avec l’alcohol. Le vin est composé des élémens d’une proportion d’acide carbonique et de ceux de six proportions d’hydrogène carboné , lesquels sont les constituans de l’alcohol, avec plusieurs proportions d’eau, soit sous forme de ce liquide, soit existant par ses principes, et qu’on ne peut en séparer, les premières proportions que par une chaleur d ebulhtion, et les dernières, qu’en vertu d’une affinité d hydratation. L’alcohol est du carbone avec de l’eau et de Ihydiogène carboné, deux proportions du premier, deux proportions de la seconde et quatre proportions du dernier. On se rappellera qu’il faut deux proportions d’hydrogène carboné, renfermant chacune une demie proportion de carbone, 3, avec une proportion d’hydrogène, i , pour désacidifier une proportion de carbone, 6, renfermant deux proportions oxigene, i5. En supposant que le carbone soit organise par l’eau, alors deux proportions de ce corps 29 , sont surcombinées de quatre proportions d’hyjogene carboné, 16, nombre 45; en analyse encore plu avancée, deux proportions d’eau et quatre proposons de carbone hydrogéné, savoir, .5 d'oxigine .s a a dhydrogene, et proprement séparés de ra de carbone, sons forme d’eau; puis les ra de carbone e jotgnant aux doure du même combustible déjà exis! «ans avec /, d’hydrogène sons la forme d’hydrogèlL
.ydro"glé .‘Î7rd"'’ i“«lon, du carbone
ce carbone' , «arbone; a8 de
élémens lignréi dTpa'lcX'l
l’.lrv la 1 T- absolu; nombre, 45.
aicohol altéré dana co ^
sa composition, par un acide
SUBSTANCES
prend tpiatre proportions d’hydrogène carboné de plus, et forme de l’éther, dont les principes sont une proportion d’acide carbonique et dix proportions d’hydrogène carboné, 21 et 40, nombre 61; six proportions de carbone , deux proportions d’oxigène et dixi proportions d’hydrogène, et de quoi former deux proportions de carbone organisé, 29, et huit proportions d’hydrogène carboné, 32. Aussi, et alors en plus^ basse proportion, de quatre proportions de carbone; hydrogéné, 28,*et d’une proportion d’eau, 8, 5; nombre de l’éther, 36, 5.
L’aleohol encore plus altéré par un acide se transforme en un gaz qui est le carbone hydrogéné; ce gaz reste après la soustraction complète de l’eau à< l’alcohol ou après la désorganisation entière de ce» liquide , dans lequel, comme nous venons de le voir,, sont renfermés, sur 4^, les élémens de deux propor--i lions d’eau et de quatre proportions de carbone hydrogéné.
• Une propoi’tion d’alcohol étant soustraite dans 4* d’hydrogène et 8 de carbone, l’acide carbonique res— i tant, forme l’acide acéteux, lequel a ainsi pour élé-mens , 17 d’eau et 16 de carbone ou une proportiom et demie d’acide carbonique, une proportion de carbone hydrogéné, une demie proportion d’hydrogèm.' carboné et une quatrième proportion de carbone libre. . 49, 5 de cet acide, qui est le nombre dans lequel, il se proportionne avec les oxides, sont aussi saturéM par une proportion d’eau; une proportion et demie d’acide carbonique, 3i , 5, une proportion et demie d’hydrogène carboné, 12, une proportion de carbone 6; sans doute que les deux proportions de carbone hydrogéné qui résultent du transport de la proportior
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de carbone libre sur la proportion d’hydrogène carboné, ne concourent pas à la saturation et agissent comme oxide, la demie proportion restante de l’hydrogène carboné se joignant à l’acide pour compléter les deux proportions. Le sucre, composé de deux proportions et demie d’hydrogène carboné et d’une proportion et ' demie d acide carbonique , avec une proportion de carbone de plus, serait de l’acide acétique. On peut aussi dire que 1 acide acétique consiste en une proportion de carbone avec une proportion et demie d’acide carbonique et autant d’hydrogène carboné, et, par conséquent, en quatre proportions de carbone, 24, trois proportions d’oxigène, 22, 5, et trois proportions d’hydiogène, 3, égal à 49> 5; et avec une proportion deau, 8, 5, on a 1 hydrate de l’acide acétique, dont le nombre est 58. Comme 3 d’hydrogène sont saturés par 22, 5 doxigène, en 25, 5 d’ean, les quatre proportions de carbone, 24, sont réduites lorsque ce liquide se forme; et, en effet, les constituans prochains de l’acide acétique sont 24 de carbone et 25, 5 d’eau, laquelle eau, en se plaçant entre l’hydrogène et l’acide carbonique sec , développe la qualité acide de celui-ci.
Proportions égales d’acide carbonique, 21 , et d’oxidc de carbone, i3, 5, forment l’acide oxalique : deux proportions de carbone et trois proportions d’oxigène; nombre 34, 5, lequel sature, à l’état de sel acide cffleuri, une proportion d’eau, et forme, avec une proportion d’oxide, des sels neutres, et avec une demie proportion, des soussels. A l’état cristallisé, il existe avec trois proportions d’eau. On voit qu’ici encore le caibone sature par deux proportions de sa substance, acidifiée en sousacide, une proportion d’oxidc.
SUBSTANCES
3ao
L’acide tartarique consiste en trois proportions d’acide carbonique et deux proportions d’hydrogène carboné, 63 et 8, nombre 71, qui sature une proportion d’oxide eu neutre et une demie proportion , en acidinule, deujt proportions d’eau et quatre proportions d’oxide de carbone sont des modifications différentes de ses élémens; et deux proportions d’eau,, trois proportions d’acide carboneux et une proportioni de carbone sont des troisièmes modifications ; une* proportion d’acide carbofiique est saturée par deuxi proportions d’hydrogène carboné contenant seulement une proportion de carbone et ne concourant pas au proportionnement de l’acide avec les oxides; cet acide,, comme le précédent, devient très-fort par une proportion d’eau.
L’acide succinique a pour composans prochains demi proportions d’hydrogène carboné et trois proportions; d’oxide de carbone; il a, par conséquent, trois proportions d’oxigène de moins que le précédent. Il pour-rait se résoudre en une proportion et demie d’acide; carbonique, une inoportion de carbone hydrogéné, une proportion d’hydrogène carboné et une demie proportion de carbone; ou bien, en une proportion d’acide carbonique, une proportion d’oxide de carbone et deux proportions de carbone hydrogéné; ou encore, eu deux proportions d’eau , une proportion d’oxide de cai’bone et trois proportions de carbone. Le nombre dans lequel il sature une proportion d’oxide, est 48, 5; oxide de carbone, 40 j 5 , et hydrogène carboné , 8. Il sature par l’acide sec de la moitié seulement du carbone dont il est composé; et en transportant une proportion d’oxigène sur deux proportionsd’oxide de carbone, et la proportion du carbone de—
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venue libre par ce transport, sur les deux proportions d’hydrogène carboné, l’acide succinique sera composé de proportions égales d’acide carboneux et de carbone hydrogéné.
L’acide gallique consiste en proportions égales d’oxide de carbone et d’hydrogène carboné; trois proportions de chaque pour faire son nombre. On peut transmuter sa constitution en deux proportions d’acide carboneux, 34, 5, deux proportions de carbone hydrogéné, 14, et quatre proportions d’hydrogène carboné, 16; nombre 64, 5; ou trois proportions de carbone organisé par trois proportions d’eau, et trois proportions de earbone hydrogéné, 43, 5 et 21, égal à 64, 5.
L’acide benzoïque, lequel, avec l’égal de son poids d acide nitreux faible, se transforme si aisément en amer de Welther et en hydrogène prussuré, les deux composans étant détruits, est composé d’une proportion d’oxide de carbone, de deux proportions de carbone hydrogéné et de deux proportions d’hydrogène carboné, du premier, trois proportions, et des deux autres, six proportions, pour faire son nombre, qui est 106, 5; egalement, de deux proportions d’acide carboneux, de quatre proportions d’hydrogène carboné et de huit proportions de carbone hydrogéné; ou bien, de trois proporlions de carbone organisé et de neuf proportions de carbone hydrogéné.
L’acide citrique consiste en trois proportions et demie, 43,5, d’acide carbonique et trois proportions emie,24, 5, de carbone hydrogéné; ou en trois proportions et demie de carbone organisé, 5o, 7^ , et en
rois proportions et demie, 47, a5, d’oxide de carbone.
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Les coi’ps du règne animal sont composés des mêmes substances et d’un élément de plus, qui est l’azote organisé. Chez les animaux qui ont besoin de cha-leur pour leur procédé de vie, les principales éla-borations consistent en formation d’eau, pour laquelle les végétaux leur fournissent l’hydrogène, et l’air at-mosphérique, l’oxigène; l’on dirait que l’oxigène de* l’eau ne passe des plantes dans l’air que pour de l’air* retourner à l’hydrogène des mêmes plantes, dans les> animaux , et que dans la décomposition et la recompoiSition alternatives de l’eau consiste le procédé de vie des deux règnes organisés.
Ce n’est pas que l’hydrogène que les animaux re- , coivent des plantes suffise à l’entretien de leur vitalité, car ils exécutent eux-mêmes des procédés hy-drogénans très-énergiques; et, dans la respiration , ils ^ en exécutent un qui est fortement oxigénant; et celles» de leurs substances qui contiennent de l’azote^ ontt en même temps assez d’hydrogène pour former de l’ammoniaque; mais le procédé principal n’en consiste pas moins en formation d’eau. Je ne dois pas avertir que je parle des animaux à sang chaud.
La fibrine, qui est la substance animale la plus» simple, contient trois proportions, 43, 5, de carbone organisé (i8 de carbone et z5, 5 d’eau) trois proportions, 56, z5 , de carbone sousazole (36 de carbone et 20, z5 d’azote), et une proportion d’hydrogène pourt chaque proportion de ces deux combustibles, ou quatre proportions et demie de ce principe. Si dans la décomposition de cette substance, l’eau se séparait dU' carbone et que l’hydrogène se joignît à l’azote, alors elle serait résoute en neuf proportions, 8i , de carbone, trois proportions, 25, 5, d’eau et une propor-
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tion et demie, 24, 75, d’ammoniaque, ou, si l’eau restait avec l’acide carbonique sec, en une proportion et demie, 3i, 5, d’acide carbonique ordinaire, six proportions, 42, de carbone hydrogéné, une proportion et demie, g, de carbone libre, et une proportion et demie , 24, 75, d’ammoniaque; ou encoi’e, en trois proportions d’oxide de carbone, six proportions de carbone hydrogéné et une proportion et demie d’ammoniaque; ou enfin, en une proportion et demie d’acide carbonique, une proportion et demie d’azote et sept proportions et demie de carbone h)-^drogéné.
L’acide oxiurique a pour élémens une proportion, de radical prussique ,25,5, (carbone 1 2 et azote 1 3, 5) et une proportion d’oxigène , 7 , 5 , nombre de sa composition immédiate 33; en transportant l’oxigène sur un element different, on peut en faire une proportion d’oxide de carbone ou une proportion d’oxide d’azote et une proportion de carbone, une proportion de ce dernier se surcorabinant. L’acide prussique étant formé des mêmes élémens, mais avec une proportion d’hydrogène à la place d’une proportion d’oxigène, si ces deux acides pouvaient mutuellement s’enlever les principes de l’eau, une proportion de chaque serait résoute en une proportion d’eau et en deux proportions de radical prussique.
Doebereiner a entièrement confirmé par ses expériences les aperçus sur la nature de l’hydrogène prussuré que j’ai présentés dans le Bucholz; et il y a ajoute la composition, en rapports déterminés, du charbon animal, lequel est un premier degré d’azotation du carbone, et pourrait porter le nom de carbone hyposousazoté ; ses principes sont six pro-
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portions de carbone, 36, et une proportion d’azote, i3, 5; nombre, 49, 5; de plus, il a fait voir qu’il existe un proportionnement intermédiaire entre le cliarbon animal et le radical prussique , que l’on peut nommer carbone sousazoté, ce radical étant du carbone azoté, et dont les élémens sont, carbone, trois proportions, 18, et azote, une proportion, i3, 5; ensuite le radical prussique, qui, sur une proportion d’azote, n’a plus que deux proportions de carbone, et qui démontre , par le rapport entre ses élémens , que le carbone sature par deux proportions de sa matière là où l’azote sature par une seule proportion; enfin, le même chimiste a prouvé, d’après l’expérience, que l’amer de Welther est composé de radical prussique , une proportion, 2 5, 5 , de radical avec cinq proportions, 87, 5, d’oxigène et de manière à former, soit de l’oxiacide de ce radical , soit du nitrite d’oxide de carbone, trois proportions d’oxi’ gène passant à l’azote et deux se mettant avec le car* bone, ou, , si l’on veut, du carbonate d’oxide d’azote, quatre proportions d’oxigène se mettant avec le carbone et une proportion restant avec l’azote. Et veut-on avoir un quatrième composé, ce sera du carbonite de gaz nitreux, lequel se formera de trois proportions d’oxigène qui sousacidifieront le carbone , et de deux proportions du même principe qui oxideront au second degré, l’azote; et dans tous ces composés, comme c’est entre les oxigènes des acides secs de 12 de carbone et de i3, 5 d’azote que s’établit le proportionnement (7, 5 d’oxigène dans chaque quantité de combustible) , la saturation, est toujours complète et les composés, de quelle manière que les élémens soient distribués, peuvent se maintenir.
ORGANISÉES
Comme , en analyse définitive, les corps se résolvent toujours dans les composés les plus forts de leurs élémens, réchauffement ou la percussion résolvent l’amer de A^elther en deux proportions d’acide carbonicjueet en une proportion de gaz nitreux, lesquels, en se séparant et se gazifiant, produisent une détonation. Cet amer est un sel très-bien cristallisé. Une proportion de radical , laquelle néanmoins fait trois proportions de combustible, est ici unie avec cinq proportions d’oxigène, ce qui est aussi dans l’acide nitrique et dans les acides muriatique et iodique suroxigénés; mais cela n’est pas la même chose que d’avoir cinq degrés d’oxidation ou d’acidification. Ces divers composés sont des souscombinaisons de la fibrine dont nous venons de parler.
Les combinaisons de l’azote avec le carbone, lesquelles résultent de l’engagement entre les matières organisées des plantes et de l’air, existent comme celles du carbone avec le soufre et avec le phosphore, de celui-ci, avec le carbone; de l’azote , avec le soufre etc., en vertu d’un déplacement d’eau, ce qui fait que ces corps résistent, sans se décomposer , à la plus forte chaleur; que dans leur analyse avec le concours de l’eau ou de ses élémens, on trouve toujours un excès de produit à la quantité de matière mise en œuvre, à cause que ce liquide est restitué, et qu’en voulant les acidifier à sec , c’est un produit particulier qu’on obtient. Cependant, des métaux très-sulfurables, et tels que le cuivre, séparent à sec le carbone d’avec le soufre , en reprenant celui-ci avec son défaut eau; ce qui doit faire croire que, dans les sulfures, es métaux se substituent à cette eau; et cela expliqueiait beaucoup de phénomènes qui ont lieu pen-
SUBSTANCES
dant la composition des sulfures et lors de leur décomposition, et que l’on n’a pas encore pu expliquer. Le soufre phosphore diaphane est bien certainement un pareil composé , et un composé dans des rapports déterminés. Une proportion de phosphore et une de soufre , l’une et l’autre, i5, paraissent le composer; Favre dit 20 et aa; mais il a jugé d’après le poids de la matière restante : l’engagement est toujours annoncé par une explosion.
C’est à l’état de prussure de potasse que se forme la matière colorante du bleu de Prusse; quatre proportions de carbone se séparent et sont remplacées, près de la proportion d’azote et des deux proportions restantes de carbone , par une proportion de potasse. Les prussures ont le même caractère de composition que les sulfures; l’alcali est engagé avec l’acide sec du combustible , et l’hydrogène est surcombiné; ajoute-t-on de l’eau, ils se partagent en hy^ droprussures et en carbonates, et il se forme de l’ammoniaque, trois composés nouveaux que les acides peuvent ensuite séparer d’avec la potasse; deux proportions de carbone doivent , sur deux proportions de radical prussique, être déplacées par quatre proportions d’eau dans quatre proportions de leur hydrogène pour pouvoir hydrogéner en acide, une proportion de radical, et en alcali, une proportion d’azote, d’où proviennent une proportion d’hydrogène prussuré, deux proportions d’acide carbonique et une proportion d’ammoniaque : cela explique comment la lessive de Prusse est une solution de carbonato-prussiate de potasse, mêlé de souscarbonate d’ammoniaque, indépendamment de l’oxidule de fer qui peut s’y trouver à l’état de sel triple prussique.
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L’hydrogène prussuré se souscompose spontanément sur 3 j)roporlions de sa matière en une proportion d’ammoniaque, une d’azote et trois d’hydrogène, et en une proportion de carbone sousazoté, une proportion d’azote et quatre pro})ürtions de carbone.
Les élémens du radical de l’acide uric[ue sont les memes que ceux du radical de l’acide prussique , et dans le meme rapport, savoir, deux proportions de Carbone avec une proportion d’azote; puis, pour former son hydroacide, une proportion d’hydrogène de plus, ou deux proportions de ce principe sur une proportion, 25, 5, de radical : je ne sais si l’acide urique salure les oxides par 27, 5 de sa matière; ce qui serait en >erlu de son carbone seul, ou, si, ayant une proportion d’hydrogène déplus, il n’est pas aussi développé dans 1 acidité de son azote et ne sature pas par une capacité' de plus. Une modification de l’acide urique est 1 acide rosacique , rjue Vauquelin a découvert et dans lequel une proportion d’hydrogène de l’acide urique pourrait bien être remplacée par une proportion d’eau.
L’acide érilrique, reconnu par le fils de l’illustre Brugnatelli et que Prout a nommé acide pourprique, a encore le même radical que les précédens, savoir,
1 3, 5, d’azote et 12 de carbone; puis 17 d’eau; ce qui fait une proportion du premier constituant et deux proportions de chacun des deux derniers; c’est de l’acide hydrourique oxidé en eau dans ses deux proportions d hydrogène, et proprement du radical prussique surhydiaté, ou de l’azote et du carbone organisés par une proportion d’eau pour une proportion de leur matière représentant une proportion d’acide
SUBSTANCES
sec. En transférant, par supposition, l’hydrogène au carbone , alors on a deux proportions de carbone hydrogéné, 14, unies à une proportion d’azote, i3,5, et acidifiées par deux proportions d’oxigène, 1 5. Transfère-t-on, au contraire, l’oxigène au carbone , et faiton développer l’acidité par l’hydrogène seul ou par ce principe et par l’azote en même temps , alors on a une proportion d’acide carbonique, 21, unie à une proportion de radical prussique surazoté, 6 de carbone et i3, 5 d’azote, et développée, cette combinaison, dans son caractère acide, par deux proportions d’hydrogène, 2; ou encore, en appliquant l’oxigène sur le carbone, on peut avoir deux proportions d’oxide de carbone, 27, en union avec une proportion d’azote, i3, 5, et rendu hydracide par deux proportions d’hydrogène, 2. On peut également laisser subsister le radical prussique et le faire, en idée, développer en combustible plus énergique et déjiî développé dans son caractère d’acide hydrourique, par l’effet de l’adjonction de l’hydrogène, et faire acidifier ce combustible par l’oxigène. Pour faire entrer de l’ammoniaque dans la composition de l’acide pourprlque , 011 doit distraire une troisième proportion, 4? 5, de l’azote pour la transférer à une proportion, 6, de carbone, ce qui formerait précisément du radical prussique surcarboné; et la seconde proportion, 6, de carbone, avec les deux proportions d’oxigènè, formeraient une proportion d’acide carbonique, par laquelle l’ammoniaque produite ne pourrait être saturée que dans les deux tiers de sa substance, l’autre tiers devant alors entrer en union avec le radical surcarboné.
Ainsi, le cyanogène deGay Lussac ou radical prussique , fait la base de deux acides par l’hydrogène.
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d’un par l’eau et de deux par l’oxigène, savoir, les hydrogènes prussuré et ururé, dont le premier serait du radical prussique hydrogéné si le second était de l’hydrogène prussuré, a5, 5 de radical et i et 2 d’hydrogène , comme le soufx’e hydrogéné et l’hydrogène sulfuré résultent de 3o de soufre et de i et 2 d’hydrogène; l’acide pourprique, qui est un véritable hydroacide, 25, 5 de radical et 17 d’eau, puis l’acide oxurique, 25, 5 de radical prussique et 7, 5 d’oxigène, et l’amer de Welther ou l’acide prussique suroxigéné, 25, 5 de l'adical et 87, 5 d’oxigène. On ne connaît pas la capacité de saturation de l’acide pourprique et l’on ignore, par conséquent, s’il proportionne par l’acide sec d’un seul de ses combustibles, ou des deux ; dans le dernier cas , pour saturer une proportion d’oxide, il suffirait de 21, 25, de sa matière, et dans le premier cas, il en faudrait le double ou 42, 5. Berzelius décrit une modification prononcée de l’acide prussique, existant dans un sel que, par le moyen de l’alcohol , on peut extraire de la masse pour la matière colorante du bleu de Prusser On vaporise l’alcohol, on dissout le sel dans de l’eau, on ajoute de l’acide sulfurique et l’on distille.
On voit par ce qui précède que la base de l’existence animale est du radical prussique, fait de proportions égales, vraies, d’azote et de carbone, tantôt ainsi constitué et tantôt avec une proportion d’azote ou une et deux proportions de carbone de plus; deux proportions de carbone, 12, ne contenant qu’une proportion d’acide sec, se mettent toujours en rapport avec une proportion d’azote, i3, 5, dans laquelle une proportion d acide sec est également contenue.
Il y a un autre composé d’azote, de carbone, d’hy-
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drogène et d’eau, mais dans lequel des qualités alcalines en place de qualités acides sont développées ; c’est la morphie; on n’en connaît pas encore la composition sous le rapport des proportions entre ses principes. Il est probable que la qualité alcaline y soit développée sur l’azote, et que le carbone contribue ici à ce développement comme l’azote contribue, dans l’hydrogène prussuré , au développement de sa qualité acide ; de sorte cjue ce serait un secours mutuellement prêté, mais pour des effets diamétralement opposés, car rien n’est plus opposé qu’un acide et un alcali, quoique formés des mêmes matières et presque produits par les mêmes moyens. Il se peut toutefois que dans la morphie, l’alcalinité soit développée sur le carbone et l’azote en même temps, à l’aide, à la fois , de l’hydrogène et de l’eau , ou sur le carbone seul , par l’intermède des trois autres constiluans. Rien n’empêche que cela soit, comme rien n’empê(die que dans le radical prussique la qualité acide soit développée sur l’azote , par le carbone conjointement avec l’hydrogène. Il sera curieux d’unir la morphie aux divers acides qui ont l’azote pour un de leurs radicaux , les acides urique, prussique , rosacique , éritrique, pourprique : il est remarquable que ces quatre derniers acides donnent avec beaucoup d’oxides, des sels colorés.
M. Serturner , auteur de la découverte de la raorphie, qu’il nomme oxide de morphium, a réduit cet alcali en métal à l’aide de la pile et avec le secours du mercure.
Si un seul des acides végétaux était composé de manière à ce que d’un mode d’union quelconque entre ses élémens , il résultât de l’acide carbonicj[ue et
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de l’hydrogène , ou seulement de l’eau et du carbone , mais dans des proportions telles qu’en transportant le carbone non acidifié sur l’oxigène de l’eau ? il n’y eût que deux ou une proportion d’acide carbonique et même d’acide carboneux , avec une pro" portion d’hydrogène , nul doute que cette circonstance ne suf6se pour faire considérer un tel acide comme un hydracide , ou ayant l’hydrogène pour principe acidifiant , et tel qu’on suppose que l’oijt les acides muriatique et iodique et les hydrogènes sulfuré , séléné et prussuré. Déjà un chimiste très-habile a pensé que les oxalates déshydratés par le feu, lorsque leurs métaux sont au second degré d’oxidation , cèdent à l’hydrogène de leur acide le second oxigène et restent composés de .métal sousoxidé et d’acide carbonique; un tel composé serait un sursel , car le métal, ayant perdu la moitié de son oxigène, ne saturerait plus que par une demie capacité- Échauffe-t-on un sel ainsi constitué , il laisse échapper , dit-on , la moitié de son acide carbonique et reste encore carbonate neutre. Cette expérience n’a pu être faite avec de l’oxide de zinc , qui n’a qu’un degré d’oxidation ; et dans un tel sel , si l’eau résultait de l’oxlgène de l’oxide avec l’hydrogène de 1 acide , ce serait de l’acide carbonique uni à un métal réduit , et la conséquence en serait que les métaux, pour être salifiés , n’ont plus besoin d’être oxides; mais l’acide carbonique deviendrait alors assimilable aux acides et hydrogènes sus-nommés qui , en perdant leur hydrogène, et en vertu de la même affinité qui les unissait à ce principe réduit, peuvent se combiner avec des métaux réduits.
L acide oxalique, d’après l’analyse de Doebereiner,
substances
et comme nous l’avons déjà dit, est composé d’acide carboneux et d’eau, et peut, après la perte totale ou de la troisième comme des deux premières proportions de ce liquide, être résous en acide carbonique et en oxide de carbone , qui sont ses élémens jirochains. Est-il, dans ses cngagemens de sels, retenu par un fort oxide , il peut , après la perte de son eau , se résoudre , à une chaleur lente , en oxide de carbone et en souscarbonate. L’oxide est-il moins fort et ne tient-il que faiblement à l’acide carbonique , il laisse échapper cet acide et l’oxide de carbone en même temps. L’oxide est-il faible, ou est-ce un second oxide, le sel, après avoir perdu son eau, se résout en l’acide carbonique préexistant et en ce même acide formé de l’oxide de carbone avec l’oxigène de l’oxide du métal ; quand celui-ci est à double oxidation, il peut arriver que la moitié seulement du sel soit décomposée.
Dans la transmutation des substances végétales* les unes dans les autres, lorsque de l’acide carbonique est généré, c’est toujours du partage d’une proportion de carbone organisé, dont l’une moitié prend toute l’eau , et l’autre moitié , tout l’hydrogène, que résulte, supposons une demie proportion, 3, de carbone , qui , par deux demies proportions d’eau , 8 , 5 , se change en une demie proportion d’acide cai’bonique , lo, 5, et une autre demie proportion,
3 , du même combustible , qui , avec deux demies proportions d’hydrogène, i, foi’ment une proportion d’hydrogène carboné, 4, ce qui fait, d’un côté, une proportion d’acide carbonique sec, 4, avec deux proportions d’eau, 17, égal à 21, et, de l’autre côté, une même proportion d’acide sec et quatre proportions
ORGANISÉES
d’hydrogène, 4, et 4, égal à 8, et faisant deux proportions d’hydrogène carboné.
Lorsque le sucre fermente, on peut concevoir que l’acide carbonique qui s’y trouve en une proportion avec deux proportions d’hydrogène carboné , se retire pour les deux tiers, et que l’hydrogène carboné s’accumule sur l’autre tiers. De trois proportions de sucre, deux proportions d’acide carbonique se sépareraient , et une proportion resterait avec six proportions d’hydrogène carboné; mais on peut aussi
concevoir que le sucre est composé de proportions égales de carbone et d’eau, ce qui forme le carbone organisé; alors le partage de l’eau et de l’hydrogène se faisant comme ci-dessus, de trois proportions de sucre, trois proportions d’acide carbonique sec prendraient six proportions d’eau et transmettraient en échange à trois proportions de carbone désorganisé SIX proportions d’hydrogène, calculées pour faire , de 1 autre côté , avec les trois proportions de carbone , SIX proportions d’hydrogène carboné, avec lesquelles , resterait une proportion d’acide carbonique, les deux autres proportions du même acide s’échappant : sucre ou carbone organisé, six proportions, 87; d’un côté, trois proportions d’acide carbonique sec, 12, (dans le fait seulement une proportion et demie) avec SIX proportions d’eau, 5i, formant six proportions d’acide carbonique, 63, dont deux proportions se retirent; et, de l’autre côté, trois proportions de carbone désorganisé, 18, qui, avec les six proportions d’hydrogène, 6, auxquelles se sont substituées autant de pioportions deau, forment six proportions , 24, dhydiogène carboné; ces six proportions, avec une proportion d’acide carbonique, forment l’alcohol,
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dont le nombre est ainsi, 4^. Le sucre ou le carbone organisé consiste aussi en proportions égales de carbone, d’oxigène et d’hydrogène, 6, 7, 5 et i.
Les acides, en désorganisant l’alcohol, en font deux composés, dont l’un est un oxide plus fort, ayant deux cinquièmes d’hydrogène carboné de plus , et 1 autre, un acide; les produits plus avancés naissent du sel acidinule d’éther que le feu ne peut décomposer sans en désunir les principes éloignés; et lorsque du carbone hydrogéné est produit, c’est alors un échange d’élémens qui se fait entre des portions égales d’alcohol , dans son carbone organisé, dont l’une prend toute l’eau et retient l’hydrogène carboné, et dont l’autre prend et retient tout l’hydrogène libre.
Je sais, et je l’ai déjà dit, que l’on peut considérer l’alcohol absolu comme étant composé de carbone hydrogéné et d’eau: de quatre proportions du premier et de deux proportions de la seconde ; il ne faut pour cela qu’enlever deux proportions d’hydrogène simple à deux proportions d’hydrogène carboné, et les transporter sur les deux proportions d’oxigène, contenues dans une proportion d’acide carbonique; ce qui forme deux proportions d’eau et met en liberté deux proportions de carbone, deux fois 3 et une fois 6, ensemble, 12; reste quatre proportions d’hydrogène carboné, consistant en 4 d’hydrogène et 12 de carbone, lesquels, étant répartis entr’eux, donnent pour chaque, 6 de carbone et i d’hydrogène, et forment, par conséquent , quatre proportions , chacune , 7 , de carbone hydrogéné, ensemble 28, avec deux proportions d’eau, 17 , égal à 45, qui est le nombre de l’alcohol : avec une proportion d’eau de moins, il ne naîtrait pas de l’éther, s’il est vrai que celui-ci, sur une pro-
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portion d’acide carbonique, n’a que dix proportions d’bydrogène carboné au lieu de douze qu’il devrait « avoir pour former son proportionnement de carbone hydrogéné; car en le mettant avec la moitié de l’eau que possède l’alcohol, il resterait composé d’une proportion d’eau, 8, 5, de deux proportions de carbone hydrogéné, i4 , et de deux proportions d’hydrogène carboné, 8, lesquels élémens ne sauraient être différemment disjoints ou répartis, sans que l’hydrogène devînt libre, ce qui serait une quantité énorme, puisque I de ce principe est l’équivalent de 6 de carbone et de 7 , 5 d’oxigène. Il n’est pas apparent qu’un gaz aussi peu coèrcible que le carbone hydrogéné, formerait avec l’eau, des combinaisons aussi permanentes que le sont 1 alcohol et l’éther ; mais comme les élémens des matières végétales existent dans les rapports déterminés qui ne peuvent faillir de résulter du partage des principes de l’eau entre des proportions différentes de carbone, il ne doit pas être difficile de transférer fictivement de tels élémens les uns sur les autres, de les associer sous différentes formes et dans différens rapports, et d’en former ainsi, toujours fictivement, différentes sortes de corps.