‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 18 sur 66 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des Médicaments du 5e ordre. — Opérations et Produits.

.... Pour maintenir la thérapeutique sur une base solide , il faut s’interdire toute innovation dans la préparation ou la forme des produits de la pharmacie stationnaire , et être discret même dans les applications nouvelles dont les progrès de la science peuvent éveiller l’idée.

(Polyd. Boullay. Dissert p. 28.)

Nous nous sommes occupé jusqu’ici de faire subir aux substances médicinales simples des préparations préliminaires qui avaient pour objet, tantôt de les réduire en particules plus fines, afin de développer davantage leurs propriétés actives, tantôt d’extraire et de recueillir isolément leurs principes les plus énergiques; mais presque toujours dans le but ultérieur de soumettre les uns et les autres à un Mélange, ou bien à une Combinaison chimique. C’est ce second temps, cet objet final de la préparation des médicaments qui va devenir l’objet de notre étude dans les chapitres suivants.

Dans les détails où nous sommes entré jusqu’ici, nous

avons plutôt envisagé les opérations en elles-mêmes que les produits auxquels elles pouvaient donner lieu. Il était naturel, en effet, d’établir d’abord les principes relatifs aux manipulations, avant de décrire les préparations qui devaient en être le résultat. Nous allons procéder maintenant en sens inverse. Nous nous occuperons plus spécialement des produits que des opérations; nous nous appliquerons à les classer, à les définir, à déterminer leurs caractères, et nous noterons les circonstances qui peuvent le mieux concourir à leur bonne préparation. D’ailleurs, îa Mixtion et la Combinaison n’ayant pas, à proprement parler, d’opérations qui leur soient propres, ou qui ne rentrent dans celles que nous avons précédemment décrites , il nous paraît inutile de nous arrêter de nouveau sur ce sujet. Ce que nous avons dit dans les chapitres précédents suffira sans doute à l’intelligence des élèves, lorsqu’ après avoir défini les produits de ces deux ordres, nous aurons à présenter quelques données générales relativement aux moyens de les obtenir.

On ne peut guère établir le caractère de ce qu’on appelle une Mixtion ou un Mélange , que par opposition avec ce que l’on nomme une Combinaison chimique . Nous avons déjà émis quelques idées à ce sujet, en parlant des nomenclatures; mais voici, en peu de mots, en quoi consiste la différence entre ces deux ordres de médicaments composés. « Le Mélange est le résultat de l’association de plusieurs corps de diverses natures, d’où résulte un composé homogène dans lequel on peut reconnaître , du

moins temporairement, les propriétés des corps qui ont servi h. le former. » Un mélange n’est donc point durable indéfiniment. En effet, au bout d’un temps plus ou moins long, les principes qui le constituent réagissent les uns sur les autres, les propriétés des corps composants disparaissent peu à peu et font place à des propriétés nouvelles; dès lors, le mélange a cessé d’exister, et le mixte a passé à l’état de Combinaison.

La classe extrêmement nombreuse des médicaments préparés par mixtion ou mélange, a été partagée en deux séries.

La première comprend les mixtes sans excipients, , ou dans lesquels l’excipient joue un rôle très-accessoire.

La seconde renferme ceux qui ont un excipient déterminé.

« On nomme Excipient le corps au moyen duquel la substance active, qui forme la base d’un médicament est dissoute, suspendue ou enveloppée ; celui qui, par conséquent, lui donne sa forme, sa consistance, parfois son volume, et qui , par ses qualités physiques, en favorise l’application à l’organisme. »

Ainsi, un simple mélange de quinquina et de rhubarbe en poudre donne lieu à un mixte sans excipient; mais dans Y eau-de-vie de gayac , cette dernière substance forme la base , et l’eau-de-vie est Y excipient du composé.

La première série est la moins étendue. Elle comprend les Espèces , les Poudres composées , les Masses pilulaivcs 3t les Trocldsfjues .

«On donne îe nom d’EsrÉCES à un mélange de plusieurs plantes ou parties de plantes, assez divisées pour être mêlées avec facilité, mais non pas jusqu’au point de former une poudre, » attendu qu’elles sont toujours destinées à être traitées par un véhicule, et non à être administrées en substance. Le nom spécifique de ce genre de médicaments a été souvent tiré de ses propriétés actives; mais il vaut mieux ne faire allusion qu’à ses propriétés physiques. Ainsi, on ne devrait point dire : espèces pectorales, apéritives , sudorifiques , vulnéraires ; il serait préférable de les désigner par les noms d’espèces amères, mucilagineuses, aromatiques, etc.

« Les Poudres Composées sont le résultat du mélange de plusieurs poudres simples, préalablement réduites à un égal degré de finesse, et triturées ensemble jusqu’au point d’obtenir un produit très-homogène. » Lorsque dans lin mélange de cette nature aucune substance ne domine, on peut le désigner par ses propriétés physiques ou chimiques; ex. : poudre aromatique, absorbante, gommeuse, alcaline; dans le cas contraire, on rappelle la substance la plus énergique, ou qui forme la base du mélange; ex. : poudre d’arum composée, poudre de guyet de valériane composée.

«Les Trociiisques sont des médicaments secs, divisés par petites masses de différentes formes, et composés d’un mélange de diverses poudres, liées à l’aide d’un léger mucilage, ou seulement d’un peu d’eau. » Ce genre de médicaments est aujourd’hui fort peu usité.

« Les Pilules et les Bols ont une composition assez analogue k celle des trochisques ; mais ces médicaments sont toujours de forme ronde ou ovoïde, et destinés h être administrés k l’intérieur. Ils sont le plus souvent prépa rés extemporanément et doivent être d’une certaine mollesse, k laquelle on a donné le nom de consistance pilulaire , afin qu'ils se dissolvent plus facilement dans l’estomac.»

Les bols et les pilules ne diffèrent que par leur volume ; celles-ci ne doivent guère peser plus de six grains, ni dépasser la grosseur d’un pois ordinaire; les bols sont d’une consistance un peu plus molle, et peuvent atteindre jusqu’au volume d’une olive.

Les poudres qui entrent dans la composition des bols et des pilules sont très-variées. On les lie entre elles et on leur donne la consistance convenable au moyen de divers excipients ; mais comme ceux-ci varient beaucoup, et qu’ils ne jouent ici qu’un rôle très -secondaire, on n’en lient presque aucun compte dans la composition des produits. Cette variété est également cause que ce genre de médicaments n’a pu être assujetti k aucune nomenclature ré * gulière. Ainsi , leur nom générique est tiré de leur forme, tandis que le nom spécifique est tantôt celui de l’auteur de la formule, tantôt il rappelle la propriété physique ou chimique dominante du médicament, tantôt la base la plus énergique qui entre dans sa composition; exemple ; pilules de Fuller, pilules balsamiques, pilules de cynoglosse composées.

La deuxième série des médicaments de cet ordre est

beaucoup plus nombreuse; elle renferme tous les médicaments dans lesquels Veau, le vin, la bière , le vinaigre , V alcool, Yêther , le sacre , le miel , Y huile, ou la graisse, jouent le rôle d’excipient. C’est à cette série immense que M. Chéreau a appliqué avec le plus de succès son ingénieuse nomenclature. Il prend pour type du genre l’excipient, et il tire de la base le nom de l’espèce ; puis, il indique le mode principal d’opération, à l’aide d’un simple changement dans la terminaison du nom générique. C’est ainsi qu’il appelle Alcoolèes , les teintures à l’alcool, obtenues par action directe; et Alcoolats, les solutions alcooliques obtenues par distillation.1 Nous allons jeter un coup d’œil sur chacun des genres et des sous-genres de cette classe, en réunissant par paragraphe tous ceux qui se rapportent à un même excipient.

§ î. On partage en deux sections les médicaments dont l’excipient est I’Eau. La première section contient ceux dans lesquels le véhicule agit directement: ce sont les hydrolés ; la seconde comprend ceux dans lesquels on opère par distillation ; on les nomme hydrolais.

Les Hydrolés sont souvent le produit d’une simple solution aqueuse ; c’est ce qui arrive surtout quand on fait

1 La désinence at, destinée à indiquer le mode d’opération par lequel on obtient des produits distillés, serait peut-être remplacée avec avantage par la terminaison stll , qui aurait au moins le mérite de rappeler l’opération elle même. Ainsi, au lieu d ’hydrolatet d’alcoolat, on dirait hydrostil ou a(ju.astil , et alçostil. La trop grande ressemblance des terminaisons peut, dans la pratique , être la cause de beaucoup d’erreurs.

DK PHARMACEUTIQUE,

agir beau sur les substances minérales solubles, telles queles sels, les acides, les alcalis, les gaz (eau, liqueur, solution , eau minérale). Lorsqu'on la met en contact avec les substances végétales, on désigne parfois le produit par l’opération même qui a servi à l’obtenir (infusion, décoction, etc.) ; d’autres fois on tire sa dénomination de la forme du médicament ou de l’usage qu’on en doit faire (lotion, cataplasme, collyre). Enfin, quand il est le résultat de l’action de l’eau sur les substances animales, on désigne le produit par le nom générique de Bouillon .

On donnait naguère, et l’on donne encore aujourd’hui, les noms d’ Eau , de Liqueur, de Lotion et de Collyre , à un assez grand nombre d’hydrolés minéraux, préparés par la simple dissolution dans l’eau de quelques substances salines. La plupart portaient, comme nom spécifique, celui de leur inventeur. Ces dénominations vicieuses seront quelque jour rejetées de la nomenclature pharmaceutique; mais en attendant qu’une réforme générale leur en donne de plus rationnelles , il convient de les remplacer par le terme générique de Solution , auquel on doit ajouter celui de la base principale, et, si l’on veut, le nom connu de Fauteur de la formule, pour éloigner toute cause d’erreur. Ainsi, l’on pourrait dire solution mercurielle de Vauswietten, solution arsenicale de Fowler, solution sulfurée savonneuse, au lieu de liqueur de Vanswietten, de Fowler, et lotion de Barlow, réservant le nom à' Eau pour la soin tion aqueuse d’une base simple, comme eau de chaux, de potasse, de barite, etc.

Un genre important de médicaments de cette série est celui qui porte le nom d ' Eaux Minérales. Ce sont des hydroîés chargés de substances acides, alcalines , salines, gazeuses, et quelquefois de matières organiques, par lesquelles Fart imite les eaux minérales naturelles. On les divise en quatre catégories, suivant les principes qui prédominent dans leur composition : ce sont les eaux Acidulés- Gazeuses, Ferrugineuses , Salines et Sulfureuses. Chacune de ces catégories est elle -même sous- divisée, suivant le nombre et les proportions des principes qui y sont contenus.

Les bydrolés qui résultent de Faction de Feau froide ou élevée à divers degrés de température, sur les substances végétales , sont les produits de cette classe les plus nombreux et les plus variés. Ils se préparent tous extemporanément, parce qu’ils ne tardent pas à se décomposer. Comme ils diffèrent peu par le mode de préparation, et qu’il importe beaucoup d’établir entre eux une distinction, on a cherché cette différence dans leur forme et dans l’emploi auquel ils sont destinés. Ainsi, «les Tisanes et les Apozèmes , que Fon obtient en général par infusion ou par décoction, sont toujours assez étendus pour être pris par verrées ou par tasses ; » mais les tisanes doivent servir de boisson habituelle aux malades, tandis que les apozèmes, qui sont plus actifs, ne doivent être pris qu’à des heures déterminées.

Les Lotions et les Fomentations sont destinées à laver ou à fomenter quelque partie du corps; les Injections et les

Lavements , à être injectés dans les cavités internes ; les Bains et les Douches, h baigner ou bien à être projetés sur quelque surface; les Collyres à être appliqués sur les yeux ; les Gargarismes h. être promenés et conservés quelque temps dans la bouche; et toutefois, ces médicaments sont préparés à peu près delà même manière, ou sont les produits d’opérations analogues. Il n’en est pas de même des sous-genres suivants :

« Un Mucilage est le résultat de la solution ou de la division extrême d une substance gommeuse dans l’eau. » Cette solution peut être plus ou moins épaisse, visqueuse, suivant l’emploi que l’on veut en faire.

«L 'Émulsion est un médicament d’apparence laiteuse, formé par la division d’une petite quantité d’huile dans l’eau, par l’intermède d’un mucilage ou d’une matière albumineuse. » On la prépare ordinairement en épistant des semences émulsives avec une petite quantité d’eau que l’on étend ensuite d’une plus grande.

C’est en ajoutant à une émulsion, du sucre et un mucilage, que l’on prépare un Looch, « sorte de potion d’une consistance un peu épaisse, d’une saveur douce et légèrement aromatique, que l’on administre par cuillerées. »

« Les Gelées sont encore plus consistantes, car elles sont fermes et ne coulent point. Elles résultent de la solution d’une substance gélatineuse , végétale ou animale, dans l’eau. » Celte solution, concentrée par l’évaporation, se prend par le refroidissement xm une masse épaisse, tremblante, qu’il est souvent nécessaire de clarifier pour

l’obtenir très-pure. Les gelées se décomposent au bout de peu de jours, surtout quand la température est élevée.

« Les Cataplasmes sont des médicaments d’une consistance molle et pâteuse, formés ordinairement de fécule , de pulpe végétale, de diverses poudres et substances mucilagineuses , délayées ou cuites dans l’eau; » iis sont destinés à être appliqués à l’extérieur. Les cataplasmes composés avec la farine de moutarde se nomment Sinapismes. »

« On donne le nom de Mixture , de Potion , de J ulep, à des mélanges liquides très -variés dans leur composition, et dont l’eau forme la plus grande masse. Ces médicaments destinés à être pris à l’intérieur doivent, en général, être transparents et agréables au goût. La Mixture se prend par gouttes , ou du moins à très-petites doses , la Potion s’administre par cuillerées, et le J ulep doit être pris en une ou deux fois. »

«Enfin, les Bouillons résultent de faction prolongée de l’eau bouillante sur les substances animales, principalement sur la chair musculaire et les os. » Le véhicule aqueux se charge ainsi de tous leurs principes solubles dans l’eau, tels que la gélatine, fosmazôme et différents sels. L’albumine, qui se dissout d’abord dans l’eau froide, se coagule bientôt par là chaleur, et contribue à clarifier le produit, que l’on concentre pour le rendre plus actif. Les bouillons médicamenteux ne diffèrent des bouillons alimentaires, qu’en ce qu’ils sont préparés avec la chair de certains animaux auxquels on attribue des propriétés médicinales.

«Les Hïdrolats diffèrent des hydrolés en ce qu’ils sont préparés par distillation ; par conséquent, ils ne contiennent que les principes volatils des substances sur lesquelles on opère. » Ces principes s’élèvent avec les vapeurs aqueuses, au moment où l’eau entre en ébullition dans l’appareil dis dilatoire, et ils se condensent avec elles en traversant le serpentin pour se rendre dans le récipient.

L'huile volatile est la principale substance qui s’élève en même temps que la vapeur d’eau dans cette opération; mais une partie seulement se dissout dans le liquide, et l’autre vient nager a sa surface ou se précipite au fond» C’est ainsi qu’on recueille les huiles essentielles.

§2. « Les médicaments dont le Vin est l’excipient, portent, dans la nomenclature de M. Chéreau, le nom générique d’OENOLÉs ; dans la pratique , on les nomme encore Fins médicinaux ; ils se préparent en faisant macérer certaines substances dans des vins de qualités diverses, et en filtrant le liquide après un temps déterminé. » On opère toujours à froid et dans des vases clos, parce que, d’une part, le vin soumis à la chaleur se décomposerait, et que, de l’autre, il est essentiel que les principes volatils restent dans le produit.

Comme le vin est un véhicule d’une nature très-variable et très-complexe, le résultat de son action sur d’autres substances doit aussi beaucoup varier. L’eau et l’alcool qu’il contient dans diverses proportions, le rendent plus ou moins propre à dissoudre les matières avec lesquelles on le met en contact. Quant aux autres principes

dont ii est composé lui-même, nul doute qu'ils ne réagissent à leur manière et ne compliquent l’opération. Enfin, les vins médicinaux sont sujets à s’altérer avec le temps; il est donc nécessaire d’apporter beaucoup de soin ar.x préparations de ce genre, et surtout le plus grand scrupule à employer pour chacune d’elles les vins prescrits , dont les qualités connues ont été calculées de manière à concourir à l’efficacité du médicament.

§ 5. « Les Oxéolés et les Oxéolats sont des préparations qui ont pour excipient le VinaiCxRe. Les premiers se préparent par macération et de la meme manière que les vins médicinaux ; les seconds s’obtiennent en distillant du vinaigre que Ton a fait macérer sur des substances chargées de principes volatils. » L’eau et l’acide acétique, dont le vinaigre est surtout composé, dissolvent et quelquefois modifient les principes contenus dans les substances sur lesquelles on les fait agir. Les oxéolés sont moins susceptibles de s’altérer que les conoîés; quelquefois ils sont simples, comme le vinaigre de scille, de roses, de framboises; d’autres fois composés, comme l’oxéolé aromatique connu sous le nom de Vinaigre des quatre voleurs.

Gomme en distillant le vinaigre on n’on sépare que le tartre, la matière colorante, et quelques autres principes non volatils, sans changer notablement les proportions relatives d’eau et d’acide acétique qu’il contient, il est évident que l’on peut préparer, par ce procédé, des Oxéolats chargés de l’huile essentielle des substances que l’on soumet en même temps à la distillation.

§ 4* a La Bière, dont la masse liquide est formée d’eau et d’alcool, agit sur les substances que l’on met en contact avec elles de la même manière que le vin; seulement, les produits ainsi obtenus sont sujets à s’altérer en peu de temps , en sorte qu'ils doivent être rangés parmi les médicaments extemporanés. C’est ainsi que l’on prépare la bière de quinquina et la sapinette ou bière antiscorbutique. M. Chéreau a donné à ce genre le nom de Brutolés. »

§ 5. «L’Alcool est un liquide volatil, inflammable, incolore, d’une odeur pénétrante et aromatique, obtenu de la distillation d’un liquide fermenté et principalement du vin. Il est d’un emploi fréquent en médecine, et il sert d’excipient à un très-grand nombre de médicaments composés que l’on partage en deux sections. Les uns sont le résultat de l’action directe de l’alcool sur des substances chargées de principes qui y sont solubles. On les obtient par macération et filtration, ou, mieux encore, par déplacement : ce sont les Alcoolés. Les autres se préparent en distillant l’alcool sur des corps assez riches en principes volatils, pour que ceux-ci puissent s’élever avec les vapeurs alcooliques, et rester dissous dans le liquide condensé par le refroidissement. On nomme ces derniers des Alcoo-

LVTS. »

Les alcoolés portent encore, dans le langage usuel, le nom de Teintures cdcooticjues. L’alcool est un dissolvant énergique qui peut se charger d’un grand nombre de principes divers, tels que les résines, les huiles volatiles.

PRINCIPES ÈLÈMEN T AIRES

des matières colorantes, des acides, des sels, etc. Lorsqu’il est étendu d’eau, il peut en outre dissoudre des gommes, des matières mucilagineuses ou extractives. Aussi, le degré de concentration de l’alcool varie-t-il suivant la nature des substances sur lesquelles on doit agir par son intermède. Sa volatilité oblige presque toujours d’opérer à froid; cependant, on augmente quelquefois son action en élevant la température de 2 5 à 5o degrés. Dans tous les cas on emploie des vases clos.

Il y a des alcoolés simples et composés. Parmi ces derniers, on remarque quelques sous genres, tels que les Ratafias ou liqueurs de table, qui contiennent toujours des sucs et des aromates; les Elixirs , qui sont plus médicamenteux, plus actifs, et ne s’administrent guère que par gouttes ou par cuillerées; enfin, les Alcoolés acides, ammoniacaux, et ceux qui contiennent des sels mètalliaues .

Les Alcoolats portaient autrefois différents noms : on les appelait Esprits, Eaux spiritueuses , Gouttes, Baumes, Elixirs, Quintessences. Ces médicaments contiennent surtout l’huile volatile des substances avec lesquelles l’alcool a été distillé. Comme ces huiles sont plus solubles dans l’alcool que dans l’eau, les alcoolats blanchissent et deviennent laiteux quand on les mêle avec une liqueur aqueuse. L’alcool pouvant se volatiliser à un degré de chaleur inférieur h celui de l’eau bouillante, on distille toujours les alcoolats au bain-marie.

Il y a des alcoolats simples et composés. Parmi ces derniers, il en est qui, indépendamment des huiles volatiles.

contiennent encore un sel ammoniacal; ex. : l’alcoolat ammoniacal aromatique, connu sous le nom d’ Esprit volatil huileux de Sylvius.

§ 6. « Les Éthers sont le résultat du mélange d’un acide concentré avec l’acool, soumis à la distillation. L’éther sulfurique qui leur sert de type est liquide, d’une volatilité et d une inflammabilité extrêmes; il est incolore, très-odorant , doué de propriétés médicinales très-énergiques, et sert d’excipient à plusieurs médicaments du troisième ordre. Les Éthérolés sont le résultat de l’action de l’éther sur les substances qui peuvent céder quelques principes à ce dissolvant. » Les résines, les huiles fixes et volatiles, les baumes, la cire, la chlorophylle et d’autres corps peuvent être enlevés par l’éther aux substances qui les renferment. La macération , le déplacement , la filtration ou la décantation, suffisent ordinairement pour obtenir les éthérolés, auxquels on donne encore le nom de Teintures èthèrèes,, Pour certaines huiles volatiles trèsfugaces et difficiles à recueillir, on se borne à agiter les hydrolats qui en sont chargés, avec de l’éther qui les leur enlève et qu’on en sépare par une simple décantation. Quelques éthérolés composés peuvent contenir des sels métalliques : la teinture de BestuchefF et celle de Klaproth en sont des exemples.

§ 7. «On a donné le nom générique deSACCHAROLÉs aux médicaments composés dont le sucre ou le miel sont l’excipient. » Ces médicaments sont en très-grand nombre, aussi s’est-on vu obligé d’établir d’abord parmi eux trois

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